‹ Dettes de cœur piece en cinq actes, en proseChapitre 48 sur 132 · ACTE II · texte numérisé non relu

ACTE II

HENRI

Et vous lui faites un crime d’avoir préféré la France à la Russie, comme si une femme était un soldat pour sa cause! et à moi, vous me faites un crime d’aimer une femme qui choisit ma patrie par amour pour moi !

DE BIERGES.

Mais ce n’est pas pour toi, malheureux. Cette femme n’a pas même l’excuse de la passion ou du vice ; elle est venue en France à la solde du gouvernement qui nous fait la guerre; elle y reste, elle s’y cache pour gagner ses gages !

HENRI, bondissant.

Mon père, prends garde ! oh ! prends garde ! mon père ! Je n’ai jamais douté de toi , je t’ai aimé , adoré , vénéré comme le plus loyal, le plus courageux, le plus généreux des hommes; eh bien, autant je croyais en toi, autant je crois en cette femme, et je réponds d’elle. Répéteras-tu ce que tu as dit ?

DE BIERGES.

Oui.

HENRI

Tu le prouveras alors. Car si tu ne prouvais pas, si, acceptant une pareille calomnie, tu espérais seulement me détacher d’un lien qui te gêne, oh! tu ne serais plus l’homme sans tache que j'ai respecté, le père que j'ai adore, tu me ferais rougir, tu me ferais haïr, je ne pourrais plus te revoir, et nous serions à jamais séparés. Répéteras-tu ce que tu as dit ?

DETTES DE CŒUR

DE B IER(i ES.

Devant elle.

Page 1