‹ Destinée socialeChapitre 24 sur 75 · ORGANISATIOU. UT. III. CH. III · texte numérisé non relu

ORGANISATIOU. UT. III. CH. III

répugnant le travail pour ce pauvre homme isolé au milieu de la vigne de son maître, face à face avec la terre qu'il bêche du matin, lui aussi, jusqu'au soir.

Oui; mais viennent les temps de la fauche, de la moisson, des vendanges, et voici que les joiHrnées sont . des fêtes.

Yoyea^ dans la plaine, cette ligne de jeunes hoiiime<> aux bras nerveux, qui mardient de front, abattant circulairement sous leurs faux des andains d'herbes vertes et tondant la prairie. Derrière eux, les faneuâ^ armées de fourches et de râteaux blancs, tournant et retournant les foins, soulèvent les andains, forment les veillottes. Tout cela est vivant, gai, animé. On rit^ on chante, et plus on est nombreux, plus l'ouvrage marche vite et gaiement* Quand viennent les voitures pour charger, tous les travailleurs» se concentrent autour d'elles ù l'envi, pères et fils, garçons et jeunes filles, et c'est merveille combien sont promptement exécutés ces joyeux chargements. — Qui a connu les mœurs des campagnes, a observé ceci comme je le décris, moi qui ai pris plus d'une fois la faux des faucheurs, la fourdie et le râteau des faneuses. — Et les vendanges!

Au temps des* vendanges, en Comtés les populations des montagnes descendent par troupes nombreuses d'hommes, de femmes et d'enfants. L'émigration se développe sur toute la ligne du Jura et se mêle dans chaque canton , pour la cueillette, avec les indigènes. — Les Groupes se distribuent dans les vignes. On se met en alignement à deux pas les uns des autres. Il y en a un qui mène la bande. Chacun a son panier, réeoHe, cueille en avançant et verse dans la bouille — la hotlc du porteur. — Quand les coteaux sont ainsi envahis par des légions de vendangeurs et de vendangeuses et qu'il fait un beau soleil de septembre, tout est vivant alors et mouvant sur les coteaux, et là encore on entend rire et rudement chanter. — Les gens de la villo y viennent par plaisir, dames et messieurs, et souvent

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se mettent à ToeaTre, Les enfants sont fous, et s'ils ont une serpette et un petit panier, ils travaillent bravement des heures entières. Et, je vous le dis, ce sont des temps de fêtes.

Car leé vendanges^ comme la moisson et ta fauché^ sont des temps de travail bn novbbbcsbs bt jotbusbs

BfifJIdOKS.

Dira-t-on que c'est la nature du travail, la satisfaction de récolter, de recueillir Et ceux qui récoltent, recueillent, fanent, vendangent et moissonnent pour autrui? — J'ai vu des paysans commandés de corvée par la commune pour réparer des chemins arriver trèsmécontents et jurant fort, -^ car on sait que ces sortes de travaux, qui n'intéressent que toute la commune , paraissent trè»-ingrats au peuple souverain de nos villages? — ^Hé bien I j'ai vu le mécontentement disparaître, la mauvaise humeur se fondre, et la grosse gaieté campagnarde naître comme par enchantement au contact du Groupe.

Et puis vmci un raisonnement pour en finir t Brisez les Groupes, séparez-moi faucheurs et faneuses, vendangeurs et vendangeuses ; semez tout ce personnellà à de grandes distances, isolez chacun, faites que chacun tout seul ait tout à faire, et vous verrez bien alors si Ton rit encore, si Fofi chante encore, si la journée va sembler légère, si le travail ne devient pas subitement morne, terne, et par ainsi RÉPUGNANT.

Vtnank muiuit un joar éo l'unifurmiié.

Ro<tsio.

ta travail est la Destinée de Thomme, et Dieu ne peut pas avoir lié une malédiction à la Destinée de l'homme qu'il a créé. C'est donc qu'il y a deux lois de travail : le travail morne, terne, égoïste, is(rté, forcé ; et le travail

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joyeux et libre, concentrant au même foyer de nombreux efforts sympathiques, plein de vie et de passion.

Or, à laquelle de ces deux lois de travail Dieu pousset-il rhomme par toutes les puissances de son organisme, par tous les Attraits de sa nature, à la première ou à la seconde?...

Si votre société fausse vous enlace si bien dans ses entraves qu'elle vous empêche d'obéir à ces puissances de votre être, qui vous attirent vers la loi de plaisir et de charme, cessez donc de dire que Dieu, en destinant rhomme au travail, lui a fait une Destinée de larmes et de misères; puisque vous n'obéissez pas aux volontés de Dieu, révélés par les Attraits qu'il a mis en vous. Les Attractions vous indiquent incessamment les volontés de Dieu, elles vous apprennent clairement sa Loi. Pourquoi regiinbcz-vous contre l'aiguillon?

L'homme a été tellement prédisposé au travail^ qu'on le voit languir, traîner sa vie, rongé, dévoré d'ennui, quand il est inoccupé. Ob ! un homme entièrement et parfaitement désœuvré !.. Qu'y a~t-il au monde de plus triste, de plus fatigant, de plus lourd et insupportable àsoi et aux autres, qu'un homme bien portant et désœuvré?

L'homme aspire au travail. -* Les enfants, les femmes, les riches, les rois eux-mêmes se créent à plaisir des études, des travaux, des occupations^ Louis XYI était un habile serrurier ; Louis XY cuisinait à Trianon des journées entières, et ce n'est pas ce qu'il y a fait déplus mal. Chaque jour vous voyez des hommes fort indépendants par leur fortune, prendre plaisir à tourner, menuiser, soigner un jardin, tailler, greffer, sarcler; des femmes passionnées pour des fleurs, les cultiver assidûment elles-mêmes. — Mille faits accidentels prouvent, je le répète, que s'occuper est un besoin pour l'homme, et que travail peut devenir plaisir, — travail des mains aussi bien que travail d'imagination ou d'esprit.

— <c Oui, oui, des faits accidentels, mais purement accidentels; car...» ^

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