‹ Destinée socialeChapitre 39 sur 75 · SYSTÈME DES FACULTES · texte numérisé non relu

SYSTÈME DES FACULTES

Facoltëf. Foyan g^séniax. FojeriapériMr.

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Travailler j agir, c'est employer ses facultés, c'est faire usage de ses forces musculaires, de sa puissance intellectuelle, de ses aptitudes artistiques. Que l'emploi soit bon ou mauvais, Faction utile, inutile ou nuisible^ c'est toujours une action, une dépense de force.

La condition d'ordre harmonique, c'est que l'action soit utile, bonne dans ses résultats, autrement dit, que les facultés soient appliquées à Tindustrie générale. C'est encore, que l'action en elle-même soit un plaisir.

Or l'action^ l'exercice des facultés, ne peut être provoqué que de deux manières, par Y Attrait ou par la Contrainte ;

Mais l'Attrait, c'est le résultat des excitations directes et libres des passions Sensitives, Affectives et Distributives ;

(1) Il est facile de saisir que dans le passage où nous sommes. J'ai spécialisé le mot fiicDlté. II faat s'entendre et ne pas chicaner sortes mots; Je fais bien que si l'on veut, avec te sens général c*n mot, on pourra dire que les possions sont des facultés Tonte argumentation qui porterait là-dessus serait une fadaise. — On no confondra pas non plus les faeultét de ce tableau avec les TnculIrA Idéologiques 'sensation, perception, etc.. Jugement j dont le cadre se déduit aussi d'ailleurs du système passionnel.

ÀTTX&CTION YASSIONHBLLE. 187

La Contrainte/c'est le fouet du contre-mattre, la faim, le besoin, les obligations morales, les tristes nécessités de prévoyance, les soucis aigus de la vie, qui tourmentent et crucifient Tâme et l'intelligence.

L'action provoquée par l'excitation de la passion est essentiellement libre et attrayante ;

L'action qui n'a pour mobile que la contrainte, est évidemment répugnante. — Gela est clair à crever les yeux. Jugez maintenant les choses avec ces données de la science passionnelle ; voyez :

§ in.

Pourquoi ?..•..

Les exigences des douze passions et de TUnitéisme déterminant les conditions d'attrait, est-il recevable de dire en système absolu que l'homme aime le repos et hait le travail? — Non, non et non, cela n'est pas vrai. L'homme est né pour l'action. Il apporte des aptitudes ^i l'y prédisposent, des forces qui l'y poussent. Quand il n'agit ni ne s'occupe, l'ennui le saisit et le dévore.

Mds il est vrai qu'en face d'un travail dont les conditions sont à contre-sens des exigences passionnelles, l'homme préférera le repos? L'homme aime le plaisir, voilà tout. Que travail devienne plaisir, c'est-à-dire moyen <lexcitation et de satisfaction des douze passions, et l'homme aimera le travail.

Les gens qui ne savent ou ne veulent pas raisonner ni remonter aux causes, font ici une singulière argumentalion. Os distinguent tout ce qui est action en deux clas- ^f celles qui ont un résultat utile, celles qui ont un restât nul ou futile. A l'exécution des premières ils donnent le nom de travail^ à l'exécution des secondes le î^oïn ai amusements ou de plaisirs ; et comme on voit aujourd'hui les hommes courir après les plaisirs {véhvIWaX

488 OEÛAKISATION. APPEIQ)!»,

improductif), et ne se livrer généralement qae par nécessité au travail (résultat productif), ils concluent hardiment qu'on n'a pas le sens commun quand on admet la possibilité du travail attrayant.

Vous leur citez des exemples très-communs, leur propre exemple à eux-mêmes, pour prouver que souvent on se crée des occupations, qu'on se passionne pour des travaux (l*art, de science, de construction, pour certains exercices d'horticulture, de menuiserie, pour la pèche, la chasse, etc. ; exercices qu'on est bien libre de ne pas prendre et qui ont un résultat productif, pour lesquels ou se fatigue souvent beaucoup, qui présentent des difficultés et des obstacles contre lesquels on s'acharne On

vous répond que ce sont des amusements. Eh ! pardieu, je le veux bien, ce sont des amusements. Meis pourquoi ces exercices sont-ils des amusements? voilà ce qu'il faut savoir. Et quand vous vous seres rendu compte de ce pourquoi f vous aviserez à voir si d'aucune façon on ne peut changer aussi en amusements, — puisque amusement il y a, — l'ensemble des exercices de science, d's^culture, de fabrique, d'art, etci, qui constituent l'Industrie. Voilà toute la question.

