‹ DetailleChapitre 52 sur 59 · LES SOLDATS DU PREMIER EMPIRE · texte numérisé non relu

LES SOLDATS DU PREMIER EMPIRE

I l I III l'DI H

.\ SOlS I ll.. DE l.A (;\1!MS(JX r)'ni!\iNGrE »

rarclliduc Jean. Napoléon avait confié la <léfense de la place au général lîarl)anègre, vieux soldat de la République, que sa bravoure, pendant les guerres <Ie l'Empire, avait fait distinguer. Ijarl)anègre disposait, au début du siège, de 4 bataillons de garde nationale, '.>. compagnies du i" d'artillerie, quelques soldats du génie et du train, 5 gendarmes et 5o douaniers, formant un effectif de 45oo hommes. Pendant la défense, sur cet effectif, 1 700 paysans alsaciens et

suisses désertèrent, impuissants à résister au mal du pa}s, ([n'entretenait habilement l'ennemi, en faisant chanter par les postes avancés le « Ranz des vaclies ». L'archichu' Jean, malgré les renseignements recueillis auprès des déserteurs, ne pouvait croire à une aussi faible garnison. Les assiégés, il est vrai, se nudtipliaient sur tous les points de la place, dans les ouviages avancés, et employaient les ruses les plus ingénieuses pour faire croire qu'ils étaient fort nombreux, lia garde de la batterie Custine, la plus proche des lignes ennemies, se relevait à la brune; et, pour qu'elle ne parût point

ce qu'elle était, très restreinte, il était recommandé aux hommes de ne pas couvrir leur chef de file, de marcher sur un seul rang, ce qui donnait l'étendue d'un l)ataillon complet par le flanc. Vers une heure du matin, on faisait battre la diane. Quand Barbanègre, contre l'assentiment du Conseil de défense, traita de la capitulation, il exigea que la garnison défilerait a\ec les honneurs de la guerre de\ant l'archiduc Jean et le géuéral comman-

ETUDE POIR LA SOHTIE DE l.A GARMSOTV DIUNJNGUE

(lant le l)Iocus. Les officiers conservaient leurs épées; les soldats devaient déposer leurs armes après le défilé, et être dirigés sur l'armée de la Loire pour leur licenciement. Quant aux gardes nationaux, ils rentraient dans leurs foyers. « Aux sons de la mnsi(jue des régiments Coloredo et Kolovratli, i-aconte un des officiers du siège, dans un curieux et peu conmi mémoire, nous sortons d'Huningue en traversant les ooo hommes qui formaient l'effectif des troupes du l)locus, présentant les armes; ceux-ci, étonnés de notre petit nombre, exprimaient leur admiration, surtout pour les artilleurs qui s'étaient montrés si bons pointeurs. Après le défilé, on nous fit ^lescendre à côté de la route entre Bourglibre et Bourgfeld et on visita les sacs de nos soldats, afin de leur reprendre les cartouches. »

L'exécution de ce tableau a été fort laborieuse par les recherches que l'artiste a dù faire pour donner à la composition à la fois un cadre exact comme topographie, et la précision iconographique exigée par les personnages historiques qui y figurent, tant du côté des assaillants cjue des assiégés. Après la reddition, Huningue fut démantelée; Détaille

a retrouvé aux Invalides un j)lan en relief minuscule, cjui lui a permis, en s'aidant d'observations sur le terrain, de reconstituer la porte de sortie et les remparts. Une enquête minutieuse auprès des membres des vieilles familles de la ville, entre autres celle du général Hartung, lui a fait découvrir dans leurs papiers et leurs collections les poitraits des principaux défenseurs de la place; les archi\es et les bibliothèques de \ ienne ont fourni ceux des chefs autrichiens.

