ÉPILOGUE
vers la fin de janvier, sur le territoire canadien. Mais là, cette fois, c’est bien le terme de mon pèlerinage à travers les deux Amériques.
Quel spectacle maintenant pourrait m'intéresser? J’ai vu hier les fameuses cataractes du Niagara, je les ai vues dans les plus admirables conditions : un vent très-violent, un brouillard épais, des glaces et des neiges et un froid qui ne m’a pas permis de tailler mon crayon quand j’ai essayé de faire un croquis.
En revenant à l’hôtel il a fallu me mettre au lit : la maudite fièvre était venue me reprendre au plus fort de mon enthousiasme. Mon pauvre Louis, je suis vaincu. Il faut revenir au plus vite.
Je n’écris pas à ma fille. Laissons-la croire que je suis installé bien confortablement dans un de ces magnifiques steamers dont je lui ai fait, il y a deux ans, une si merveilleuse description.
Quant à vous, je ne crains pas de vous dire que dans ma traversée sur ce petit bâtiment à voiles, malgré mon expérience de la mer, j’ai plusieurs fois pensé qu’il fallait se décider à faire le plongeon. Je n’a^ais pas précisément tort, car j’ai su que beaucoup de navires, soit de France, soit de l’Angleterre, s’étaient perdus vers la fin du mois de décembre. A cette même époque, nous étions entraînés dans le grand courant, le Gulf-Stream , qui du Mexique passant à Bahama, longe les côtes de l’Amérique jusqu’au delà des bancs de Terre- Neuve. De ces eaux tièdes s’échappent des nuages de vapeur au contact de l’air froid. Nous avons été