‹ Deux ans au Mexique [microforme] (volume 2)Chapitre 7 sur 31 · MEXICO · texte numérisé non relu

MEXICO

La plupart des voyageurs qui ont visité Mexico n'ont pu s'empêcher de comparer cette grande aresseuse du tropique à l’éternelle fiancée de "Adriatique, à Venise, sa sœur aînée en noncha-

Quant à moi, je puis assurer qu'elle ne res-

semble pas du tout à la cité des do \ Qu'on dise ce que l'on voudra, “ la pauvre

vieille du Lido” ne doit pas voir voltiger ses

légères et pimpantes gondoles sur des canaux

aussi verts et aussi stagnants que céux d'ici. Ses grands palais s'écrouleraient rien qu'à essayer de dissimuler sous leurs nobles pilastres l'immense éclat de rire que leur donnerait l’as- pect des vieilles mâsures espa oles, bordant les rues et les impasses de la vis impériale, et, à . Coup sûr, aucun n’y perdrait son cœur “ sur le

. Cheïnin, sous un pavé, au fond d'un verre,” car

il courrait risque de s’y asphyxier, ou tout au moins de s’y salir, ce qui ne vaudrait guère . mieux.

C'était probablement ce dont se souciait fort peu la foule de petits pieds et de lon es et coûteuses mantilles d'Espagne qui eflleuraient et balayaient les rues de Mexico, le lendemain main de mon arrivée.

. Ces bouts d'ailes de colibris pataugeaient sur d’horribles trottoirs — c'était pue à voir — en quête des dégats du tremblement de terre, qui avait eu lieu la veille, se signant dévotement aussitôt qu'une pierre tombée ou un débris quel-

F- ui 40 . DEUX ANS AU MEXIQUE

Conque frappaït Jeurs care pour oublier un Peu plus loin — derrière ‘éventail — leur pué- :

. &èreté de ] ; s'amuse devant un frô

hôtel de 1 légation de

Sous-officier de 8 c'était h

service, . de Montholon porte fièrem Militaire, ornée de che

ent sa belle tête veux grisonnan ques rides prémat

ment voûtée

ception ustre Mourant de sa démarche ;

inquiète et touon sent l’homme qui à appris, pen-

E ur Oublier un Lie leur pué-

mée et noyée Passait sur la nt l'épouvanappé; et donncevable ]é.

enfant — quelconque d’une pièce .

S larmes et

ent à la dé.

aient ViveuVai bienu modeste

firmé que Larquis de ntroduisit 1e minute tentiaire, oir remis - Boileau .

me pro- :aine, au

elle tête Quel-

légère.

et l’ex-

rà côté * n

Ception rant de:

et tou-

IS, pen- RUE

* épaulette, d’un riche

dant un long.séjour aux Etats-Unis, la vérité du

proverbe de la Bourse yankee :

— Time is money ! 9 Quant à ses qualités d'homme d'Etat, il n’ap- -partient pas à ma plume de touriste ‘de les apprécier. Mes louanges — si j'en faisais — ressembleraient trop à de la reconnaissance mal déguisée. |; * Rien de plus piquant et de plus curieux pour un observateur que de voir les rues de Mexico telles qu’elles étaient au mois d'octobre 1864.

Toute l'Europe était venue y déverser son trop plein d'aventuriers, de modestes cadets de familles, d'écrivains incompris, d'officiers démissionnaires.

Le pavé était littéralement encombré de nobles allemands, de négociants anglais, d'enfants perdus de Paris, de, réfugiés polonais et hongrois, de toutes espèces de héros en quête d’un roman, d’une aventure, d’une position sociale, d’une mariage, d’une humble place de courtisan, que sais-je enfin ? d'une mie de pain échappée Ad table impériale de Maximilien.

Souvent le soir, en me promenant sous les arcades de la place, avec un vieux trappeur californien, M. Delport, je m'amusais à écouter les réflexions que le rude chasseur faisait sur toute cette cohue de pauvres barons, de tristes comtes,

aigres marquis, passant en fumant joyeusement leur puros de la costa, oùbliant devant l’espérance du lendemain, le piètre dîner de la veille, et usant les coudes de leurs habits ràpés à faire antichambre chez un ministre quelconque. Il finissait toujours ses tirades pleines de sel et d'originalité, par Comparer la ville de Mexico au \ à k

1 + \ Re

. \ REA ; 4 42 PEUX-ANS AU MEXIQUE | Nue

N ‘ triste tablean que San-Francisco offrait\en 1849, et : m'assurait que la copie n’était pas las e.

