‹ Dettes de cœur piece en cinq actes, en proseChapitre 124 sur 132 · ACTE V · texte numérisé non relu

ACTE V

DE BIERGES.

Mais tu dis qu’elle peut venir par les jardins... Je ne voudrais pas la rencontrer tout de suite avant de t’avoir parlé.

HENRI

Ne crains rien. Elle a eu la délicatesse, sachant ton arrivée prochaine, de ne pas même se trouver chez elle. Elle est partie hier pour Milan.

DE BIERGES.

Ah!

Oui, je l’ai conduite jusqu’à Côme... de l'autre côté du lac... Elle va faire une démarche auprès de l’archiduc dans le but de prévenir la confiscation des propriétés qu’elle a en Autriche. Elle sait bien qu’elle ne réussira pas... mais, je te le répète, c’est un prétexte délicat de sa part pour nous laisser seuls et libres. Elle ne doit pas revenir avant aprèsdemain ou demain soir, au plus tôt... Tu peux être tranquille... tu peux être sincère.

D E BIERGES.

A quoi bon?... Ne m’as-tu pas écrit que ta résolution était prise?

HENRI

Irrévocablement... c’est vrai.

DE BIERGES.

Eh bien! alors?

ICS

HENRI

Tu connais jusqu’aux moindres circonstances. Je t’ai tout dit. En présence de ce qui m’arrivait, je n'avais pas deux partis à prendre.

DE BIERGES.

C’est ton avis.

N'est-ce pas le tien?

DE BIERGES.

Je trouverais quelques arguments valables si nous étions à Paris, au lieu d’être à Côme. Pourquoi n'es-tu pas venu m’annoncer cela à Paris toi-même ?

HENRI

Parce qu'il est inutile de discuter lorsqu'on ne peut pas se laisser convaincre. D’ailleurs, mon père, avoue de bonne foi qu’il n’y a pas à discuter pour un honnête homme. Je frémis encore à l’idée des malheurs qui pouvaient résulter d’une simple hésitation.

DF. BIERGES.

Si cependant, lorsque cette dame est devenue veuve, lu te fusses trouvé dans l’impossibilité de l’épouser... si tu eusses été marié toi-même?... Cela pouvait arriver, mon chei Henri... il s’en est fallu d’un mois au plus. Un autre père que moi ne t'eût pas laissé partir avant ce mariage.

HENRI

Oui, mais je ne suis pas marié. C’est une question de destinée, mon cher père.

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