‹ Destinée socialeChapitre 29 sur 75 · E6A1TI8ATIOII. UT, III. CE. Y · texte numérisé non relu

E6A1TI8ATIOII. UT, III. CE. Y

que, de même les Rivalités s'établissant dans une Série à des titres divers : on voit souvent se former momentanément des Accords différents de l'Accord parfait ; et les modulations du jeu variable des Rivalités combinent les dissonances industrielles comme se combinent en mu* sique les sons et les Accords dissonants.

Ceci suffit pour démontrer que les Accords et les Discords d'une Série bien régulièrement graduée, scmt en parfaite analogie a^Pec les Accords et les Discords de Ytr chelle musicale.

Les sectaires d'un même Groupe sont en Accord d'tdentité simple avec eux-mêmes, comme le son ut est en Accord d'identité avec lui-même ;

Us sont en Accord d'identité composée avec ceux du Gro«pe k distance d'octave, comme les sons ut et UT (octave supérieure) ;

Ils forment Accord de contraste avec les Groupes de tierce et de quinte, comme les sons ut, mi, soi. ;

Us sonti en dissonance plus ou moins forte avec les Groupes contigus et sous-contigus, comme le son m avec les sons re, re*, /a.

N'oublions pas toutefois que tous ces Groupes, appartenant à la même Série, se rallient autour du même drapeau, comme des compagnies, ^lui, pour rivaliser entre elles, n'en soutiennent pas moins àprement l'honneur du régiment. Ces Groupes rivaux sont loin d'être ennemis ; et, bien que les Accords de soutenance réciproque soient plus régulièrement établis sur les Groupes à distance de tierce, de quinte et d'octave ut, mi, sol, ut, re, /a» /a, re, etc., les autres n'en sont pas moins susceptible de se rendre des services mutuels, de s'entr'aider, de se porter secours quand l'intérêt de l'aile ou de la Série l'exige : c'est<-à--dire que, dans les différentes Modulations exécutées par la Série, tous les Accords possibles peuvent et doivent être amenés. Puis, suivant les temps, les choses et les hasards des combats industriels, les supériorités se ^déplacent, les succès se partagent, et,

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suivant que la victoire se déclare pour ime aUiaaoe féd6rative, suivant qu'un parti remporte, qu'un Accord do^ mine, la Modulation ce jour-là s'exécute dans le ton de cette alliance, dans le mode auquel appartient cet Acv cord, — Ainsi, non-seulement Y Echelle siériaire pas^ sionnelle présente les Accords et les Discords de r^*" çhelle sériaire musicale; mais encore, --^ et c'est d'aitleurs d'une nécessité logique, — les lois harmoniques qui régissent la composition des sons musicaux sont identiques avec celles qui régissent les harmonies dîi clavier passionnel.

U est sensible que la Série sera d'autant plus richi) en Accords et en Discords qu'elle sera plus forte en ïnm^ hre,imieux et plus régulièrement graduée ; de môme que la harpe à quarante^eux cordes des modernes est hiea autrement riche en harmonie que le tétracorde, ou lyrv à quatre cordes, des anciens*

En tout ceci il n'y a rien d'arbitraire, rien de fictif^ rien d'imaginaire. Organisez des Séries, et vous verrez éclater bientét, naturellement, d'elles-mêmes, oes coa^ sonnances et ces dissonances : les Accords et les Discords naîtront spontanément sous vos yeux ; les ligues fédératives de soutenance réciproque et de Rivalités combinées se développeront; elles voua emporteront vous-mêmes dans leurs mouvements ; vous fonctionnerez dans les Modulations variées où elles auront puissance de vous entraîner en suscitant vos facultés sympathiques, en faisant vibrer chez vous toutes les cordes à l'unisson.

Une Série, c'est donc un instrument d'harmonie social, un clavier qui a son timbre, ses sons et ses Accords ;

Et la Phalange formée par la combinaison de toutes les Séries, modulant sous la direction de la RfiOBivcB, pouvoir de direction, librement choisi et passionnément accepté par elles, -^ la Phalange eu action mesurée et cadencée, c'est un grand et magnifique orchestre à dixhuit cents exécutants, c'est un immense concert où vous

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entendez par centaines les voix graves, sonores et vibrantes des hommes, mariées aux voix suaves ou métalliques des femmes, aux voix argentines et suraiguës des jeunes filles et des enfants

Et si chaque Phalange est un immense et magnifique orchestre, que sera la province , que sera la nation ?... que sera le Globe, quand il étalera sur ses grands continents, ses villes, ses capitales et ses trois millions de Phalanges, dont chacune aura sa voix dans le concert d'amour et de joie que la terre alors élèvera vers les cieux I...

Oh I ce sera un glorieux, un noble et religieux concert alors, digne de l'homme qui le chantera et de Dieu qui l'écoutera 1 — Alors aussi tout homme saura comprendre ce que le génie de Pythagore avait pressenti, ce que d'anciens sages ont répété, ce que Kepler croyait, et ce que Fourier a carrément établi et glorieusement démontré, à savoir :

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