‹ Déterminisme et responsabilitéChapitre 10 sur 25 · PRÉFACE XI · texte numérisé non relu

PRÉFACE XI

beaucoup le plus nombreux. Son étude vient modifier quasi complètement la criminologie scientifique, surtout en ce qui concerne le facteur individuel.

Relativement à la responsabilité, à la pénologie, parmi les adeptes ou les émules de l'école lombrosienne, aucun n'a été logiquement jusqu'au bout de la doctrine ; tandis que certains maintenaient encore la responsabilité, tout en rejetant le libre arbitre, d'autres gardaient la terminologie sans lui conserver son sens, et ils n'osaient l'affirmer. Et cela les induisait en multiples erreurs. Au lieu de parler de réactivité sociale, de traitement et de thérapeutique du crime, ils s'en tenaient toujours aux peines, aux châtiments, à la répression empirique. Et cela perpétuait les idées fausses.

La vue de ces diverses lacunes de la criminologie scientifique a fait naître en nous l'idée de les combler. Il nous a paru qu'un traité logique de criminologie serait bien accepté du public que ces questions intéressent. Pour le rédiger, il importait d'être assez objectif, assez dépourvu de préjugés pour étudier la criminologie et conclure avec autant d'indifférence et de froideur que «i l'on étudiait l'histologie, la bactériologie. Il fallait de plus ou que l'on fût dans une situa-

XH PRÉFACE

tion indépendante ou que Ton eût un caractère très indépendant pour que, en dépit des inconvénients, on exprimât librement la vérité scientifique sans souci de choquer l'opinion, sans finalité sociale préconçue.

Nous croyons qu'un fonctionnaire de quelque ordre que ce soit, par exemple un professeur soit d'une faculté de médecine, soit d'une faculté de droit, ne remplit point les conditions nécessaires pour écrire ce traité complet de criminologie. Il serait dans l'obligation de laisser dans l'ombre toute une série de criminels, et non des moins intéressants, par exemple dans les criminalités politique et professionnelle.

Bien que fort pauvre, il nous a paru que nous possédions l'indépendance requise. En même temps il nous a semblé que nous étions suffisamment dépourvu de préjugés, que nous avons l'esprit assez objectif — les critiques de nos précédents travaux en témoignent — pour entreprendre l'étude du crime et des criminels en faisant table rase des idées préconçues, des opinions régnantes. Encore que nous pensions ainsi, nous hésitâmes longtemps. L'œuvre nous apparaissait trop grande, trop lourde pour nous. Nous nous jugions trop faible pour l'entreprendre. La confiance nous manquait, bien qu'un savant, un haut

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