DU 18 317,0 4,37 20 193,7 2,9 PC
D Al 18 289,5 3,99 19 175,9 2,66
Les résultats de cette seconde série sont indiqués dans le tableau 6. On voit que, cette fois, les résultats des tubes 2, 3 et 4 sont très voisins. L'inactivation des milieux par là levure et les larves est plus faible que dans la première série, ce qui confirme que la levure, en tant qu'aliment, avait masqué en partie les faits. D'autre part, les larves issues du tube 6 ont donné des mouches dont l'œil a subi une modification du même ordre que celle des mouches laissées tout le temps sur le même milieu. Par conséquent, le fait de fournir un extrait neuf à des larves de 4o heures ne leur permet pas d'en profiter si, jusque-là, elles ont déjà été en présence d'extrait.
Les conclusions suivantes peuvent donc être tirées : $
1) Il y a une légère inactivation du milieu par la levure et les larves, mais elle ne suffit pas à expliquer la différence entre larves de 0 heure et larves de 4o heures. .
2) Il existe un phénomène d’insensibilisation des larves par l'extrait fourni aux stades jeunes du développement. Cette insensibilisation a un effet beaucoup plus intense que l’inactivation des milieux d'élevage.
3) Si on adopte ces deux conclusions, on comprend pourquoi
— des larves de 4o heures mises en présence de milieu inactivé ont moins de facettes que celles mises sur du milieu neuf,
— des larves de o heure mises en présence de milieu inactivé ont plus de facettes que celles mises sur du milieu neuf; dans ce cas, le milieu, étant moins actif, agit moins violemment sur les larves, et celles-ci subissent une insensibilisation plus faible.
- Il paraît donc probable que l’insensibilisation des larves est, en quelque sorte, proportionnelle à la quantité d'extrait qu’elles auront ingéré pendant les premiers stades de leur développement. Cette quantité peut être modifiée de deux façons différentes : d’une part en employant des milieux plus ou moins concentrés en extrait, d'autre part en exposant les larves à insensibiliser pendant un temps plus ou moins long. |
Influence de la concentration en extrait sur le degré d'insensibilisation. — Un certain nombre de larves de o heure sont placées sur du milieu contenant du glucose et des concentrations croissantes d’extrait, échelonnées de 0,3 0/0 à 10 0/0. Au bout de 4o heures, la moitié de chacun des lots ainsi constitués est repiquée sur du milieu contenant invariablement 10 0/0 d'extrait, et laissée telle quelle jusqu’à l'éclosion des mouches. Le tableau 7 et la figure 9 donnent les résultats obtenus. On voit, d’une part, que l’action de l'extrait sur les larves laissées durant tout leur développement sur le même milieu est proportionnelle à sa concentration (courbe 1 des mâles et des femelles) fait que j'étudierai en détail plus loin; et, d'autre part, que la taille de l’œil des mouches issues de larves repiquées à 4o heures sur l'extrait à 10 o/o est d'autant plus grande que le milieu a été moins concentré en extrait pendant les 4o premières heures (courbe 2).
Pour une concentration de 6,7 o/o, le maximum d’insensibilisation est presque atteint, puisque des larves élevées de o à 4o heures sur un tel milieu ne subissent, par la suite, qu’une augmentation très faible quand elles sont en présence d’une concentration de 10 0/0.
TABLEAU 7 ——————————— EE ZE —— —]—]— — ———— SO O9 deoh de 4o h £. ÿ ; AT Ta à 4o h à la Pup n m n m 0,3 0/0 0,3 o/o 19 68,0 26 55,5 0,3 0/0 10,0 0/0 18 | 153,0 12 105,0 1,6 0/0 1,3 0/0 27 83,3 22 68,1 1,6 o/o 10,0 0/0 15 133,4 20 98,0 DÉTECTE ee PAL eee AR RE nn 3,3 olo 3,3 o/0 18 94,8 25 76,7 3,3 0/0 10,0 0/0 10 126,1 26 93,1 A ———————— —— 6,7 0/0 6,7 0/0 15 124,4 18 93,4 6/2 0/0 | 10,0 0/0 12 128,1 17 89,8 HE TT DRE ME Te Te ER 10,0 0/0 | 10,0 0/0 | 23 | 138,5 | 23 | 99,9
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Fig. 9. — Courbes 1 : nombre de facettes des larves de o heure en fonction de la concentration en extrait. Courbes 2 : nombre de facettes des larves insensibilisées par l’extrait en fonction de la concentration en extrait ingéré pendant la période sensible.
Influence da temps d'exposition à l'extrait sur le degré d'insensibilisalion. — Ici, on modifie la quantité d'extrait ingéré, non pas en agissant sur la concentration de celui-ci, mais en laissant les larves en sa présence pendant des temps plus ou moins longs. Un certain nombre de larves sont mises à o heure sur du milieu à 10 o/o d’extrait, et, toutes les 10 heures, on en prélève un lot que l’on repique sur du milieu standard.
