‹ Dettes de cœur piece en cinq actes, en proseChapitre 4 sur 132 · ACTE I · texte numérisé non relu

ACTE I

DE BIERGES.

Bonsoir, baron.

CHAUDRAY, «'approchant.

Tiens, de Bierges. Quelle heure est-il donc ?

LA BARONNE

Dites-lui tout de suite qu’il vous gêne.

CHAUDRAY.

Eh ! non, non... 11 sait bien que non... Je le trouve trèsexact, voilà tout.

Un conseiller à la cour des comptes... Écoutez, mon cher ami, nous avons à causer ensemble, monsieur de Bierges et moi.

DE BIERGES.

Oui, baronne; mais Chaudray a l’air d’avoir à causer avec vous.

CHAUDRAY.

Un mot seulement. (Mouvement de de Biergei). Non, restez, restez, je puis bien dire cela devant vous, vous n’irez pas le répéter.

LA BARONNE

C’est un secret, je parie.

CHAUDRAY, les prenant tous deux.

Figurez-vous...

LA BARONNE

Voilà bien mon mari, ce savant pour qui la nature n’a pas de secrets.

DE BIERGES.

Il est comme la nature.

Quelle figure renversée !

CHAüDRAY.

Je le crois bien. Vous connaissez Novratzin, mon ami Novratzin ?

DE BIERGES.

Le prince russe ! Le mari de votre belle hôtesse !

CHAÜDRAY.

Oui. — Eh bien ! je sortais tantôt de l’Institut, où j’ai lu un assez joli rapport sur les infusoires des vases marines... très-grand succès... je me heurte... j’ai la vue si basse.., je me heurte à quelqu'un qui passait... Je m'excuse, je regarde, c’était Novratzin ! — J’avais déjà les bras ouverts, — pas du tout. — Le prince me salue, tout au plus, et continue son chemin. Je cours à lui, stupéfait: Vous à Paris! Vous ne me reconnaissez donc pas? — Parfaitement, baron, me dit-il; mais vous êtes beaucoup trop l’ami de la princesse pour être en même temps le mien. Elle loge chez vous, et comme sa conduite peut me forcer un jour ou l’autre à prendre certaines mesures, je tiens à garder mes droits intacts. Je préfère la neutralité. — Avant que j’eusse trouvé une syllabe à répondre, sa voiture était partie... Eh bien?

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