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LA CHARGE DU 9" CUIRASSIERS A MORSBRONN

suivi par le colonel Waternau, trois escadrons déployés et le quatrième en colonne. Le commandant en chef crie à ces soldats : « Allez, mes enfants , comme à Waterloo! » Les batteries du village de (ninsted à gauche, l'infanterie de rAll)rechtshaiiserhof à droite, et, en face, les bataillons sortis de Morsbronn, les couvrent d'une pluie de mitraille et de balles; ils sont décimés; mais, ceux qui restent sabrent les tirailleurs et culbutent une compagnie de pionniers. Ensuite, les uns contournent le village, les autres s'engouflrent dans la grande rue, comme une trombe. Toutes les maisons sont remplies de Prussiens; de chaque fenêtre et des créneaux improvisés, ils fusillent à bout portant les cuirassiers qui brisent leurs sabres contre les murailles, et s'écroulent sans pou voir lutter.

Le colonel Waternau a son cheval tué sous lui, et tombe dans une mare, d'où le maréchal des loffis chef Ansart le retire sans blessure et le remet en selle sur une autre monture; le lieutenantcolonel est blessé mortellement. Au milieu du village, une barricade de chariots engerbés coupe la lue.

Le lieutenant commandant l 'avant-garde ne l'aperçoit qu'au moment de l'aborder; il fait sonner halte par son trompette; mais,

MAISON DE MOKSBRONiN' DESSIN POUR « L\ CHARGE DU Q» CUIRASSIERS »

l'élan irrésistible de la charge précipite les uns sur les autres les malheureux cavaliers. Le colonel, le lieutenant fl'état-major de stage au régiment et le commandant Pimont de Honnaville, dont le sal)re est brisé, s'efforcent de rallier les hommes qui, sous les balles, poussent les cris de : « Vive le colonel! » Quelques officiers et cavaliers réussissent à franchir la barricade, et disparaissent vers Durrenbach et Walbourg ; le plus grand nombre fut fait prisonnier.

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