‹ Deux ans au Mexique [microforme] (volume 2)Chapitre 27 sur 31 · une détonation déchire · texte numérisé non relu

une détonation déchire

roulent dans la

nt s'approche, leur .

ns l'oreille, et toute ccéléré, musique en verts, fumants et laise sur le sable. à mme il avait vécu: à différentes il avait refusé de voir

tant d'autres nés pour une meil-

eussent vééu à une 6 quille, écrivait ce capitale, Romero Par se8 actes à l’anarchie et

sa nation. La tombe est un

inhumain et impie d'y poursui

6 ceux qui ont consommé l’expi / ui qui oserait déclarer tait d'être absous? S'il s'est montré brave à

st-il pas montré cruel quel-

a contribué

à la décadence de

asile sacré : il serait vre de reproches ation ; mais quel

que l'accusé méri-

lques journées dignes d’un ane nuit de cr où gorgées ? S'il pardonna en ances à ses ennemi no‘fit-il pas fusiller des malheureux ur lui payer rançon? fi ne trempé les: mains dans excès, étant le chef de

s prisonniers, trop pauvres

l n’a pas de sa perce sang et dens ces ceux qui ont fait ce mal,

Il est venu un jour où à été demandée, et il a

que j'ai er, c'est le bandit Romero, réplique l'autre froidèément en retournant à son

poque tran: :

jour-là un des journaux de la pour sa part et :

fléch1 sous le poids. Dans cette nuit suprême où toutes les actions importantes de la vie se : détachent de l'ombre pour consoler ou accabler le condamné, et où la conscience est tout entière à elle-même, il a vu passer devant lui des femmes ensanglantées, des mélées inégales de trois cents contre sept, des ruines, des exéeutions farouches. Voilà les véritables témoins, les véritables accusateurs, les véritables juges de l’homme qui vient de disparaître.” -

Cette exécution de Romero confribuait pour beaucoup à faire croire à une tranquillité durable et déjà l’on s’habituait, quoique difficilement, au régime salutaire de la paix, lorsque les nouvelles de l'intérieur commencèrent à redevenir marécageuses, suivant l'expression favorite d’un officier de cavalerie, Masson.

. Un certain malaise régnait parmi la classe marchande. Des convois venant de Morelia avaient été arrêtés et pillés ; deux préfets politiques, don Juan Becerril et le général Falcon, venaient d’être assassinés à quelques lieues de Mexico, et les guerilleros se hasardaient à montrer le bout de leurs carabines dans le Michoacan, État voisin de la capitale. :

Vers la fin de mars, le colonel Van der Smissen reçut l’ordre de marcher sur Morelia avec une partie de la garde impériale belge, et d’y faire le service de garnison. Les zéphirs sous les ordres du commandant Chopin devaient s'embarquer pour Victoria, chef-lieu du Tamaulipas, et le commandant de Briand partait pour Matamoros avec son bataillon de la légion étrangère.

Ces préparatifs annonçaient un dernier effort de la part des juaristes, et tous les officiers de la

” garnison se tenaient prêts à marcher au premier

signal. Dans les #rsenaux on déployait un sur. . Croît d'activité : les ouvriers et les pontonniers étaient occupés à fabriquer des affûts ]6 ers et sdlides pour les obusiers de montagne; l'armée ‘ Mexicaine ge réorganisait, et le général de Brin- Cork à la tête d’une forte colonne, tenait déjà la campagne dans le N uevo-Leon. ———

Pendant tous ces agissements nous nous ren-

Contrions souvent chez un membre de la com:

mission scientifique du Mexique, M. Lami, et quelquefois chez ulcheri, le marchand de s0rbets. Dans ces réunions, nous causions d'art, de science et de philosephie, et chacun venait apporter le fruit de ses études et de ses observations. Les uns s’occupaient d'anatomie, d'histoire naturelle ; les autres d'esthétique de Poésie, ‘de littérature, et sur dos conversations intimes étaient tombées uelques gouttes de ce parfum “que prisait tant Hous uttle dulci. Les bals que nous oubliions n'avaient pas même 1] ‘d'un regrèt et mous étions presque lorsqu'un septième Convive vint s'attabler sans façon parmi nous, et nous éparpiller d’un revers de la main. À dy”

À re"

se RE. 4e Vous rappelez-vous l’axiome lu bre "qua: *

madame de $

BuDrei que." évigné exprimait d'une fapon ne vive en disant : our 77 de

: —“ La mort va fourrageant et grappillant çà et à.” ; :

* Car en quatre jours, la mort .

enleva trois membres de notre cercle, Le pre:

int du vomito pendant.

nn voyage à la Vera-Oruz, et le second M. Jules :

re tueur de lions: il

borateur

- avec nous : il était abattu et se p

faitement er M spapdan M. Gérard avait

Ségion étrangère : il fut brûlé dans l'incendie du 8 mai 1865, en voulant se dévouer. :

de plusieurs journaux de la presse parisienne, quoiqu'il eût à peine vingt-trois ans...

