‹ Destinée socialeChapitre 4 sur 75 · BU FOND %T DE LA VORME. «I · texte numérisé non relu

BU FOND %T DE LA VORME. «I

et ce qu'ont dit aussi des critiques hostiles. Un semblable eoti" sensui ne saurait être sans fondement, et je déclai'e partager entièrement l'opinion de mes critiques ; j'ajoute que je pensais absolument comme'eux sur la nature des passages Incri* minés, à Tépoque même où je les écrivais.

Partageant sur le fond l'opinion d'une critique que je^gnale francbement, et l'acceptant pleine et entière dans son expression, je demanderai la permission de dire qu'en pre* nant ces formes dont je reconnais VinfèrvorUé ab$ohi$^ j'ai eu des motifs relatifs, plausibles à mes yeux, et qui, dans les circonstances surtout où j'écrivais, pouvaient être fondés en raison. Peut-être parviendrais-je à édifier sur ce point le leo tear et à désarmer son opinion, si je déduisais ces motifs auxquels j'ai obéi : mais d'abord, il ne serait pas encore op* portun de le faire aujourd'hui, attendu qu'en exposant naïve» ment la pensée qui m'a guidé, je compromettrais le résultat de mon calcul, comme un général, qui, pour justifier sa mai^ che devant La critique, livrerait son plan de campagne, avant de l'avoir entièrement exécuté et d'en avoir recueilli tous les fruits. Et puis, y a-t-il donc grande importance à cette justification personnelle auprès du lecteur, s'il veut (comme tout lecteur raisonnable y souscrira sans aucun doute) accepter les observations, les excuses et surtout les réserves relatives à la Doctrine, que Ton trouvera dans cet intermède? Si la Doctrine est bonne » qu'importent les torts de celui qui 1 expose*..*

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Pour ce qui est des observations, je dirai en premier lieu et véritablement, que si l'on croyait les pages les plus âpres et les plus amères de Fourier et de ses disciples, dictées par des sentiments de haine , de colère contre des hommes, on fe» fait erreur. Ce sont toujours, chez nous, des idées qui sont en cause. C'est toujours sur des combinaisons sociales malfaisantes, sur les erreurs qui les engendrent ou les entres tiennent, et n<Hi sur les soldats de ces erreurs (qui en sont les piemîères victimes), que tombent nos diatribes et nos coups»

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Toutes les fois, pour mon compte, qiio j'ai onga^^é un combat de doctrine contre une personne, lo.s coups s'adressaient si évidemment à l'idée représentée par la personne, que jamais, quel que pût être mon sentiment intiftie à cet égard, je n'ai porté une accusation directe de mauvaise foi contre Tadversaire....

Ce caractère de notre critique mérite qu'on le remarque et que l'on en tienne compte. Oyez les polémiques qui se font en dehors de nous; écoutez le langage des partis: c'est là que le langage est vraiment condamnable ; car là, c'est le sys> tème de l'attaque portée contre le caractère, contre la bonne foi, contre l'intention de l'adversaire, intention trop souvent déclarée avec légèreté, perverse , égoïste, vicieuse ou criminelle par Tantagoniste. Voilà la polémique à l'ordre du jour. Cette polémiquo-là, on ne lui doit pas de quartier, car elle est évidemment absurde, immorale et anti-sociale : absurde, parce qu'elle ne prouve rien sinon la passion et la haine de ceux qui l'emploient ; immorale et anti-sociale, parce qu'elle n'est propre qu'à accroître la passion et la haine, à attiser la querelle et la guerre, là où il conviendrait de faire œuvre de ralliement, de science et de raison.

Cette polémique n'est point la nôtre. Nous ne disons point systématiquement à nos adversaires qu'ils sont des misérables, et que nous monopolisons la loyauté. Les plus grands emportements de notre critique ne vont, après tout, qu*a dire à nos adversaire^ qu'ils ont l'esprit plein de préjugés et d'erreurs, qu'ils sont aveugles et propagateurs de l'aveuglement chez les autres. Et ce que l'on nous a le moins pardonné, ce n'est pas de l'avoir di*| mais de l'avoir prouvé.

Sans doute le calme doit être le caractère normal du langage de la Science et de la Vérité dans un état normal ; mais il faut prendre garde que, loin de parler dans un milieu normal, nous agissons dans un milieu troublé, bniyant, anarchique, dans un milieu armé et hostile, et fort inhospitalier à la Vérité; ainsi que le prouve l'histoire de toutes les vérités abreuvées toutes, à leur origine, d'avanies et de persécutions.... Dans ce milieu-ci la Vérité doit combattre 1 Le com> bat lui est imposé pour cause de légitime défense. Sous peine d'être écrasée et foulée aux pieds, elle doit se produire, dans ce monde-ci, armée de pied en cap. C'est ce qu'enseigne le mythe de la naissance de Minerve sortant foui armée du

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