ACTE III
Eh bien! silence et obéissance... (a Ro«e.) Mon enfant, voulez-vous nous annoncer?
ROSE
On habille madame... madame sait que madame l'amirale se lève tard.
DE B1ERGES.
Madame l'amiralc habite cette maison ?
LA BARONNE, à de Bierge».
Madame l’amirale Dampmesnil, oui. (a Ro»e.) Et mademoiselle?
ROSE
Mademoiselle est allée jusqu'à l’école des Sœurs... elle va rentrer.
LA BARONNE
Par où ?... nous irons au-devant d’elle.
ROSE
Très-bien, madame la baronne; mademoiselle peut rentrer par trois endroits différents : si elle prend par le village, elle rentrera par la grande porte; si elle passe par chez monsieur le cuié, elle suivra le sentier à droite; si, au contraire...
LA BARONN E.
C’est trop compliqué pour nous, Rose; n’est ce pas, de Bierges? Nous allons attendre tout tranquillement en nous
promenant, je vous ferai voir l’Eldorado de ma petite Lucienne.
DE BIERGES.
Ah! baronne! vous m’avez amené dans cette maison!...
LA BARONNE
Et pourquoi pas?
DE BIERGES.
Sans me le dire... en trahison l Oh! cette maison, voyezvous!...
LA BARONNE
Ah ça! mais, vous êtes étonnant. Taverny, hou! cette maison! hou! En vérité, on dirait que je vous traîne dans un coupe-gorge.
DE BIERGES.
Ma chère amie. Après le naufrage de nos projets sur mademoiselle Dampmesnil, et la déraison de mon fils...
LA BARONNE
11 ne s’agit plus de cela, c’est fini et oublié ; monsieur votre fils n’est pour rien là-dedans. On ne sait pas seulement s’il existe. Mais je ne vois pas de motifs pour que vous vous priviez d'une société charmante, d’une maison charmante, où votre position est parfaitement franche et naturelle ; car Lucienne ne se doute pas qu’entre vous et moi il y ait eu jamais le moindre complot matrimonial dirigé contre elle, par conséquent elle ne peut vous voir qu’avec plaisir ; il y