SCÈNE VII
DE BIERGES, HENRI.
DE BIERGES.
Tu es revenu ici; lu l’aimes toujours !
HENRI
Non, j’ai supporté un dernier assaut; j’ai voulu essayer mes forces. Me voyant bien abandonné, bien oublié, sans réponse aux lettres que j’ai écrites, j’ai commencé par la colère, c’était encore de l’amour et de l'espoir; puis j’en su s venu à la mélancolie, un mal exigeant, un ennemi aü’amé
LES DETTES DE CŒUR
qui, lorsqu'on ne le nourrit pas , dévore son hôte. -Je suis venu ici: souvenirs, soupirs, regrets passionnés, j’ai donné un large et dernier festin à ma mélancolie; la crise est passés, l’hydre est assouvie, je ne souffre plus, je n’aime plus.
DE BIERGES, avec doute.
Oh!
HENRI
Non!
DE BIERGES.
Tu aurais tort de t’obstiner dans le mal ; la princesse te donne un bel exemple: elle subit son sort, elle fait son devoir, c'est une femme pleine de probité.
HENRI
C’est vrai, mais elle pouvait me répondre ce que lu viens de dire.
DE BIERGES.
J’aime mieux son silence, il est plus éloquent. Je te le répète, Henri, c’est une femme estimable et qui mérite d’être heureuse.
HENRI
Oui, mon père, espérons qu’elle le sera.