DONNEES PHYSIOLOGIQUES SUR L'ACTE RESPIRATOIRE
L'étude d’un mouvement inspiratoire forcé nous montre que, sous l’effet des muscles inspirateurs ordinaires ou accessoires (surcostaux, scalenès antérieur et postérieur, petit dentelé inférieur et postérieur, sterno-cléido mastoïdien, grand et petit pectoral, faisceaux costaux du grand dorsal, grand dentelé), les côtes fixées en arrière, sur le rachis, par leur tête et leur tubercule, tournent autour de leurs articulations vertébrales. Elles s'élèvent en portant leur corps en dehors et leur extrémité antérieure en avant et en haut.
Simultanément, le diaphragme, grâce à ses fibres arciformes, prenant point d'appui à leur périphérie et à leur centre, s’abaisse et détermine l’ampliation du cône pulmonaire vers le bas.
Ainsi, par le jeu combiné du diaphragme et des côtes, la cage thoracique s'agrandit dans ses trois diamètres : antéropostérieur, transversal et vertical.
Mais cet abaissement du diaphragme à la façon d’un piston occasionne une légère diminution du volume de la cavité abdominale, une compression des viscères qui y sont contenus et surtout une projection en avant de la paroi abdominale. Les viscères, refoulés vers le bas, arrêtés en arrière par la résistance des corps vertébraux et latéralement par les ailes iliaques, distendent alors la paroi abdominale et l’écartent de sa position d'équilibre. Il s’ensuit une augmentation du périmètre abdominal. Ce phénomène, quoi qu'on en ait
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dit, s’elfectue aussi bien en inspiration forcée.qu'en inspiration calme. Il est à remarquer, en ellet, que le type respiratoire souvent observé et qui consiste de la part du sujet à quion demande de faire une inspiration profonde, à se placer dans une attitude telle que la poitrine est dilatée au maximum avec rétraction de l'abdomen traduit une éducation respiratoire défectueuse et antiphysiologique. Dans ce type respiratoire costal supérieur, le sujet se place d'emblée et simultanément dans l'attitude de l'inspiration et de l’expiration. Et si le volume apparent de la cage thoracique paraît supérieur à celui du type physiologique ou costo-abdominal, les déterminations par la méthode spirométrique des volumes d’air inspirés montre, comme on pouvait le prévoir, que dans la respiration costo-abdominale le volume de l'air inspiré demeure supérieur à celui de la respiration costale supérieure. ù :
Dans l'expiration forcée, le mécanisme inverse se produit. Les diamètres diminuent. Dès que la contraction musculaire, cause agissante de l’inspiration a cessé, les poumons reviennent, grâce à leur élasticité propre, à leur volume initial.
I faut y ajouter un autre facteur qui renforce l’action précédente : c’est le retour passif à sa position première de la cavité abdominale préalablement comprimée. Enfin, dans l'expiration forcée interviennent des actions musculaires actives qui ont pour résultat d’abaisser les côtes et de rétracter la paroi abdominale. Le diaphragme est alors refoulé vers le haut et occupe une position limite supérieure qui réduit au minimum le volume de la cage thoracique”
Il semble donc bien, dans ces conditions, que le volume d'air maximum qui pénètre dans le thorax entre une inspiration forcée et une expiration forcée, c’est-à-dire la capacité vitale ou indice spirométrique du sujet, soit directement en rapport avec les variations des périmètres thoraciques et des périmètres abdominaux, qui traduisent effectivement les modifications des diamètres internes de la cage thoracique dans ses trois dimensions (transversale, antéro-postérieure et verticale).
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Ainsi, nous semble-t-il, la fonction respiratoire dépend des ampliations respectives du périmètre thoracique et abdominal. La grandeur de ces amplitudes marque un rapport étroit entre elles et également avec la capaçité vitale.
C'est pourquoi toutes les fois qu’une lésion interne ou externe, qu'un obstacle mécanique ou pathologique empêche le fonctionnement normal de l'acte respiratoire tel que nous l'avons précisé, on notera des variations de la capacité vitale. Ainsi, chez les emphysémateux, au thorax globuleux et aux alvéoles distendues, la capacité vitale diminue notablement au dépens de l’air résidual qui augmente. Il en est de même chez les cardiaques dont le déplissement alvéolaire est fortement entravé par la congestion des poumons et qui accusent par suite un abaissement de leur capacité vitale. Chez eux, avec cet abaissement s’observe une diminution de l’air résidual. Le tuberculeux a une capacité vitale amoindrie; tous les auteurs sont d'accord sur ce point. Certains font même de la réduction de volume spirométrique un signe de dépistage des états prétuberculeux. D'autre part, Bendoye met en parallèle la diminution de la capacité vitale et l’extension.des lésions infiltratives ou destructives.
Pour la même raison, l’inertie de la. paroi abdominale entraîne une réduction de la capacité vitale. Laniez a étudié et confirmé ce phénomène chez les ptosiques, les hernieux, les « ventres chiffons ». Agit de même, la perte de la tonicité et de l’élasticité de la sangle abdominale chez les obèses et les individus à paroi contracturée. Nous avons eu l’occasion d’en voir de nombreux exemples sur des sujets du Docteur Loubatié. Enfin les obstacles intérieurs ou extérieurs au libre jeu du diaphragme : corsets, ceintures, tumeurs du foie, de la rate, de l'utérus, etc., entraînent également une déficience de la fonction respiratoire et de la valeur spirométrique.
Dans la maladie de Basedow, on a démontré qu'à une « augmentation du métabolisme basal s’allie une diminution considérable des valeurs de capacité vitale, phénomène