AIR
Comme un léger batelet Sans avirons et sans voiles,
Le pâle éclat des étoiles Guidait ma cage à poulet;
* DEUCAL10N ET PYRRHA.
Quelque naïade attentive Aux sons de mon flageolet M’attire vers cette rive Où l’amour tend son filet.
Suis- je à Paphos? suis-je à Cythère?
En vérité, je n’en sais rien;
Mais, hélas! ce que je sais bien ,
(’.’est que me voilà seul sur terre !
Cette nuit,
A grand bruit L’orage se déchaîne!
L’éclair luit,
Et tout fuit!
L’onde envahit la plaine !
Tout est submergé !
Dans l’ombre plongé,
Le monde en alarmes Ajoute ses larmes Au flot qui grossit;
La nuit s’épaissit ;
Chacun perd courage Et saute à la nage !
Quel émoi !
Quel effroi !
Où trouver un refuge '<
Vain effort !
C’est la mort !
C’est un nouveau déluge !
Moi seul, hélas ! moi seul, échappé par miracle A la débâcle,
. Sur ces bords inconnusj’arrive sans obstacle.
Comme un léger batelet Sans avirons et sans voiles.
Le pâle éclat des étoiles Guidait ma cage à poulet !
Quelque naïade attentive Aux sons de mon flageolet