Ce tableau a été offert au Luxem-

« LES CAVALIKUS 1)1': NAPOLEON

DRAGO.X DE L\ CARDK

bourg dans les conditions suivantes : Un riche amateur, qui a voulu j^arder l'anonyme, avait résolu de faire don d'nne œuvre de Détaille à ce nuisée ; il choisit « Vive l'empereur! ». L'iU'tiste qui n'était point très satisfait du tal)lcau et avait fort hésité à le vendre, ne cédant c[u'à des instances pressantes, décida, (juand il aj)prit (|u'on le destinait au Luxembourg, de le remplacer, un jour prochain, par un autre. Alors, il exécuta « La Sortie de la garnison d'Huningue », qu'il avait en projet; et, cette belle et originale composition terminée, il proposa de l'échanger contre « Vive l'empereur! ». A tous les points de vue, elle était bien supérieure et valait le double pour le moins. lia proposition fut immédiatement acceptée; après le Salon de 1895, le nouveau tableau entrait au Musée national des artistes contemporains. Le musée de S\dney a acquis récemment « Vive l'empereur! », complètement remanié, après son retour dans l'atelier.

Je fais mention de cet incident, comme un exemple, à ajouter à celui de « r>,a Distribution des drapeaux », de conscience et d'amour-propre d'artiste, en cette fin de siècle qu'on dit, en ce métier, ainsi que dans les autres, avoir engendré tant de scepticisme et de cupidité.

La publication des « Cavaliers de Napoléon » est une démonstration plus saisissante encore de l'unité qu'il y a dans l'oeuvre de Détaille. Il a pu réunir trente et une compositions, faites à diverses périodes, entre d'autres travaux, très diflérents d'inspiration; elles forment un ensemble superbe, complet, définitif; et, un écrivain qui s'est consacré avec succès à l'époque napoléonienne, Frédéric Masson, y a joint un texte d'une allure Ivrique,

OFFICIRB 1)F. CHFNADIERS A l'IM) m, 1.\ VI 1.11.1,1. GMUIF.

l'i'i DKTAILLE

OÙ sont célébrées la gloire et les vertus militaires des compagnons fameux de TF^mpereur. Quelle variété ofï'rent ces compositions, variété à la lois cherchée en vue d'une forme nouvelle pour chacune d'elles, cl obtenue par la représentation fidèle de la vérité historique! La

connaissance parfaite de la vie militaire de l'Empire, que l'artiste a acquise par une étude approfondie des Mémoires du temps, oùParquin, Drack, Combes, Ségur, Marbot, etc., ont écrit l'histoire de ces cavaliers, en des pages vivantes c[ui resteront comme celles où Villehardouin, Joinville et IMontluc immortalisèrent leurs ancêtres des croisades et des guerres de rehgion, — étude complétée et fortifiée par l'intuition de toutes les choses qui touchent à l'armée moderne, — lui a permis de reconstituer, avec la plus minutieuse exactitude, non point seulement comme physionomie extérieure — simple affaire d'uniformes et d'équipements, — mais dans leurs habitudes et leurs mœurs, — question, plus difficile, de psychologie sociale,, — ces héroïques et presque fabuleux soldats, au milieu de leurs chevauchées épiques à tra\ers le continent.

lîïUDE 1>E PAYSAGE l'OLK I.E TAliLEAi; « LES GEXDAKMES 1) '« ) 1U)() \ \ A\ CK

Une des premières compositions représente un escadron de cavalerie traversant un village alsacien. L'officier demande son chemin à deux habitants ([ui fument tran<|uillement la pipe à la })orte de leur maison. Les ca\aliers ont tous une figure jeune, aux traits défi-

« IJ-:S CVVALIKRS J)I<; AVl'OLEON »

rats, et sont d'une lare élégance dans leur l)rillaiit iiniforiue : coillure oriK'e d'iiiie aii^le et d'iiii plumet hiaiic sur le pouipou, surtout a\ee aiguillette et ti'èfle eu argent, sabre à demi courbe, petite carabine et paire de pistolets. Ou n'a point devant soi évidennnent des fils de pa\sans et d'ouxriers. (j'est, en efïet, un escadron du coi ps des gendarmes (rordouuance, de 1S07, dont les lionmies et les ofïiciers se recrutaient dans les |)ltis illustres familles de l'ancienne aristocratie; il a compté dans ses rangs des d'Aienberg, Charrette, Choiseul et Sonrdis, tles princes de Salm, Monaco, et Savoie-(iai iguan; un Alontmorenc\ -1 ia\ al l'a commandé. La cavalerie, dans ce corps plus particulièrement, pai" l'énudation de l'héroïsme et de la gloire, par la communauté des dangers et des soullrances, a fait la fusion des deux éléments de l'armée de Napoléon : l'ancienne noblesse d'épée qui avait conservé les traditions du culte des armes, du goût du cheval, des élégances et du bon ton; et le peuple, ([ui a|)portait là une virilité et une intelligence supérieures, avec l'andjition irrésistible de conquérir les premiers rangs dans la nation.

