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CIftCULAIRE DR VÉHÉMRD-ALI AUX PACHAS.
Sans doute qu^à cette heure Votre Excellence est informée que le sultan Abd-ul-Medjid-Khan, notre toutpuissant Seigneur, s'est assis sur le trône de son vénéré père, passé à meilleure vie. Cette nouvelle me fut apportée par Akif-Effendi, secrétaire du haut conseil de la Sublime- Porte, envoyé auprès de moi en mission. Aussitôt après que ce glorieux événement m'eut été noti6é, tous les forts d'Alexandrie et les bâtiments de la rade l'annoncèrent à la population joyeuse par des salves d'artillerie qui continuèrent trois jours consécutifs, se répétant trois fois entre le lever et le coucher du soleil. Il en a été de même au Caire et dans tous les chefs-lieux des pays que je gouverne. J'écrivis en même temps à mon fils bien-aimé, Ibrahim-Pacha, et aux autres gouverneurs des provinces, qu'ils eussent à faire faire dans toutes les mosquées, grandes et petites, les prières usitées en pareille occasion pour notre nouveau Seigneur, très haut et très pur.
Le serasker d'Orient, Hafîz-Pacha, à la tôte d'un corps d'armée considérable, a été excité par les intrigues de Khosrew-Pacha à passer l'Euphrate, et, d'après les instructions qu'il a reçues, ce général a fomenté des troubles et excité des révoltes à Payas, Ghiaour-Dagh et dans
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leiliftnctd'AïiiUb. Pour ^paignerle asngnmsttliiuinj'aî seropuleiiieaieDt évité de donner lien le premier aux hostilités, et j*ai écrit plusieurs fois dans oe sens à iiton
fils. Cependant, lorsque Soleyman, pacfaa deMarach, fat venu occuper Amtab, et que j'eus des motifs de croire que les mouveraents séditieux pouvaient, à force d intrigues, se propager dans l'intérieur du pays si je continuais à rester dans la même inaction, et qu'ainsi se trouveraient compromis et peut*étre perdus tous le» heureux fruits que mon lèle et mes efforts de tant d'années ont fait édore et prospérer sous le soleil bien&isant de notre auguste maître, je me décidai, dans cette extrémité, de chaudes larnu s aux yeux et un glaive aigu au cœur, k donner Tordre à mon courageux fils Ibraliim-Paclia de ne plus hésiter à combattrt% ajoutant que, si la victoire nous restait fidèle, il passât l'Ëuphrate, réunît les troupes d'Adana au grand corps d'armëe; qu'il le dirisit ensuite en deux colonnes, dont l'une mareherait sur Maiach et pousserait en avant, et dont Tautre s'avancerait vers Orfa et Diarbekir. Au fait, à peine ai-je eu connaissance de ravéneuient au iinne de notre souverain Abd-ul-Medjid qae, sans en attendre la notification ofilcielie, je me dis : « Que tout ce qui est passé soit passé; » et je m'empressai d'envoyer contre^ndre à mon fils, en lui ei^oignant de ne pas poursuivre les résultats de la victoire de Nëxib, et de ramener l'armée en-deci de l'Euphrate dans le cas où elle l'aurait déjà franchi. Je demandai ensuite à Dieu qu'il prol^eât notre Jionoro Seigneur, qu*il le fit vivre des jours sans tin, et que sous son ombre paternelle tous les serviteurs fîdèles eussent les biens de la vie en abondance et jouissent d'une félicité sans bornes.
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Mais ilD homme s'est montré, Kiiotrew-Paoha, le seul artUan de tous lei manz qui est meoeiihraaMDt fonda snf l'empile, lequel, fiûiant tounier ki dîfficoltdi dn mo* ment en profit de i« coupables projets, s*est arrogé de son autorité privée le titre éminent de grand -visîr, et j'ai lu dans Fordonnance visirielle qu'il en remplira les fonctions avec de pleins pouvoirs. Ce fameux personnage, depuis son entrée aux affaires jusqu'à aujourd'hui, nonlenlement n'a rien £ût d'utile pour le trône impérial ni pour la nation, mais même foute sa carrière présente une suite d'actions fatales à l'Etat, au peuple et à moi. Tout le monde sait quels senrices importants et nomlmux je nie suis toujours empressé de rendre au très majestueux Sultan que Dieu nous avait donnée tout le monde sait aussi de quelle manière j'en ai été récompensé. Lorsque Khosrew-Pacha en 1240 vint à Alexandrie, quel accueil ne lui fi»je pas, dans l'espoir que sa haine invétérée contre moi céderait à mes procédés généreux, et qu'il me serait plus facile, par son entremise amie, d'appeler sur moi la bienveillance de notre honoré Seigneur? Combien je me trompais ! A peine de retour à Constantinople, cet illustre pacha remua toute la somme du llel accumulé depuis longtemps contre moi, et en ne portant aux pieds du Sultan que des mensonges et d'odieuses calomnies, il réussit à mettre la désunion entre Sa Hautesse et un homme qui disposait de Inroes imposantes de terre et de mer, et vous savez combien de sang musulman ses perfidies ont fait verser. A cela ne s'est point borné son génie malfaisant; il a causé la ruine d'un nombre immense de familles puissantes et dévouées, et il a converti leurs maisons en demeures de hiboux. Il a fiiit plus encove $
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par l'effet de m honteux manégea et de Mi Ibneilai mspnrations, les heuieoMt qualités 4|iie la nature avait départies à notre maître de lon^e mémoire, s'étaient échangées en jii'tirliants peu coiilMnnrs à la dignité irii pn'i .aie ; Kins tenir complétiez ciiLonstaiices, sans nécessite, Khoslew-Pacha l'a poussé à des guerres imprudentes, dans la seule vue de piépanr la dissolution de l'empire et de se- Mer la disootde eutre les grands. Tous ces mélaitisont nstés impunis!
