ACTE II
cause de départ... et à un prix... un vrai cadeau! Entrmsnous dans la maison ?
LUCIENNE
Mais il serait bon de préveuir. (Le Notaire frappe.) Personne! . (Le Notaire frappe encore.) Un véritable château enchanté... C'est habité cependant, m’avez- vous dit?
LE NOTAIRE
Oui, mademoisc le.
Par qui, monsieur? savez-vous?
LE NOTAIRE
Une madame Deslauriers.
LUCIENNE
Qui part? Quelle femme est-ce?
LE NOTAIRE
C'est une cliente de l’étude; mon prédécesseur la connaît certainement; mais moi, qui n’ai acheté que depuis deux mois, je ne connais pas encore ma clientèle.
LUCIENNE
On ne répond pas... Retournons.
LE NOTAIRE
Mais non, mais non, mademoiselle; une maison à vendre, cela se visite sans indiscrétion. D’ailleurs, je suis le notaire, et nous avons nos privilèges, nous, comme les médecins. Entrons, (n pousse la porte.) C -ci est un boudoir... il me
DETTES DE CŒUR
semble... style Louis XIV ou Louis XV. Un peu sévère, un peu sévère.
Un tombeau, monsieur! Je ne sais pas pourquoi, mais je me sens toute consternée. Êtes-vous bien sûr qu’on puisse respirer ici?
LE NOTAIRE
Je suis sûr que l'on y vit avec un peu de mystère, par exemple : je crois bien qu’on se cache un peu.
LUCIENNE
On se cache beaucoup... Il n'y a âme qui vive.
LE NOTAIRE, apercevant le chapeau d'Henri, se dirige vert la table où sont le chapeau et la cravache.
Ah! permettez! Voici un vestige de la présence de l'homme, (n rit.)
LUCIENNE, montrant la cravache.
Et, à côté, un indice de la présence du cheval.
LE NOTAIRE. Il rit.
C’est Yrai! (litant «ur le pommeau de la cravache.) H. B. LUCIENNE, ae retournant.
D. Deslauriers.
LE NOTAIRE
Ah ! mademoiselle, D signifierait madame, mais B peut représenter monsieur, il y a beaucoup de ménages qui marquent à deux lettres (il rit et lui tend ta cravache.)