ACTE III
a plus, c’est singulier, elle raffole de vous, cette petite. Oh ! puissance des contradictions ! vous la fuyez; elle vous adore!
DE BIERGES.
Je la fuis! je la fuis! ce Vest pas moi qui l’ai fuie, mon pauvre cœur est encore tout gros.
LA BARONNE
Je vous le répète, il ne s’agit plus de tout cela. (eiic ▼a s*as— »«oir prèi de la table à droite.) Est-ce adorable, hein , ces parterres? A-t-elle arrangé cela, la petite fée ?
DE BIERGES.
Le fait est que c’est bien changé ! (u «•as»ied auprès d’eiie.)
LA BARONNE
Plaît-il ?
DE BIERGES.
Je dis que c’est bien... diantre I
LA BARONNE
Comment savez-vous si c’est changé ?
Je le suppose, baronne : vous venez de dire qu’on avait arrangé... j’en conclus qu’il y a eu des changements... Peste 1
LA BARONNE
Oui, tout ce que vous voyez ici était du bois. Des gros vilains arbres, de l’herbe humide avec des saules pleureurs et des cascades gémissantes. Vous voyez cette maison blan-
che, eh bien, auparavant c’était une de ees façades de pierre grise à grandes fenêtres et petites vitres vertes, (se i e v«ni.) Aujourd’hui, c’est riant, c'est jeune comme la oflintresse... A propos, votre fils, on ne le voit plus, qu’est-ce qu’il devient?
DE B1ERGES, »o levant.
Mais, baronne...
LA BARONNE
Vous ne le voyez pas non plus, hein?
DE BIERGES.
Voilà trois mois qu’il ne me quitte plus.
Ah ! mais c’est qu’il vous a joliment quitté pendant un certain temps, quand soi-disant il chassait.
DE BIERGES.
Il chassait beaucoup.
LA BARONNE
Allons donc, vous me soutiendrez cela à moi qui mangeais son gibier.
DE BIERGES.
Précisément, baronne.
LA BARONNE
Mais, mon cher ami, Henri ne nous a jamais envoyé que des perdrix étranglées, des lièvres avec leur collier de laiton au cou et des chevreuils assommés au piège. Jamais on n’a trouvé un grain de plomb dans le corps de ces inno