‹ Dettes de cœur piece en cinq actes, en proseChapitre 10 sur 132 · CH AU DR A Y · texte numérisé non relu

CH AU DR A Y

J’espère que non, princesse.

LA BARONNE, à Chaudraj.

Ah ! vous ne savez pas !

Comme c’est inquiétant les préambules !

LA BARONNE

Caliste a raison. Dites-lui donc tout de suite qu’il s’agit de monsieur Novratzin.

A votre gêne, j’aurais dû m’en douter.

Voyons, ma chère princesse, je suis votre vieil ami à tous deux. Permettez-moi de vous parler à cœur ouvert...

DETTES DE CŒUR

Voyons. Cette grosse brouille, est-ce qu’elle sera éternelle? est-ce que tant de glace ne vous pèse pas un peu?

Pourquoi, cher monsieur Chaudray ?

CHAUDRAY.

Le temps passe, les esprits s’aigrissent... Vous ne voudriez pas qu’on vous accusât?...

CALISTE , assise.

Qui donc m'accuserait?... (La Baronne s’assied.)

CHAUDRAY.

Mais, Novratzin tout le premier... Je le connais, il est excellent au fond, mais le dépit pourrait le pousser à... Enfin, à tout péché miséricorde... Et si l'on vous assurait de ses regrets, de ses bonnes intentions, de scs

De ses remords?...

CHAUDRAY.

Princesse, voilà qui est dur !

CALISTE, se levant.

Quand notre empereur, dont j’étais la pupille, me commanda d’épouser, à dix-neuf ans, M. le prince Novratzin, qui en avait quarante, il n’offrit peut-être pas à mon mari une héritière aussi riche que lui, mais il lui donna une jeune fille belle, selon les uns; douce et bien élevée, au dire des autres; pour tout le monde, noble et irrépro-

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