ACTE I
chant votre monsieur Fresnoy,quand Chaudray, l’homme aux idées, l’ami de tous les princes et princesses du Septentrion, m'a inspiré de lui offrir cet appartement à l’extrémité de l’hôtel ; et elle a accepté, Dieu sait a\ ec quelle joie. C’est petit, mais convenable.. . Elle a sa chambre là... son entrée à elle sur la rue Trudon; et son salon que vous voyez n’est pas trop mal... Enfin, où avez-vous déterré ce maudit architecte-là ?
DE BIERGES.
Mais, ma chère baronne, c’était donc pour me gronder que vous m’avez écrit d'arriver de si bonne heure, et sans
mon fils ?... (Entre Zdenko, qui se dirige vers l'appariement de la Princesse.)
Ah ! voilà Zdenko ?
DE BIERGES.
Qu’esl-ce que Zdenko?
LA BARONNE
Le mougikde la princesse, l’homme de confiance qui l’accompagne dans tous ses voyages. Nous allons pouvoir causer à l’aise,et peut-être ne regretterez vous pas les dix minutes que je vous prends... Ah ! mon ami, Chaudray prétend que je manque de mémoire, je vais vous prouver que j’en ai.
DE BI E R GES, le rapprochant.
Comment prétendez- vous me prouver cela, baronne ?
LA BARONNE
Je me souviens d'avoir été une veuve triste et seule, une marchande occupée du matin au soir à entasser beaucoup d’écus dans un comptoir. Aujourd’hui, la veuve est mariée au meilleur des hommes, la marchande est baronne... Je n’avais que de l’argent, j’ai aujourd'hui la gloire de mon mari... le savant le plus décoré de toute l’Europe. Un mari de l’Institut et un salon, c’était mon rêve, il est réalisé. A qui dois-je tout cela, sinon à vous, mon vieil ami, qui m’avez fait épouser le baron Chaudray ?
DE B1ERGES.
Je connaissais un homme sans défauts et une femme parfaite, je me suis dépêché de les marier pour la gloire du genre humain.
Je ne m’en tiendrai pas à des remereîments, je rendrai à votre 01s Henri tout le bonheur que- je tiens de vous. J’ai voulu vous voir avant le retour de Chaudray ; il est si rêveur, qu’il nous trahirait à la première occasion. Nous sommes seuls, je commence... Ah! mon Dieu, non, voici Chaudray !