Puis, quand tous les lots prélevés et le lot témoin restant ont atteint Lo heures, on les repique de nouveau tous sur du milieu à 10 o/o d'extrait. Le tableau 8 montre que, dans ce cas, l'interprétation des résultats est moins simple. En effet, les larves laissées seulement de o à 10 heures donnent des mouches dont les yeux sont de même taille que ceux des mouches dont les larves ne furent transférées sur l’extrait qu’au début de la période de sensibilité : c'est donc que les dix premières heures n’ont pas été suffisantes pour les insensibiliser. Mais si on double ce temps, c’est-à-dire si le temps d'exposition dure de o à 20 heures, l’insensibilisation est déjà aussi forte que pour des temps supérieurs tels que de o à 30 heures, ou de o à 4o heures.
Durée du séjour
sur du milieu g'ot avec extrait | sans extrait | avec extrait n m Tube 1 o h. à 4oh. | 4o h. à 96 h. 18 269,9 Tube 2 o h. à 96 h. 46 174,1 Tube 3 oh.à 1oh. | 10 h. à 4o h. | 4o h. à g6 h. 1808 265,1 Tube 4 o h. à 20 h. | 20 h. à 4o h. | 4o h. à 96 h. 182: 174,3 Tube 5 o h. à 30 h. | 30 h. à 4o h. | 4o h. à 96 h. 19 202,2 Tube 6 0 h. à 40 h. ho h. à 96 h. 35 171,6
Je rappellerai, à ce sujet, que l’examen des figures 3 et 4 montre que, là aussi, il faut un temps minimum de 20 heures pour que l’insensibilisation soit totale.
De ces deux séries d'expériences, on peut conclure que l’insensibilisation est proportionnelle à la quantité d'extrait ingéré pendant les 40 premières heures du développement, mais que cette insensibilisation ne doit, pour être complète, ni avoir lieu trop longtemps avant le début de la période sensible, ni être de trop courte durée.
L’explication qui vient immédiatement à l'esprit pour interpréter ces phénomènes est celle qui consiste à admettre que cette insensibilisation se fait par l'intermédiaire d’une fraction insensibilisante, présente dans l'extrait, ou produite par les larves réagissant à l'extrait aux premiers stades de leur développement. Ce principe se trouverait en d'autant plus grande quantité qu'il y aurait plus d'extrait ingéré. Les chiffres du tube 3 du tableau 8 s’expliqueraient alors de plusieurs façons : ou le temps de 10 heures d’exposition à l'extrait serait trop faible, ou les larves ne seraient pas encore capables de réagir à ce stade, ou, enfin, le principe, une fois produit, ne se conserverait pas jusqu’au stade de 4o heures, début de la période de sensi- IT
Si l’on admet la présence de cette fraction insensibilisante, on doit penser qu’elle est ingérée ou formée durant les 4o premières heures du développement des larves, et qu’elle agit ensuite, durant la période de sensibilité, pour inhiber l'effet de l'extrait. Elle doit donc se trouver dans les larves élevées de o à 4o heures sur l'extrait, et peut-être est-il possible de la mettre en évidence à la fin de cette période.
On essaiera, tout d’abord, de voir si l’on peut inhiber l’action de l’extrait en le mélangeant avec des larves contenant la fraction. Puis on agira directement sur les larves, en les insensibilisant par injection, avant de les soumettre à l'extrait.
‘Action des larves insensibilisées sur l'extrait. — On mélange une bouillie de larves possédant la fraction à du milieu contenant l'extrait, pour voir si celui-ci continue à être actif. Pour cela, des larves sont transférées, quand elles sont âgées de o heure, sur du milieu I contenant 5 0/0 de glucose et 10 0/0 d'extrait. Quarante heures après, elles sont sorties, lavées, écrasées avec du sable, et incorporées à un milieu identique; sur le mélange ainsi obtenu, on place des larves de 4o heures également mais élevées jusque-là sur le milieu standard. Parallèlement, on prépare un second tube, contenant de l'extrait et des larves écrasées quand elles ont passé 4o heures sur du milieu standard, puis un troisième tube ne contenant que de l'extrait.
Les mouches mâles issues de ces trois lots de larvès ont des yeux dont la taille est respectivement :
Extrait + larves élevées sur l'extrait : 198,8 facettes.
Extrait + larves élevées sur milieu standard : 195,4 facettes.
Extrait seul : 203,4 facettes.
Le milieu n’a donc subi aucune modification, et son activité n'est pas inhibée par la présence de larves insensibilisées. On pourrait penser que le jus de ces larves n’a pas été assez longtemps en contact avec l'extrait pour
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