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L'histoire de la peinture militaire française ofTre une série de maîtres dont les œuvres sont d'une variété d'idées et de formes (jvii témoigne superbement de la fécondité et de la puissance fie notre génie national.

Le premier chronologiquement, Jacques Callot a décrit en philosophe les misères et les malheurs de la guerre. Après avoir, en cent planches diverses, avec une verve inépuisable, toujours spontanée et vigoureuse, avec le sens le plus profond de la vie, et une vérité donnant parfois le frisson, représenté incendies, pillages, massacres, pendaisons, sièges, batailles et combats, il inscrit, au bas de la dernière page, ces vers c[ui sont la morale humoristique de tout cela :

Que du pauvre soldat déplorable est la chance! Quand la guerre fmil, son malheur recommence; Alors il est contraint de s'en aller gueusant, Et sa mendicité fait rire le passant.

Mais, dans cet œiix re militaire, si pittoresque et si émouvant, il y a un savant, dont la précision fait de ce qu'il dessine des documents aussi pi'écieux pour l'historien cpie pour celui (jui n\ cherche (pie des impressions d'art. Aucune des questions de la topoi^raphie el de la tacticjue ne lui est étrangère; il a appris ce (pii en est nécessaire à son métier, et même l)eaucoup plus, en suivant les cours ([ue professe, à Florence, son maître, Parigi, et dont les auditeurs assidus sont des condottières, des liomnies de guerre, comme le duc d'ArnolH et Piccolomini. Les sièges de iiréda et de la Rochelle ont été exécutés, d'après des études sur le terrain, si minutieusement et avec tant d'exactitude, qu'un spécialiste pourrait dresser l'inventaire de tous les travaux de fortification, de toutes les batteries de sièi-e, de toutes les tentes du camp, et de tous les corps de troupes par régiments, compagnies et escadrons. Callot est un maître luiique dans l'histoire de l'art.

Lebrun a fait de la mythologie et de l'allégorie militaires; les batailles de Louis XIV sont les batailles d'Alexandre; le passage du Granicjue est le passage du Rhin. Fonctionnaire autant ([u'artiste, historiographe à la façon de ]3oileaii, ^ au der Meulen continue la peinture topographique, égayée, dans la monotonie des vues de villes, des sites, des épisodes de combat, qu'inq:)ose le caprice du Roi, au mo)en des premiers plans de tableaux où les cavaliers frisés, poudrés et empanachés, caracolent autour du cheval apocalyptique du souverain et des carrosses féeriques des princesses et des favorites invitées à orner de leurs grâces ces parades de cour et d'ai-mée. Bourguignon, Parrocel et Casanove, qui n'ont jamais vu de chanq^ de bataille, assisté à aucun combat, prati(pient le genre militaire avec la fantaisie, l'emphase et la convention que leurs contemporains mettent à peindre les m}thologies pompeuses et sans vie.

Les tableaux de Gérard et de Girodet, dans leur apparat et leur solennité, sont la traduction artistique des Bulletins des armées de Napoléon. Gros en fait des poèmes épiques. Charlet, avec un humour attendri, souvent avec une émotion éloquente, célèbre les volontaires de la Révolution, les grognards de l'Empire, met à leurs lèvres des paroles sublimes dans leur naïve simplicité d'héroïsme, en même tenq:)s

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