SCÈNE XIV
MADEMOISELLE TRUCHOT, PIERRETTE*.
MADEMOISELLE TRUCHOT, reparaissant avec mystère.
Pierrette !
PIERRETTE, qui la suit.
Mademoiselle?...
MADEMOISELLE TRUCHOT.
Ali!... Pierrette... je suis au désespoir!... cet homme est un bandit... un assassin... Eh bienltu me croiras... situ veux... je l’aime. . nonobstant...
PIERRETTE
Vous l J aimez?..
MADEMOISELLE TRUCHOT.
On sait toujours gré à un homme, quel qu’il soit, d’avoir voulu vous compromettre...
PIERRETTE
Quoi!., vous aimez cet homme... qui tout à l’heure, quand il s’est agi de vous, a répondu : Prout!..
MADEMOISELLE TRUCHOT.
Ah ! ce mot-ià... ne partait pas du cœur... et s’il gémit sous les verrous, c’est ta faute... pourquoi as-tu crié?
PIERRETTE
Vous en parlez à votre aise; on voit bien que vous n’avez jamais été assassinée...
MADEMOISELLE TRUCHOT.
J’ai été enlevée... ça me suffit... Aussi, Pierrette... vois-tu, j’ai résolu une chose... je veux le sauver, le sauver à tout prix...
PIERRETTE
Grands dieux ! .
MADEMOISELLE TRUCHOT.
Et tu vas m’aider à lui rendre sa liberté...
PIERRETTE
Moi !.. (a part.) Mais elle est folle !
MADEMOISELLE TRUCHOT.
Voici mon petit plan .. Tu sais que pour veiller au service de la maison, mon frère exige que j’aie toujours avec moi une double clef des appartements (Elle désigne la porte de gauche.) Tu ra’en-
* Madem. T, P.
tends?... Toi... tu vas t’arranger de façon à éloigner Lichmann d'ici...
PIERRETTE
Mais...
MADEMOISELLE TRUCHOT.
H le faut... je le veux!.. Fais-lui manger de la choucroute, chante-lui des tyroliennes, et il est à nous.
PIERRETTE
Allons !.. (a pari.) Ce que c’est que les vieilles... quand elles trouvent un amoureux... elles s’y cramponnent...
MADEMOISELLE TRUCHOT.
Pierrette... je brûle d’impatience... je bous...
PIERRETTE, écoutant.
Je l’entends !.. je vais essayer.
MADEMOISELLE TRUCHOT.
Moi, je vais briser les fers de cet adorable coquin.
ENSEMBLE
Air : Valse du petit François (de Beau plan).
MADEMOISELLE TRUCHOT.
T ii vas t’en aller Tu vas l’eugeoler.
PIERRETTE
Comment?
MADEMOISELLE TRUCHOT.
Cela te regarde !
Moi je veux aussi Le sauver ici.
Le Dieu d’amour me regarde,
Et je me mets sous sa garde!
PIERRETTE
. Obéissons,
Obéissons
Et cliautons notre tyrolienne,
Et qu’à ma voix.
Comme autrefois De nos amours il se souvienne !
Tra la la la.
LICUMANN, en dehors.
Ah! qu’est-c’ que j’entends ISTl.
PIERRETTE
Tra la la la la...
LICHMANN.
Ce signal !.. c’est bien ça!
PIERRETTE
Tra la la la la...
LICHMANN.
Je sens déjà La rhoucrout’ par la !..
M.un’seir, me voilà !