SCÈNE ï
ARLEQUIN, seul.
(Au lever du rideau la scène est vide; il fait nuit. — On entend dans le lointain le son d’un flageolet. — La nuit se dissipe peu à peu; on voit arriver Arlequin voguant sur l’eau, assis sur une cage à poulet et achevant son air de flageolet.)
Oit diable sommes- nous?... Suis-je vivant ou mort? Est-ce la nuit qui vient ou le jour qui va naître?
Dois-je survivre à mon cher maître Ou partager son triste sort?
Enfin, quelle heure peut-il être?
On dirait que le temps commence à se calmer.
Et le flambeau que tient l’aurore Semble prêt à se rallumer !...
Dieux bons!... Voici le jour et je respire encore!
Sautons sans nous faire prier Sur ce rivage hospitalier.
(il saute lestement sur le rivage et accourt sur le devant du théâtre.)