La j)age suivante nous montre la noblesse nouvelle, celle de l'Empire, plus m;\le, mieux trempée, et plus hardie que l'ancienne, au sang i-ouge ])lus bouillant (jue le sang bleu, dans les types de cavaliers et d'officiers d'un groupe du i" régiment des iiardes d'honneur !^i8i3:, en halle dans une plaine. (]elte trouj)e d'élite ne reçoit que des fils de membres de la L(''giou d'iion-

KTITDK POUR LE TABLEAU ÉTAT-MAJOIt l)K 1. AKMI.K DES COTES U OCKAN »

DEÏAll.LK

l.ll 1)K

d'aî'ki'.s i.a ti;m k nu coloxei. mariîot

7' ii;issAuus

neiir, des corps électoraux, des conseils généraux et municipaux, les héritiers des barons, comtes, ducs et princes d'hier, qui s'équipent et s'habillent à leurs frais; et. Napoléon leur a donné un uniforme à la fois imposant et pittoresque : pelisse flottante, pantalon à la hongroise, shako avec pompon et plumet, sabretache à l'aigle impériale; uniforme destiné à faire valoiiles qualités ph)si(|ues e\ce})tionnelles (|u'i: exige des candidats.

Veut-il mettre sous nos yeux les cuirassiers et les caral)iniers, la grosse cavalerie, dont la puissance est dans la solidité, la vigueur et la force de résistance, l'artiste ne choisira pas, comme on pourrait s'y attendre par l'accoutumance, les charges où ces masses énormes n'apparaissent plus (|ue des trombes humaines, sujets propices aux dramatiques comp(^sitions; il préfère des scènes de repos, de campement, v)ii peut être tentée une physiologie précise des types de soldats et d'officiers, étudiés avec minutie. Alors, il peint une cour de ferme des bords du llhin, où deux cuirassiers, prêts à quitter le cantonnement, l'un à cheval, l'autre à pied, causent avec les paysans, pendant que leurs montures s'abreuvent; puis, il représente un autre cuirassier qui fait boire des clievaux dans le Niémen. Un escadron de carabiniers (1810) attend impassii)lement l'ordre d'appuyer les troupes en action; et, un peu plus loin, un régiment, au moment de franchir la froi!- DKAGON (i8'2o) tière, salue le poteau cpii poi-te le nom

LES (;A\ ALIERS DE NAPOLEOÎS »

ETUDE POI K I.K TABLEAT « LES GEMlAltMKS l)'oR l)0> N A \(;r.

1^ « d'Allemagne », et acclame par des

cris jo\eux son entrée sur le sol ennemi. A leur stature élevée, à leur corpulence A igoureuse, à leur air martial, quoique plein de simplicité et de honliomic, à leurs uniformes sévères — ici, la cuirasse en cuivre louge et le casque grec enchenillé; là, le casque à cimier de cuivre, à bandeau de peau noire et crinière flottante, les bottes fortes et les gants à crispins — ce sont bien, tels qu'on les avait rêvés, les cavaliers de Nansout\ , d'Hautpoul, de Kellermann et de Milbaut, qui, à léna, Eylau, Eckmidd, Essling, Wagram et Waterloo, cbargeaient si impétueusement les carrés d'infanterie ; les cavaliers ancêtres glorieux des béros de lleiclisboiren et de Morsbronn.