“Tant que la terre sera terre, tant que l’homme \: sera homme, plus d'un vieux blason, plus d’une merletté d'argent, plus d’un épervier d'or verront

monde entier, la terrible q U \ eurre. Plus d’un noble fils des croisés, plus d’un ti j e descendront encore, * ‘€n se voilant la face de leurs deux ‘Mains, du. Piédestal où sont montés leurs. ancêtres, pour ‘venir s'agenouiller devant la pièce de cent sous, és et reconnaître en fin de Compte que le meilleur

écusson possible est celui qui est porté ha

ute- .

‘ment, sans donner à rougir, par un peuple comme. e nôtre : sur champ de sable deux épis de blé

de

Plus fort que moi, sur ce terrain.

| cien capitaine d'armes à bord de 1 française l'Océan, Denis-Charles-Edouard Delport

né sur un vais- ‘’ Seau faisant voile pour San-Blas, Etat de Jaliséco.

, SANS ressource, il s'adjoignit un ami, M. Gosselin, avocat normän

it\en 1849, mauvaise, l’homme |

lus d'une : Fe.

or verront le nu rrière elle férule le ; ain et du À

plus d’un

itencore, . . :

aains, du be4 res, pour Fr ent sous, rt meilleur 6 haute- > comme 8 de blé

CA à

:° Puebla.

ne le sont aujourd'hui, et ce chemin-là surtont ‘pullulait de voleurs;de bandits et d’assassins. Ils arrivèrent tous trois à la capitale, sans avoir

. même brûlé une cartouche ! : :

Mexico, malgré son air de jeunesse qui s’e va, renferme peu de monuments dignes d'attirer l'attention. Sa cathédrale même ne vaut pas sa

réputation. :

’anarchie et l'ambition mal guidée sont encore les malheureuses causes de l’impardonnable indifférence affichée par les Mexicains pour tout

. ‘ ce qui touche à leur passé. :

Les antiquités les plus rares et les plus curieuses du pays sont presque toutes exilées dans les bibliothèques d'Europe, ou dans les collections particulières.

. J'ai eu occasion de visiter deux de ces collections, l’une à Mexico, appartenant au côlonel d'artillerie, Luidgi Constantin, ancien gouv

neur de l’école militaire de Chapultepec, et l’autre — une des belles qu'il m'ait été permis d’étudier — à don José Manuel Cardosso, avocat de

Pendant que j'étais en garnison à México, un marchand de bric-à-brac, M. Boban, offrait en vente un nombre considérable d'idoles aztèques trouvées autour de la ville. Il demandait 15,000 francs de sa collection, et lors de mon départ sir J. Campbell Scarlett, ambassadeur anglais auprès de Maximilien, se proposait d'en négocier l'achat

- au nom-de son gouvernement.

Le cabinet du colonel Constantini renfermait,

entre autres curiosités de l'époque aztèque, des petites tortues en obsidienne, d’un travail exquis :

- et d’une valeur énorme aux yeux d’un antiquaire.

à En les sssmnant je me posais ce point d’interrogation. N'est-i

pas singulier que la tortue,

en pierre, Leg Aztèques I cette coutume, | OMS digne de Curiosité que ces Collections, St Moins bien classifié, le musée National de ‘ 1 exico Présente à Peine quelqu'obj à eMarqué.

8, en On voudra, gxcepté de P Û

Matériau le voyag

beaux, des villes : Fe entières — On vient d'en découvrir une derniè. à rement — que ] ‘on dirait abandonnées d'hier par un anciens habita ts.

als ces antiquités uno fo; les classifie

; “ lu, fois trouvées, il faut Fe r, les-transporter Préciensement d'un D bout à l'autre d'un d Partement, écrire leur his. AN À toire, nommer urateu en avoir bien Ro \ Soin, et cela est fort ennuyeux pour des \ habitués à ne marcher qu’

Sr | au pas accéléré de] LE fe viles Passions, et qu'à éc

eurs Outer la voix entuée de À leurs CANONS sexagéna er

S données leg plus des

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8 jetées sous ques bribeg éralogique ot d'oiseaux e chose que

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ces ar-

XI1 règne ‘en souverain dépuis les confins du

exas jusqu'au fond de l'Amérique centrale, et, reuve à peine croyable, en 1841, un voyageur

. ‘américain, M. John L. Stephens, ‘achetait pour

Jâ somme de cinquante piastres la ville entière

de Copan, dans le Honduras, avec ses ruines

grandioses, ses sculptures et ses magnifiques bas- -reliefs !