C'est une chose qui n'est pas merveilleuse, en Térité, que l'on voie dans l'état actuel les hommes courir après lesplai$irB et fuir le travail. Un manoeuvre, un laboureur, un artisan, un employé d'admini8tration.é««4.« un travailleur civihsé, eti un; mot, trouve son travail enct* i dré dans une certaine forme qui est indépendante de sel goûts, de ses Attractions, et qui est inflexible» Cette forme ne permet pas les jouissances et les excitations passionnées; au contraire^ elle est dirigée en sens inverse do vœu des passions.

A) La nature veut l'élégance, le luxe, la richesse, h santé, les plaisirs des sens; -^y) le travail morcelé et civilisé, le plus souvent, blesse les sens, altère les orgS' nés, détruit la santé, et suffit à peine à l'existence du travailleur et de sa misérable famille. Voilà la condition

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improductif)| et ne se livrer généralement que par nécessité au travail (résultent productif), ils concluent har-* diment qu'on n'a pas le sens commun quand on admet la possibilité du travail attrayant.

Youa leur citez des exemples très-communs, leur propre exemple à eux-mêmes, pour prouver que souvent on se crée des occupations, qu'on se passionne pour des travaux d*art, de science, de construction, pour certains exercices d'horticulture, de menuiserie, pour la pèche, la chasse, etc. ; exercices qu'on est bien libre de ne pas prendre et qui ont un résultat productif, pour lesquels on se fatigue souvent beaucoup, qui présentent des difficultés et des obstacles contre lesquels on s'acharne On

vous répond que ce sont des amusements. Eh ! pardieu, je le veux bien, ce sont des amusements. Mais pourquoi ces exercices sont-ils des amusements? voilà ce qu'il faut savoir. Et quand vous vous seres rendu compte de ce pourquoi^ vous aviserez à voir si d'aucune façon on ne peut changer aussi en amusements, — puisque amusement il y a, — l'ensemble des exercices de science ^ d'agriculture, de fabrique, d'art, etc«, qui conatituetil l'Industrie. Voilà toute la question.

C'est une chose qui n'est pas merveilleuse, en Térité, que l'on voie dans l'état actuel les hommes courir après le&plai$tr8 et fuir le travail. Un manœuvre, un laboureur, un artisan, un employé d'administration.****., un travailleur civiUsé, eti uti^mot, trouve son travail enca* dré dans une certaine forme qui est indépendante de ses goûts, de ses Attractions, et qui est inflexible» Cette forme ne permet pas les jouissances et les excitations passionnées; au contraire^ elle est dirigée en «eni iavene du vœu des passions.

A) La nature veut l'élégance, le luxe, la riohette, la santé, les plaisirs des sens ; -^ y) le travail ntorcdlé et civilisé, le plus souvent, blesse les sens, altère les orga-* nés, détruit la santé, et suffit à peine à l'existence do travailleur et de sa misérable famille. Voilà la condition

âTttiCtlÔlV l*A99tÔHiTliU. 469

de trayail potir les masses. -— Cette condition ft'atttéUorte à mesure que tous monter les degrés de TécheUe so^

ciale Aussi le travail, de moins en moins ingrat à

mesure que tous mpntez ainsi, dévient^l, à ce titre, de moins en moins t^pugnant. Est-ce qu'un bourgeois à sa boutique, à son bureau, éprôute des t*éptigttances amsi fortes que le malhëtlreux qui passe éa. journée d'hite^ dans la Seine glacée, Teau jusqu'à la ceinture, poUi^ gagner trois francs à i^Urer du bois de flottage f

B) La nattire veut les réunions de getii qui s'aiment, se recherchent^ sympathisent, hommes^ femmes^ enMts, parents, amis, atnants, collègues, inférieurs et sUpérieui^ ; elle teût la libre foi^mation des Groupés cori^espondants aux passions afibctives : «*^ g) le travail civilisé et morcelé isole le travailleur dans sa fonction, ou le met face à face avec des êtres qu'il n'aime pas ; étoufië et tUe les passions affectives, et apporte ainsi le vide, son ennui et son dé^ sespoir, ou k haine, à la place des jouissances actives du cœur, des chauds épanchements de Tàme, de l'exaltation des vives sympathies. •*- QUel est l*homme au monde assez borné pour nier qu'à mesure qu'on se rapproche des conditions relatives à l'essor des quatre passions af^ fectives, le travail ne devienne de moins en moins ré^ pugnant et ne converge vers le plaisir! —Ce ne sera pas vous, lecteur, qui nierez cela, j'en suis sûr.