Le dimanche, M. Gérard avait Les la soirée aignait d’être fatigué. Quelqu'un lui conseilla de prendre un bain, et le lendemain matin vers sept heures, il s’'empressa d'en commander. au garçon de l'hôtel National, où il deme DL EE Une heure plus tard, enffévai s serne, je grimpai à la ché ne” Selmon ami, our Jui emprunter une Nyslldé ance. À travers la porté Gérard couché dans sa baignoë@ "là tié submergée dans l’eau. J ’enfonçai d'un coup de genou, mais tout était fini. La face tuméfiée, la bouche bordée d'écume indiquaient tropclai- : rement que depuis quelque temps déjà, le mal- heureux s'était écrasé sous l’impitoyable étreinte : de l’apoplexie.

En entrant dans la salle de bain, je fus frappé | d’une circonstanes bizarre. Cette salle était par- :

eu l'étrange idée d'allümer deux bougies placées sur une table, dans un coin écarté, et dont la clarté n’arrivait même pas jusqu’à la baignoire. Ces deux lumières funèbres. préparées par le défunt lui-même, comme s’il eût obéi à unpresseñtiment machinal, faisaient ‘le plus lugubrei effet. û Le troisième de notre liste funèbre fut le vicomte Houëix dela Brousse, lieutenant à la

Vers minuit, le feu s'était déclaré avec une violence extraordinaire dans l’intérieur d’une grande maison de la rue San Juan de Latran, au numéro 10. L’incendie avait pris naissance,

158 DEUX ANS AU MEXIQUE dit l’Ere Nouvelle, dans un atelier de menuiserie de occupait le bâtiment du fond et devait avoir

it d'immenses progrès avant de se manifester au dehors. Aussitôt l’alarme donnée, on courut à la place française. Les généraux d'Hurbal, de Maussion et l'Hérillier se portèrent en hâte

#ur le lieu du sinistre et organisèrent les secours avec üne énergique rapidité, mais l'élément destructeur avait déjà pris des proportions qui rendaient inutiles toutes tentatives de sauvetage et paralysait le jet continu des deux pompes qui

On eut recours à tous les mo ens : on éventra les conduits d'eau, on défonça Les égouts, mais rien ne réussissait à cambattre les flimmes.

Le colonel Tourre avait été l’un des premiers à venir, Les cris d'alarme l'avaient trouvé près de là, rentrant chez lui après avoir reconduit deux dames, à la sortie du théâtre. Il accourut vers le lieu du danger avec l’ardeur intrépide qui était le trait distinctif de son caractère. On avait cherché à le retenir, mais le colonel s'était . écrié en s’élançant dans l'escalier :

—Il y a de mes zouaves, là-haut : je ne veux pas qu'ils se fassent casser les reins,

Pénétrant jusqu'au milieu des bâtiments enflammés, le colonel s'était porté sur une petite terrasse intérieure, d’où il dirigeait le sauvetage. Auprès de lui se trouvaient le lieutenant de là Brousse qui lui Passgit ui seau d’eau et de clairon Shlincker du 3e zouaves,

Tout-à-coup un wraquement sourd $e fait entendre ; la terrasse minée par les flammes se disjoint, s'écroule ; les irois hommes u’elle porte sont précipités pèle-mêle, avec les ébris, } dans lg brasier ardent entr'ouvert sous leurs pieds,

Au milieu du cri d'horreur arraché de toutes les poitrines par cette catastrophe, deux formes noircies, indécises, sortent et s’élancent hors des poutres enflammées. ant

Ce sont le lieutenant de la Brousse et le clairon Shlincker. ?

Horriblement brûlés, la flamme les lèche encore ; on se hâte de les inonder d'eau et de les transporter à la maison voisine.

Le spectacle qu'ils offraient n’était pas de ceux que l'on décrit. De la Brousse surtout, ne présentait plus qu’un amas de chair calcinée mélée à des lambeaux d’uniforme, et le lendemain

matin vers dix heures, il expirait en serrant un :

crucifix sur sa poitrine endolorie. 2

Une journée et une nuit de travail sans relâche firent retrouver le corps du colonel Tourre sous les décombres. Contre toute espérance, il était à peu près entier ; on le découvrit, couché sur

Je dos, à dix ou douze pas de l'endroit où il avait

été précipité. Il devenait évident alors qu'après sa chûte, le colonel s'était relevé et avait marché dans la direction où il espérait trouver une issue. Mais aveuglé par les flammes, il était allé se heurter contre un mur, devant lequel il était tombé à la renverse.

C'était dans cette position qu'il avait expiré, endurant d’atroces souffrances. La main droite était fortement crispée sur le pommeau de son épée, et l'uniforme avait entièrement disparu, à part quelques lambeaux encore adhérant aux chairs à moitié carbonisées. :

Ce sinistre plongea la ville dans une consternation difficile à décrire, et de ma vie je n’ai vu pareille foule suivre un char funèbre. Le deuil était conduit par le maréchal Bazaine qui marchait tête nue derrière les trois cercueils des

malheureuses-victimes, le colonel Tourre, le lieuet le clairon Shlincker mort à son poste de combat, à côté de son supérieur, Toute la garnison de Mexico était sous les armes, les tambours voilés de crêpes, la Cathédrale tendue de noir, et quand les trois fosses eurent reçu ces dépouilles carbonisées, plus d’un sanglot déchirant s'échappa de ces Poitrines de PAR lorsque le général de Maussion et le capitaine Le outurier jetèrent une parole de souvenir et de regret sur ce trou béant, où le drapeau du 3e Zouaves vint s’incliner en signe d'adieu. : ; : À peine âgé de trente-huit ans, le colonel urre avait au bout de la dragonne de son épée “les abeilles du bâton de maréchal. (C'était l’enant chéri de ses.Zouaves, qu'il avait mené s depuis dix ans partout où la Trance avait déployé son drapeau. On savait comme il était beau.

plus braves.