Bien que depuis l'apparition de l'ouvrage de

Lord Kingsborough, qui n’est réellement qu'une

pâle\copie des travaux du capitaine Dupaix —

ordonhés.en 1805, 1806 et 1807, pour la recherche des antiquités mexicaines, notamment celles de Mitla et de Palenqué, et publiées à Paris en

| 1884-85—l'’attention du monde savant, en France

.et en Angleterre, ait été attirée sur cette maladie. chronique d’apathie, l’abandof et l'oubli n’en:

continuent pas moins à trôner sur ces débris

tifique protégée par les autorités militaires et

d'un passé perdu. Pourtant, une te mia scien=

politiques du pays, et pourvue de tout le matériel requis en pareil cas, trouverait depuis les frontières de la Sonora jusqu'aux solitudes du Guatemala, un vaste champ ouvert devant elle pour réunir. les pages\ épagpillées de l’histoire des populations primitives de ces \contrées.

* J'ai souvent entendu Vire à mes confrères de

‘Ja société de géographie\et de statistiques de . Mexico, que les bords du' Rio Gila, en Sonora,

fourmillaient de ruines curieuses e : inexplorées. On en rencontre disséminées ça et là sur les rives du Rio Moqui, dans le Durango, dans le Chihuahua entre les villages de Llanos et le Ghaleana, et à la Quemada dans le Zdcatécas.

Plus il se dirige vers le sud, plus |le pied du

voyageur se heurte contre ces témoins muets

d’une antique civilisation.

Ts pullulent “dus les dépar Michoacan, de Mexico, de Pueb Cruz, d'Oniacs

n Contre les intem ries des saisons qui les rongent et les dissèquent lentement. À "., Bien que toutes ces Villes aient Un cachet | d'architecture qui les fait ro les unes 7 #UX autres, chacune Cache des éni ‘Sinexpli. | Cables pour la science.

iri dans Je Hon ; ent de. \ l fauxairdes .

roix, phes indéchiffrables : Ux Mosaïiques :

6 la ra » Sur les côtes ses flots

ss !

DEUX ANS AU MEXIQUE . 47 6 d'une suite de châteaux-forts, style moyen:âge, . égarée sous ces lointains climats. (1).

| Ces innombrables trésors d'antiquités, qu'un uvernement énergique et éclairé pourrait acher à leur léthargie, dorment tranquillement au fond de leurs forêts ou de leurs ravins,

RPeEr ongent et ne sont entrevus que de dix ans en dix ans,

Te __ par quelque touriste égaré, juste assez souvent Un cachet \ LA our faire mentir la fameuse phrase de M. er les unes 1e” Ë est Renan :,

\ “On n’a pas un seul exemple d’une peuplade ontient ‘ sauvage qui se soit élevée à la civilisation.” Ar de. ‘ longue que ma digression puisse paraître rs des au lecteur, je ne l'en détache pas moins de mon \ l'hi due | carnet de voyage pour l'insérer ici, parce que FA fer rogly- . +. Cette pañe pourrait bien toucher, par quelque ; : ne S su ignoré, à certains feuillets obscurs de notre ee 7 istoire. à lire É

de A é ibnitz n'écrivait-il pas au P. Verjus “ qué

po De | “rien he servait davantage à juger des connexions

Fes de . | des peuples que les langues ? ” .

je * les Or; la commission scientifique du Mexique a LES 2 Le des constaté la découverte d'une tribu algonquine € i e la À dans le Yucaian, et un linguiste distingué, M. ..

D Pour | ÿ Hervas, écrivait plus tard que la langue maya, Li CDeY est : parlée encore aujourd'hui par les Indiens de Se

wé Toute ë cette péninsule, et jadis par les fondateurs d’une

en-Îtza nn | .| grande partie de ces villes, offrait beaucoup ee Servées, : ” M d'analogie avec l'algonquin et certains mots de

| me + ï langue finnoise. Par contre, un autredialecte,

te 1 À / - l'othomite, encore en means dans le Michoacan, .:

be et ©" ressemblerait auchinois! ;

Ft + Es | L'esprit d'aventures et de voyages qui prédo- +

minait si fortement dans le caractère de nos t dont - F4 | ageur ; UE Ron ro gulier. :: (1) Excepté Quirigus, toutes ces villes appartien-

nent au Yucatan:

hordes igonquines ne planerait ces mystères

: Une bande immigrante plus hardie que les.

autres ne se serait-elle Pas avancée d'étapes eh. pes jusqu au jour où elle 8e serait

-il pas sur tous

8 —et a écrit quelques Ouvrages d'indianolog:

À q Parti Culièrement chez êelles Qt parlent L d

. l'emblême e cette main entrainerait l'id Supplication à la divinité.

retrouvée dans ses Courses au lac Supérieur, et même, assure-t-i], les Indiens des M cheuses l'emploient our ma

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