G) La nature demande une succession de positions va-rlées et contrastées, le mouvement, les changements de scène, les incidents, les alternances; c'est la loi de vie. EUe a horreur dé la monotonie : — O) le travail civilisé cloue pour le jour et la vie l'homme à son œuvre, à Une œuvre identique^ — D) La nature veut des Accords, de grands mouvements synergiques, entraînants et passionnés; elle a mis dans tous les coeurs des cordes que les enthousiasmes des masses sympathiques font vibrer à l'unisson ; elle veut aussi des Discords, des luttes, des cabales de parti, des intrigues excitantes, de vigoureuses et ptiissantes didsidencis t eUe faait le calme plat, l'atonie,

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le vide, la torpeur : — q) le travail civilisé baigne dans rennui, ne tend aucun ressort, et laisse toutes les cordes débandées, flasques et pendantesc — Qui peut dire que, dans tous les cas accidentels et hors de règle civilisée où ces ressorts agissent plus ou moins daub le travail, on ne voie les champions industriels plus ou moins stimulés à Tœuvre , plus ou moins en Attraction sur l'objet de Fœuvre?

Ë) Enfin la nature humaine fait un besoin à llndividu de rattacher son action à une œuvre d'ensemble, déjouer dans le grand concert de Tordre général, d'avoir un rôle apprécié dans un tout harmonique. C'c^t aux satisfactions de plus en plus larges de ce haut et noble besoin que sont attachées les grandes et reUgieuse» jouissances, les inspirations supérieures, les grandioses synergies. — 3) Le travail civilisé enclôt le travailleur dans le misérable cercle de son égoïsme individuel, tout au plus de son égoïsme familial. L'action humanitaire est morcelée, fragmentée, ou plutôt elle n'existe pas ; il n'y a pas d'ensemble, d'ordre, d'unité : tout se contrarie, se choque, se brise. Le travailleur civilisé ne peut avoir à se rendre ainsi qu'un triste témoignage de contrainte et d'égoïsme, au lieu d'être emporté dans les hauts accords de l'Unitéisme et de la Liberté.

Youlez-vous comprendre maintenant la cause du fait que vous exprimez, quand vous dites, l'homme aime /es plaisirs et fuit le travail ? Eh ! mon Dieu, c'est que dans la forme sociale actuelle nous ne sommes pas Ûbres de disposer nos actes industriels de manière à les mettre en consonnance avec notre nature, avec nos passions ; le milieu industriel ne s'y prête pas : tandis que nous nous rapprochons de cette consonnance dans l'ordre des actes qu'on appelle les plaisirs.

Pour un manœuvre non intéressé à son travail, rétribué très-faiblement, exposé aux injures de l'air (lésion àQ% Sensitives)j isolé (lésion des Affectives)^ lié à une tâche monotone (lésioji des Distributives)^ le travail est

ATTRACTION PASSIORNILLY. 491

répugnant. Mais le cabaret est attrayant poor ce manœavre, parce qu'il y est abrité contre les excès de la température ; parce que le vin et le tabac lui font des excitations et des {daisirs (essor des Sensitiveà)', parce qu'il y rencontre des connaissances, qu'il s'y réunit à ses amis (essor des Affectives) ; parce qu'il y discute, qu'il y trouve des sujets d'intrigue et d'orgasme cabalistique dans les cartes, le billard, les journaux, les difiérents jeux, qu'il se sent libre et peut passer d'une action à une autre, et varier ses modifications personnelles (essor des Diatri^ àutives).

Dans la vie du bourgeois et de Thonune du monde, TOUS retrouvez les mêmes essorts, plus rafiBnés. Le café, les réunions de société, les bals, les spectacles, les courses de chevaux, les discussions littéraires et politiques,

les chasses, les dinés, le carnaval Analysez tout cela,

aUez aux causes, et vous trouverez toujours au fond quelque8*uns des douze ressorts passionnels. Je sais bien qu'en Civilisation tous ces plaisirs sont pauvres, misérables, ennuyeux. Ils ne sont pas nourris, ils n'ont pas d'haleine, ils sont faux et mesquins. Leur but futile et le milieu mcnrcelé dans lequel on les développe artificiellement, à prix d'argent, ne comportent pas les hauts Accords, les Rivalités composées, les fréquentes Alternances. Ces plaisirs factices sont à la vie Phalanstérienne ce que des figures de cire sont à des Groupes animés et joyeux : de pftles copies, de fades images^ Je sais bien qu'un Phalanstérien des moins ardents consomme plus de plaisir actif en un jour qu'un heureux Civilisé en un mois. Pourtant vous pourrez toujours retrouver les causes essentielles de l'action libre et attrayante, dans l'étude de ce que l'on est convenu d'appeler les plaisirs. Le jeu est-il autre chose qu'une intrigue tactice, créée à défaut de réelle ? Proposeriez-vous des cartes à des commerçants qui discutent leurs affaires, à des littérateurs qui sont aux prises sur leurs œuvres et leurs théories, à des conspirateurs qui combinent les chances de succès

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