Cette foif^ïi encore, il s'est mis en avant et a dit : « Moi seul et pas un autre! » Or, comme notre gracieux souverain est encore dans uu âge iort tendre, Klio&rew-Paciia, n'obéissant plus qu'à son caprice, va lâcher la bride à ses passions haineuses et les manifester sans retenue par des actes qui ne sauraient manquer de conduire la nation musulmane à sa perte. Telleest sa criminelle pensée. Quand on étudie avec réflexion la conduite qu'il a tenue Jus* qu'à ce jour, il est facile de pressentir celle qu'il tiendra à l'avenir.
L'amiral Âkhiuet-Pacha est le premier qui ait sagement préjugé de ses actes futurs par ses actes passés. « Khosrew- Pacha» s'est-il dit, est un ètie dangereux et gonflé de venin» la flotte que SaHautesse a formée avec tant de peine, irai-Je, dans les droonstances critiques oà nous nous trouvons, la mettre entre les mains d'un homme qui bientôt aura détruit ce qui a été si peiablement opéré? Non, je ne le ferai pas. Je me rendrai à Alexandrie; le^ deux flottes de l'empire s'uniront : c'est le moyen de servir utilement le souverain et la nation. Les officiers d0 l'escadre ottomane partageant les sentiments de leur chef et toutes choses ajant ké convtiwes en eommun, U
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signal du départ fut donné, et, huit jours avant la date de cette lettre, nos yeux ont vu viugt-neuf voiles impériales embellir la rade d'Alexandrie. Les deux escadres maintenant réunies et confondues croisent et manœuvrent devant les passes du port; elles appartiennent toutes les deux à Sa Hautesse.
Son Excellence le capitan-pacha, comme vous ne devez pas en douter, a été reçu ici avec la distinction due à son haut rang, et il continue à être traité avec les mêmes égards. Quant à moi, ancien et fidèle serviteur de Tempire, il ne m'était pas permis de me résigner à voir Khosrew-Pacha agir dorénavant de la même manière quMl a fait par le passé. En conséquence, mon devoir m'a commandé de lui écrire pour l'engager à offrir sa démission, et avec cette réponse j'ai fait repartir l'envoyé Akif- Effendi. J'ai adressé en même temps des lettres à l'illustre tante et à la glorieuse mère de notre bien-aimé Seigneur, au cheikh - ul- islam, incorruptible défenseur des lois, au noble Halil -Pacha, les conjurant tous de prendre en considération le malheureux état de la nation musulmane, et, pour remédier à ses maux et en prévenir de plus grands , d'agir pour remplacer Khosrew-Pacha. L'amitiéqui m'a toujours uni aux pachas dévoués aux intérêts de l'empire me porte à leur faire part de mes démarches, et comme Votre Excellence compte au nombre des plus grands et des plus fidèles, je lui envoie la présente lettre par.... un de mes agas. Lorsque, par la grâce de Dieu, elle vous sera parvenue heureusement. Votre Excellence jugera convenable, je l'espère, de concourir à l'éloignement de Khosrew-Pacha des affaires, et en agissant ainsi elle aidera à atteindre le but que doivent
se proposer tous les Osmanlis : la tranquillité du pays et la prospérité de renipire.
CUAPilKË XIIL r XXIL
INSTRUCTION ADRESSÉE, LE "2t AOUT 1839, PAR l'ambassadeur DR FRAMCR AU PREMIER IMTBRPRftn DB l'aMBASSAMS.
Monsieur» M. rambassadeuTdUngleteriem'a fait part de la communication semi-offîcielle qu'il a reçue du ministre des affaires étrangères de la Sublime-Porte, relativcuieut aux observations de quelques légations sur la présence des escadres anglaise et française au voisinage des Dardanelles et de sa réponse à ces observations.
Bien que la Sublime-Porte ne m*ait ps fait la méine communication, la réunion d'une escadre française aux Dardanelles avec Fescadre anglaise, et Tidentité parfaite de ses instructions avec celles de cette escadre, non-seulement m'autorisent, mais m iiijjjoscnt le devoir de m'associer entièrement à rexpiicatiou donnée par M. l'ambassadeur d'Angleterre en cette eirconstance.
En conséquence vous informerez Son Excellence Nouri- Effendi que le gouveniement du Roi a échangé» dans les. derniers jours du mois dernier, avec les quatre grandes cours ses alliées une note portant expressément «qu'il veut maintenir l'intégrité et 1 nidépendancc de l euipire
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Ottoman, sous la dynastie actuellement régnante, et qu'il est disposé à faire usage de ses moyens d'action et d'influence pour assurer la conservation de cet élément si nécessaire à l'écpiilibre européen. »
La Sublime-Porte trouvera sans doute, ainsi que moi, dans celte déclaration le motif de la présence d'une escadre française dans le voisinage des Dardanelles, et y puisera les raisonnements nécessaires pour l'expliquer.
\ ous laisserez cette instruction écrite à Son Ëxcelieuce Nouri-Effendi, en lui faisant mes compliments.
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