Après les cuirassiers et les cara- !)iniers, viennent les grenadiers à cbeval de la vieille garde, d'une si majestueuse allure sous leurs bauts bonnets d'oursins à cocarde, et dont Bessières, Ordener, Waltber, l^epic et Guyot avaient fait les cavaliers les plus audacieux, les plus énergiques, des armées de l'Empire. C'est dans une de leurs équipées fameuses, la charge d'Eylau, que Détaille les a représentés. J.epic vient de recevoir l'ordre de contenir les masses d'infanterie russe qui débordent le cimetière. Une batterieouvre le feu contre

HUSSAIU)

ses hommes; sous l'ouragan de fer, quelques-uns se penchent sur l'encolure des chevaux : « Haut les tètes! crie le colonel; la mitraille n'est pas de la m... ; et, il commande la charge. Les grenadiers tombent sur l'infanterie (ju'ils sal)rent, se jettent sur une batterie d'artillerie qu'ils enlèvent ; et, dans leur élan impétueux, vont se perdre au miheu des réser\es. On crie à l^epic de se rendre; il reforme le régiment en colonnes serrées, hii fait tourner l)ri(le; et, les grenadiers re\ lennent a ers les troupes françaises à tel fond de train qu'on ne (hstingue plus les uniformes, et qu'on les accueille à coups de fusil, les prenant pour de la cavalerie ennemie. L'empereur salue, de ces mots et (hi nouveau grade qu'il lui confère, Lepic et ses cavaliers : « Je vous croyais pris, général, et j'en avais une peine très vive. » — « Sire, répondit Lepic, vous n'appi'cndrez jamais que ma mort, » Le soir, en dînant chez l'Kmpereur, Lepic trouva sous sa serviette un titre de comte et une sonune de 5o ooo francs, qu'il fit (hstribuer aux grenadiers.

L'artiste nous montre ensuite ces mêmes dragons, (huis une autre scène plus calme, où l'on a le loisii' d'étu(ner leur uniforme et leur phy sionomie. C'est un petit poste dans une clairière de foret. Les deux caxaliersqui le composent sont descendus de leurs montures; l'un, assis sur un tronc d'arbres coupés, fume paisiblemeut sa pipe; l'autre s'est débaiM'assé de son casque, de sa carabine, et sommcine étemhi dans l'herbe. Napoléon avait ordonné, le 20 prairial an XII, que chaque régiment de (hagons des divisions de Compiègne et d'Amiens comprît deux compagnies à pied, à coté des deux escadrons à cheval; et, plus tard même, au moment de la levée du camp de Boulogne et de l'entrée en campagne du coté de rAllcniagne, il organisa une division de dragons à pied, forte de 7200 hommes, à la tête de laquelle fut mis le général

TROMPETTE DE HUSSARDS ( I 8 l 3)

« LES CAVALIERS DE NAPOLEON » i ',y

(l'infanterie Baragiiay d'Hilliers, division qu'on monta ensuite avec les clievaux pris aux cavaliers prussiens. On voit une compagnie de ces fantassins tiraillant, à l'entrée d'un bois, sous les ordres d'un officier qui, du sabre, leur indique ladirec-

tion. Puis, c'est une « Inspection d'un ' '

escadron du 4" dragons (i8o5: sur le champ

de bataille » ; et une « Charge des dragons ' "

de l'Impératrice, à Saint-Dizier (i8i4) ».

Les chevau-légers polonais de la garde impériale {1808) fournissent le sujet d'une composition pittoresque en même temps que dramatique. Un escadron se prépare à entrer en ligne sur le champ de bataille, d'où reviennent des camarades et des officiers blessés, à qui l'on indique la direction de l'ambulance. Comme dans les gardes d'honneur et les gendarmes d'ordonnance, les simples soldats de ce régiment sont aussi nobles que les officiers, dont le colonel est un comte de Kiasinski, d'une des plus illustres familles de Pologne. Leur uniforme, inspiré des anciens costumes nationaux, présente une haute fantaisie de combinaisons et de couleurs, et met, aux groupes, des silhouettes d'un caractère romantique : kurka bleu de roi, à revers, parements et retroussis cramoisis, avec ornements d'aiguillettes d'argent; pantalon bleu, à bandes cramoisies; schapska cannelé et carré depuis la forme que timbrait un soleil de cuivre portant au centre un N couronné, et agrémenté de chaînettes, de cordonnets et d'un haut plumet blanc. Les chevau-légers polonais ne s'en faisaient pas moins tuer fort crânement, par exemple au défilé de Somo-Sieria, sur la grande route de Burgos à Madrid, dans une charge sous le feu de seize pièces de canon et de la mousqueterie de iSooo hommes. Vient ensuite une « Halte d'un détachement du 3' régiment de chevau-légers-lanciers (i8i3) », régiment formé avec des dragons qui lui donnent leur uniforme, que spécialiseront

iM, DETAIl.LE

simplement un nouveau casqne à chenille sans plumet et la lance à flamme tricolore.

