CONSIDÉRATIONS PRÉLIMINAIRES
Les affections inflammatoires et les affections bilieuses constituent deux classes importantes parmi les modifications morbides qui peuvent survenir dans le système vivant.
Fréquentes toutes deux , mais dans des circonstances différentes ; remarquables toutes deux par des symptômes tranchés, mais contraires ; provoquant des accidents variés , mais dissemblables ; nécessitant toutes deux un traitement qui doit être parfois très-actif, mais qui est tout opposé; ces deux espèces d’affections ne présentent au
premier abord qu’oppositions et contrastes ; on les croirait antagonistes, et l’on serait tenté de les éloigner l’une de l’autre et de repousser l’idée dJune alliance possible entre elles.
Il n’en est point cependant ainsi ; la nature présente rarement de ces oppositions complètes. Elle n’est pas brusque dans ses allures et ne procède pas par saccades heurtées , mais^ elle marche progressivement et par gradations successives. Presque toujours, entre les faits les plus disparates , elle en place d’intermédiaires pour servir de liens et pour établir un passage entre les uns et les autres.
Aussi, à côté des dissemblances nombreuses qu’il est facile de noter entre les affections inflammatoires et bilieuses, trouvet-on sans peine des points de contact , des rapports importants. Bien plus , il est facile de voir ces affections s’unir sur le même individu, mélanger leurs symptômes, suivre simultanément leurs périodes , s’influencer mutuellement et présenter ainsi un nouveau type morbide , résultat de l’union de deux éléments primitifs et simples.
Les affections inflammatoires et bilieuses considérées isolément sont loin de se présenter toujours elles-mêmes à l’état de simplicité ; leurs manifestations sont complexes, elles s’unissent à des affections d’autre nature ; et , par conséquent , leur étude comparée serait confuse, incohérente, obscure, s’il n’était possible d’adopter un ordre qui permette de marcher du simple au composé.
Je juge donc utile d’étudier les affections inflammatoire et bilieuse , d’abord dans leur état de simplicité et d’essentialité ; ensuite dans leur existence conjointement avec des lésions d’organes dont elles peuvent être la cause ou l’effet ; enfin , dans leurs complications avec d’autres affections.
De là une première division naturelle du sujet :
1° Affection inflammatoire et affection bilieuse simple (1) ;
(t) Pour éviter toute confusion dans les termes, j’emploierai indistinctement les mots affection et état morbide , qui auront pour moi la même signification ; il en sera de même pour les mots maladie et acte morbide . Ces mots la fièvre seront synonymes de mouvement fébrile ; tandis que ceux-ci une fièvre ou les fièvres indiqueront une espèce d’état morbide dont je donnerai plus loin la défini-
2° Affection inflammatoire et affection bilieuse avec lésions matérielles;
3° Affection inflammatoire et affection bilieuse réunies à d’autres affections.
Il s’agit donc de déterminer les rapports qui peuvent exister entre ces diverses espèces
des affections inflammatoire et bilieuse , et
d’apprécier l’influence qu’elles exercent les unes sur les autres.
Or, le mot rapport signifie-t-il seulement ici rapport de coexistence de ces deux affections ; ou bien faut-il le prendre dans un sens plus étendu, établir une comparaison de ces deux états morbides , et déterminer les ressemblances qu’ils offrent et par conséquent les différences qui les séparent?
Je suis d’autant plus porté à prendre ce dernier parti , que cette comparaison sera un préliminaire très-convenable à l’étude de l’influence qu’exercent, l’un sur l’autre , ces deux états morbides, lorsqu’ils coexistent.
tion , et dans lequel on constate un mouvement fébrile qui n’est pas le résultat d’une réaction. — On comprendra dès-lors facilement les différences qu’il faut établir entre ces mots : affection ou état bilieux, — fièvre bilieuse , — maladie bilieuse avec ou sans fièvre.
( Il )