Quant au lieutenant de la Brousse c'était mon meilleur ami. Nous demeurions dans la même chambre, et. ce fut sous le poids de la plus poignante des tristesses que je communiquai à Estafette de Mexico ces quelques détails biographiques qui ne rappellent qu'imparfaitement les. principaux traits de la vie du plus dévoué camarades et du plus parfait des

.&entilshowintes : |

“M. le vicomte de la Brousse appartenait à une vieille famille de la basse-Bretagne qui donna pluëieurs illustrations à la marine fran-

te A EE if, On: AE |

DEUX ANS AU MEXIQUE' 161\ gaise. Lui-même fut marin avant d'entrer à l’école de Saint-Cyr, d'où il sortit avec une sous-lieutenance au 9%e de ligne. C’est en qualité d’officier dans ce régiment, qu’il suivit avec distinction, depuis le commencement, les différentes phages du re Puebla et de ls campagne du Mexique. vicomte de la Brousse qui avait fait preuve de sang-froid et d'énergie lors de l’incendie de la maison Delanoé, avait déjà reçu en récompense de son courage trois médailles de sauvetage et sept jetons d'incendie. à»

“ Lorsque le 99e de ligne reçut l’ordre de rentrer én France, M. de la Brousse promu depe qRaqRe temps au grade de lieutenant,

emanda et obtint sp permission de continuer la campagne en cette ité, au régiment étranger.

Il Rlérait à peine Re dguloureuse Aie et se proposait .de reprendre son service au régiment lorsque la mort vintténlever ainsi, à l'âge de vingt-trois ans, un brave officier à la ‘France et un cœur d’or à sa famille et à ses camarades.” ?

Cette série de catastrophes m'avait fait prendre Mexico en horreur, et je ne pus dissimuler mon contentement, lorsqu le 10 mai, à cinq heures du soir, je reçus l’ordre de me tenir prêt à partir dès le lendemain pour l’intérieur, avec de colonel Jeanningros qui devait marcher sur Saltillo, occupé par les troupes du géhéral ennemi, Negrete. ,

En me rendant chez moi dans Je but de dire :

à mon ordonnance de fout tenir prêt po quatre heures du matin, je trouvai la An, À si poste autrichien placé en face de mon logement, en train de se défendre contréün ch

d'Afrique qui allait probablement lui pestio er

une boutonnière quelconque sans l'intervention

du docteur Tourraine de l'artillerie, et du corps: de garde accouru fort à propos.” : s ” j Un soldat congédié avait vouln forcer la con-- | D. . v : signe et pésser outre, malgré les explications en - ' be: » Q

sngue croate que lui donnait le factionnaire. : bout de logique, il avait eu recours à sa baïon-\'. 28 nette, et le pauvre malheureux se tordait par ‘à terre-en râlant déjà soh agonie. à FREE L Ce rigide observateur de la discipline fut Le traduit en cour martiale, et plus tard, j'appris 4 qu'il fut acquitté par ses officiets qui ne virent 4 ‘Pas même un excès de zèle dans cet accident. ‘à { La colonne à laquelle j'étais détaché, se com- Re .t posait de deux escadrons, deux compaghies et 1e deux obusiers rayés, formant une Contre- guérilla sous les ordres de petit-fils du maréchal N ey, le Cäbitaine due d’Elchingen aujourd’hui colo-. - ‘ à nel au 6e chasseurs ‘de France ; des premier et # “second bataillons de la légion étrangère” com- s 5 : -mandants Saussier et de la Hayrie ; d'un esca- : nt | dron du 1" chasseurs d'Afrique et de plusieurs | 7 pièces d'artillerie. Nos ordres étaient d'opérer | à

Jonction avec les troupes des généraux de Brinéourt et Mejia, et de tomber ensemble s l'ennemi afin de l'écraser d’un seul coup. | ER Pour arriyer à Saltillo, il nous fallait traverser ? “une partie des États de Mexico et du Michoacan, tout celui du Guansjuato, de San Luis de Potosi et la moitié du Nuevo-Leon. N ous franchîmes #° ces deux cent vingt-six lieues en vingt-deux jours, passant sans nous y arrêter par les villes de Queretaro, de San Luis de la Paz'bt de San Luiz e Potosi, endurant des privations . inconceva- vi bles, buvant Presque partout de l'eau salée, et malgré cela arrivant à San Juan de la Vacqueria fe —à quelque distance du repaire ennemi—dans air un état sanitaire satisfaisant. | ï

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