En trois pages superbes, « Escadron du 5" hussards attendant l'ordre de marcher (i8i3), » « Hussards en éclaii"eurs (1809), » « Charge du 12' hussards (1806), » l'artiste a résumé le caractère et la physionomie des merveilleux cavaliers de cette arme, dignes d'être commandés par Murât, Lassalle et Monthrun, qui accomplirent tant de prouesses héroïques, folles d'audace et de fantaisie, et dont l'uniforme brillant et original — pelisse et dolman, haut shako avec plumet, sabretache battant la jambe — était devenu si populaire que tous les cavaliers s'ingéniaient à avoir l'air « hussard ».

Et, la série se termine par les chasseurs à cheval, dont l'histoire, a dit si justement Frédéric Masson, est celle même de Napoléon, d'Arcole à Waterloo. « (juides ou chasseurs — ce qui est la même chose — l'ont accompagné partout; il n'est pas un combat au(juel il a assisté dont ils n'aient pris leur part; il n'est pas une fête à laquelle il se soit rendu où ils ne l'aient escorté. Ils sont de sa vie extérieure, de sa vie militaire, les perpétuels et les nécessaires témoins; et, dans cet empire colossal dont il est le souverain, surtout dans cette armée immense dont il est le chef, c'est cette troupe qu'il se réserve à lui-même, qui est sa chose à lui, dont il entend demeurer personnellement le maître; et de la façon la plus éclatante, il l'afhrme et le proclame puisque, en campagne, il ne porte que son uniforme. » Aussi, dans les cjuatre compositions : « Halte d'une brigade de chasseurs (1809), » « Reconnaissance sous bois par les chasseurs (1809), » « Chasseurs à cheval (1806), » « Escorte de l'Empereur », et « Charge du 10" chasseurs (18 12), » est-on immédiatement frappé des types aux figures fines et intelligentes, à la tenue d'une sévère élégance, qui caractérisent ce corps spécial de haute élite, dont les simples cavaliers sont presque tous décorés de la Couronne de fer, de l'Aigle d'Argent, les maréchaux des logis officiers de la Légion d'honneur.

« J'attribue aux études spéciales nécessitées par l'ouvrage sur l'armée française et aux lectures des ^Mémoires militaires du premier

« LES CAA^VLIEIIS DE NAPOLÉON » i5i

Empire, (jiie j'ai faites sur les éditions originales bien avant que la mode en ait été créée par le succès de Marhot, l'inspiration des tal)leaux tels que la « Soi-tie de la i^arnison d'Huningue », et la suite des « Cavaliers de Napoléon ». Vaut ce qui dans cet ordre de sujets a été exécuté précédemment, le « Cond)at entre les Cosaques et les Gardes d'iionneur », de 1869, mon premier essai dans le genre historique, quand je cherchais ma voie (jue les événements allaient me tracer, et le « Bonaparte en Egypte », de 1878, suggéré par mes stations au Louxrc devant les Gros et les Géricault, c'est-à-dire tout ce qui n'appartient point à une idée d'ensemble, préconçue et longuement méditée, ne sont pouimoi (|ue des essais accidentels, prescpie toujours uialheureux. En lisant ces Mémoires, et surtout le curieux Manuel de cavalerie de Brack, j'ai cherché à m'identifier avec la vie intime du soldat; j'ai cru deviner ce qu'ils faisaient, la tournure qu'ils avaient. J'ai eu cette vision, à force de m'hypnotiser sur ces souvenirs si a ivants de la Révolution et de l'Empire; et j'ai cherché à la rendre dans cette série de tableaux. »

Cette déclaration, pleine de franchise et de netteté, explicpie le caractère et la portée de l'œuvre de Détaille consacré à l'armée française du passé.

LTUIJE DE CHEVAL

Page 1