‹ Dettes de cœur piece en cinq actes, en proseChapitre 19 sur 132 · LA BARONNE, LUCIENNE · texte numérisé non relu

LA BARONNE, LUCIENNE

LA BARONNE, s'empressant d’aller au-devant de Lucienne.

Bonsoir, chère belle. Où est donc votre mère?

LUCIENNE

Dans l'autre salon avec M. Chaudray. Je me suis échappée un instant pour vous dire un mot.

LA BARONNE

Comme vous voilà émue !... Du calme... il n’estpas encore arrivé; mais le père est là, tenez... c'est cette tête blanche... voyez-vous, à la table de jeu?

LUCIENNE

Oui, je vois... ah ! (souriant.) Très-bien.

LA BARONNE

Voilà un bon commencement.

LUCIENNE

Vous n'avez pas pris mauvaise opinion de moi, n’est-ce pas? vous ne me trouvez pas trop hardie de songer ainsi...

LA BARONNE

A vous marier ? Chère Lucienne, mais c’est le droit de toute charmante fille comme vous.

LUCIEN NE

Je ne suis pas une jeune fille,madame, mais le chef d’une famille, qui n’a que moi pour guide et pour appui. Ma

DETTES DE CŒUR

pauvre mère... son esprit décline tous les jours, c'est un enfant ; mon frère ne comprend pas encore la responsabilité d’un nom comme celui de notre père. Et puis, quelle lourde fortune, quelle lourde tâche, à mon âge ! 11 ne faudrait pas m’en vouloir si j’ai trop de raison, madame ; quoi que je fasse je n’en aurai jamais assez.

LA BARONNE

Vous savez ce que je vous ai dit de ce jeune homme , Lucienne... pour le cœur, pour la loyauté, j’en réponds Quant à sa personne et à son esprit, c’est une affaire de goût, cela vous regarde. Je vais l’attirer près de moi... Ouvrez les yeux et les oreilles.

LUCIENNE

Le père me plaît, je sens que je pourrais l’aimer.

FI R M I N, annonçant.

Monsieur le major comte de Würgen ! madame la comtesse Gorthiany !

La BARONNE.

Electre et Oreste! (a Lucienne.) Ne me quittez pas! nous allons voir votre mère (Saluant la Comtesse.) Comtesse! (Saluant le Comte.) Monsieur le comte ! ( Elles rentrent dam le talon du fond.)

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