‹ Deux annees de l'histoire d'orient, 1839-40Chapitre 73 sur 86 · COMMUNICATIONS DE MÉUÉHED-ALI AUX CONSULS GÉNÉRAUX · texte numérisé non relu

COMMUNICATIONS DE MÉUÉHED-ALI AUX CONSULS GÉNÉRAUX

« Dans deux jours Akif-Effeudi repartira pour Gonstantinople; il sera porteur d'une lettre de félicitation et de soumission de ma part au nouveau Sultan Abd-ul-Medjid. J'écrirai également une lettre à Khosrew-Pacha, dans laquelle jelui représenterai : P que feu le Sultan Mahmoud m'avait fait dans le temps, par l'entremise de Sarim-Ef-

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fendi, des propositions bien plus avantageuses que celles qae Sa Hautesse m'a adressées aujourd'hui, puisqu'il m'avait pfoposé alors rhérédité de VEgf^Uét même celle de l'ESalet de Saïda et du aan^ak de Tripoli s S* que, daui les droonstances actuelles, je sollicite l'hérédité de la Syrie et de Candie, c'est à-dire de tout ce que je possède maintenant, ainsi que je l'aviiis aririoncé précédemment; 3" et qu'à cette condition, et si on veut agir de bonne foi avec moi, je serai le plus fidèle des serviteurs et des vassaux de Sa Hautesse, et je la défendrai quand et contre qui elle voudra. C'est dans ce sens que je me propose d'écrire à Gonstantinople. Je ne ferai point mention dans ma lettre au grand-visir de la flotte, par bienséance, mais Je vous prie de vouloir bien assurer messieurs les représentants des grandes cours à Gonstantinople que je n'ai jamais eu intention de la garder ni de m'en servir dans un but hostile an Sultan ; Je m'engage au contraire formellement à la restituer dès que mes propositions auront été acceptées. Dans ce cas tous les b&timents composant l'escadre de Sa Hautesse seront renvo^rés à Gonstantinople. Quant aux amiraux ottomans, ceux qui craindraient de retourner en Turquie pourront rester en Egj'pte, qui fait partie de la mdme monarchie. Une fois que le Sultan aura consenti à ma prière et que Khosrew-Pacha aura été éloigné des af« faixeSi je n'hésiterai pas, sur la piemièie invitarion de Sa Hautesse, à me rendre à Gonstantinople, et ce ne sera pas avec l'escadre que je m'y transporterai, mais seul, sur un bateau à vapeur, et dans le but unique de présenter en personne nies hommages a mon souverain et de lui offrir mes services. Ëuiiii je vous déclare que, si l'on n'agrée pat nespropoiitions^ je ne ferai point laguene, mais je

PIÏ^CES jnSTIFICATTVES.

me mainliendrai dans ma position actuelle, et jfallendrai. »

A cette communication était jointe une note ainsi conçue :

«Avant que Khosrew-Pacha se rendit à CoHStantinopIe et qu'il y occupât différents postes, Méhémed-Ali vécut constamment eu bonne intelligence avec son souverain, et il recherchait toutes les occasions de lui donner des preuves de son entier dévouement, et dans maintes circonstances Méhémed-Ali a rendu d'éminents services à la Sublime-Porte, (^la est à la connaissance de tout lo monde. Mais à peine Khosrew-Pacha ful-il arrivé à Constantinople que la mésintelligence s'établit entre le Sultan et le Pacha ; c'est réellement de cette époque que date leur inimitié; chacun en connaît les conséquences, qui ont été si nuisibles à la nation musulmane. Les choses étant ainsi, Khosrew-Pacha, au moyen des grands pouvoirs que lui donnent les fonctions éminentes auxquelles il vient d'être promu, va jeter l'empire dans de nouveaux dangers, c'est-à-dire achever sa ruine. Pour mettre un terme à ses intrigues et réduire à l'impuissance son mauvais vouloir envers l'empire, Méhémed-AH s'est décidé à adhérer aux vœux exprimés par le corps des officiers de la flotte. En sollicitant l'éloignement de Khosrew-Pacha des affaires, il a la conviction de travailler \ une chose éminemment utile à la nation. Ce résultat une fois obtenu , Constantinopolitains et Égyptiens ne feront plus qu'un seul corps; ils uniront leurs efforts pour consolider le trône ottoman et accroître la prospérité de l'empire. On verra si Méhémed-Ali donnera ou non des preuves confirmatives de ce qui vient d*étre dit. %

PIÈCES JUSTIFICATIVES

Une seconde note supplémentaire, relative à la conduite de Tarroée navale torcpie, porte ce qui suit : .

« Tandis que la flotte ottomane était a l ancre aux Dardanelles, le capitan-paclia a été informé de la mort du Sultan Mahmoud 11^ de l'avènement au trône de son ÛU aîné Âbd^l-Medj id,et de l'élévation de Khosrew au grandvisirat avec depleins pouvoirs. A peine cette dernière nouvelle est-elle venue k la connaissance de la flotte que tous les officiers se sont réunis auprès de Tamiral et lui ont parlé en ces termes : *f Nous connaissons bien Khosrew- Pacha; nous n'ignorons toutes ses intrigues passées. Maintenant qu'il se trouve à la tète des affaires, qu'il est investi de pleins pouvoiiSy on verra l'empire ottoman alim de mal en pis. Mous ne voulons pas nous rendie à Gon- Btantinople pour cono^ner la flotte à un intrigant tel que Khomnr-Paelia, peranadés que nous sommes que la flotte sera employée au plus grand désavantage de la Sublime- Porte. Nous demandons à marcher vers celui qui est un ancien et dévoué serviteur de notre magnidque souverain. Allons vers Méhémed-Ali 2 prions-le de délivrer la nation musulmane du joug de ce ministre £atal à rempire. » lio capitan;pacba« n'espérant pas détourner ses officiers de leur pffqjet, convaincu d'ailleurs de la vérité de leurs paroles, donna l'ordre à la flotte de faire voile von Aleotandiie. »

PliCBS JUSTIFICATIVES.

CHAPIFRE Xil.

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