‹ Dettes de cœur piece en cinq actes, en proseChapitre 100 sur 132 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

HENRI, relisant ce qu’il rient d'écrire.

«Oui, mon cher père, après six jours de voyage, me voie à Bochnia, dans une masure, appelée ici palais, que mon guide a louée pour moi à quelques pas du camp d’observation commandé par M. de Würgen. Je viens d’envoyer au

comte ma carte, et une demande d’audience. J’ai hâte d’en *

finir, et d’aller te reprendre le trésor que tu me gardes. Ce trésor, faut-il te l’avouer? avant mon départ, je ne l’appréciais pas encore, j’en étais trop près : le temps et la distance lui ont restitué sa valeur. Pendant le chemin, je me rappelais Lucienne et le charme de sa jeunesse, et sa touchante persévérance à m’aimer. Cette douce image ne m’a pas quitté; j’ai fait, grâce à elle, un voyage délicieux. J’étais parti décidé à aimer ma fiancée, j’arrive l’aimant avec idolâtrie, avec une raison profonde, inébranlable, comme on aime l’inséparable compagne de ses misères et de ses joies, comme on aime sa femme. Dis bien à Lucienne que jamais la vie ne m’a été si

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