HARMONIE. UV. II. CHAP
force et la rendez hostile en comprimant Tessor des Capacités? que vous perdez une force et la rendez hostile quand vous voulez ruiner le Capital au profit du Travail? que vous perdez une force et la rendez hostile quand vous voulez maintenir l'oppression et Texploitation du Travail au profit du Capital? que vous perdez une force et la rendez hostile en prêchant le dédain de la Matière et le mépris de la Beauté ? qu'en luttant contre la Raison au profit de la Foi, vous perdez une force et la readez hostile? qu'en détruisant le Sentiment religieux pour détruire des dogmes absurdes, vous perdez une force et la rendez hostile?
Yous mettez aux prises la Capacité contre la Naissance, la Fortune contre la Naissance et la Capacité ; le Capital contre le Travail, et le Travail contre le Capital; laliatière contre l'Esprit, et l'Esprit contre la Matière; le Sentiment religieux contre la Raison, et la Raison contre le Sentiment religieux; la force contre la force, l'intérêt contre l'intérêt, la passion contre la passion! Et c'estquand vous avez armé ainsi toutes les Puissances naturelles et sociales les unes contre les autres, quand vous avez engagé le combat^ et que vous sonnez la charge, et que vous poussez les houras de guerre, c'est alors que vous dites : a L'homme est un être dégradé, dont la nature n'est que » vice et corruption; Dieu a mis l'homme sur une terre » maudite, dévouée à toute division, à toute douleur et » à toute misère ! » — Lui, Dieu ! hélas ! hommes de philosophie et de religion, c'est vous qui le faites stupide et infâme ainsi. Dieu est-il donc un vautour qui se repaisse de chair humaine, et se réjouisse à l'odeur des cadavres^ que vous le dites décréteur de la division et de la guerre ici-bas! Et votre terre, fatalement vouée aux guerres, à vous entendre, pousse-t-il donc au printemps des baïonnettes et des épées de son sein?
Dieu a mis le désir du bonheur en nos âmes. 11 a nm
sur notre terre les fleurs que nous aimoDS, et les épis qui nous nourrissent. Notre terre centuple Tépi que nous y semons. Elle pousse encore la moisson quand nous l'abreuvons du sang de nos frères...
Grand Dieu, bon et puissant ! rends puissante la voix de ceux qui ont compris ta Loi et qui annoncent ton Règne à leurs frères ! Ouvre les intelligences fermées, faiséclore en leur sein Famour!... Et toi, belle Terre que nous avons si longtemps ravagée, beau Paradis dévasté qui pleures tes premiers jours, toi dont l'âme est co-xuhstantielle au feu et à la lumière (4 ), prépare tes fleurs, tes grappes et tes épis, tes riches parures, tes voix et tes grandes Harmonies, car le terme des longs deuils approche, et voici bientôt le jour prédit de la réhabilitation, le beau jour de la fête et des renaissances 1
Terminons ce chapitre consacré aux Équilibres majeurs (2), et, pour rentrer tians la spécialité de la science de ces Equilibres, condensons, dans la formule de ce glorieux théorème que nous avons pris pour épigraphe.
(1) Huit anima lerrenœ,.. quam laci et igni cognalam dixi.
Keppler.
(2) On appelle Equilibre» tnajeurs, ceux qui sont tirés du jeu des deux passions à*ordre majeur^ Amitié et Ambition, et qui président surtout à l'ordonnance et à la hiérarchie des intérêts industriels. Les Équilibris mineurs sont ceux que fournissent les deux Affectives mineures, Amour et Famille. Ces derniers équilibres ne pouvant être établis d'emblée au début de THarmonie, parce qu'ils reposent sur des mœurs loyales et autres dispositions inconnues aux Civilisés, dispositions qui ne viendront que comme conséquences de Torganisation régulière et sériaire des aCTaîres de Jkfode majeur, nous nous abstiendrons d'en parler ici. Du reste, les principes généraux de ces Équilibres sont les mêmes que ceux qui concernent le majeur. Nous en renvoyons l'étude à l'ouvrage DÛ nous truiterona les questions de Haute-Harmonie. Elle aura là sa place naturelle, et s'y développera à Taise.
nAKMONIR. T.IV. II. OHAV. III.
et qa'il faudrait graver en lettres d'or, la double et merveilleuse propriété du Régime sériaire, sur laquelle nous avons eu principalement à insister ; savoir :
absorption des rivalités et antipathies collectives
de chaque masse, par accord individuel des
sectaires dans divers groupes et
corporations;
absorption des rivalités et antipathies individuelles
de chacun, par ralliement en divers groupes et
corporations, ou les gouts coïncideront
AVEC CEUX DE l'aNTIPATHIQUB , ET
SUBSTITUERONT PLUSIEURS AFFECTIONS