DEL ANS AU MEXIQUE
—“ Lors de la grande inondation, le pays d’Anahuac était habité par des géants. Tous ceux qui ne
- les cavernés quand les eaux commencèrent à baisser,
oO avait servi d'asile à lui et à ses frères, une colonne
artificielle de forme pyramidale. Les dieux, voyant . . tt . . ë .
avec jalousie cet édifice dont la cime devait toucher
aux Nuages, irrités de l’audace de Xelhua, lancèrent
dés feux célestes contre la pyramide, d’où il arriva
que beaucoup de constructeurs périrent, et que
Fe l'œuvre ne put être achevée” — oi
l’analogie extraordinaire que l’on trouve entre les
celles dont font mention les auteurs bibliques. Cela : devient d'autant plus frappant, qu'à propos deg
téocalis mexicains, M. Girard fait remarquer que ce sont, en général, des pyramides à degrés, ce qui leur donne une grande ressemblance % avec archi. tecture du monument de Babylone, dans lequel on croit reconnaître la tour de Babel, et qui, d'aprèt ‘ la savante description de M. Fresnel, se composaïit. buik parallélipipèdes rectangles en retrait l'un sup Voutre".i 0 Mic} ef
art, »
Dial STREA
périrent pas dans ce désastre furent changés en” poissons, excepté sept géants, quise réfugièrent dans :
Un de ces géants, nommé Xelhua — prononcez :
Chelhuha — qui était architecte, éleva près de. Cholula, en mémoire de la montagne de Tlaloe, qui .
Cette singulière légende confirme de plus en plug
“traditions primitives de l'histoire du Mexique, et
® ; id ee ee.
+ U0mMme nous retournions tranquillement au pas d8 .
pays d’Anaeux qui ne
hangés en’ rièrent dans :
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prononcesz :
a près de [laloc, qui
ne colonne ux, voyant ait toucher , lancèrent | il arriva it, et que
us en. plug entre les
lexique, et
ues. Cela ropos deg quer que és, ce qui
” &ulière curiosité que: j'aie bien certainement rencon-
i . ‘ À $ ie de bruit sur ce qu'elle ignore ou sur ce qu’elle n’a
fables absurdes ont été dites sur sOn Comple.
… AySiéniqée, ne pout être conserve Plus de trôis jours, x} Le bas peuple boit une, espèce d’eau-de:ie-
nos chevaux à. trâvers les immenses plantations V4 d'agave qui entourent Puebla, un indien occupé à en extraire du pulque (1) se leva en nous rodiguant - les fastueux titres de Grandeur et d’I] ustrissime ixcellence, et nous proposa d'acheter la plus sin-
trée. (C'était un insecte Connu-des mexicdhs sous le , nom d'animal plante—e animal. planta—&ür le dos duquel pousse un véritable petit arbuste, avec ses Couches ligneuses, ses feuilles et ses fléurs. 1] appartient au genre des hémiptères, et autant que j'äi pu en juger, doit être de la même espèce que la cicada plebeia de Linnée. | |
I est dans la nature humaine de faire beauçoup..
pas la patience d'étudier. L’inoffensif animal qui Nous occupe en ce moment, n’en a pas été plus exempt que beaucoup d’autres de ses confrères, et bien des
Un savant distingué, M. Léopoldo Rioïde la Loza, membre de la société mexicaine de géographie et de Stalistiques, après avoir prétendu que la partie réputée
ns
: (4) Au Mexiqne le Pulque rempläce le vin : on l'extrait de:la tige de l'agave de la même manière que l'on entaille l’érable au Canada. Cette. boisson, couleur de lait, possède des Propriétés enivrantes : elle est désagréable I6roqu'ôn J goûte une preinière fois, mais 6e pre- ‘imièr dégoût sbthoïté dh vd Piènd vite Ihabitude 6 breuvâge fort
‘ plante était une production anormale, une excroissance animale, causée par l’altération organique que *Subissait la larve, morte pendant sa transition à l'état de nymphe, se voyait obligé d’avouer plus lard, qu'après avoir examiné attentivement la couverture tégumentaire de cet insecte, il avait observé une continuité et une homogéneité parfaite, incom-
préhensible sans doute, du moment où il fallait ad-
mettre que telle production partait de l'intérieur et | que, nonobstant cela, la végétation se faisait comme si de rien n’était. :
Un mexicain d’une haute réputation, don Antonio del Castillo, écrivait à son tour dans le bulletin de l'académie de sciences de Mexico, qu'il existait dans les terres chaudes une cigale tellement friande du suc d’une certaine plante qu’elle creusait la terre à un ou deux pieds de profondeur, et què du moment
‘ôù elle était arrivée à l'extrémité des racines, elle s'y attachait et les suçait jusqu’à ce qu’elle se fût affais. sée sous l'effet d’une ivresse mortelle.
Petit à petit, ajoutaitil, avec le temps, la racine”
venait à se pelotonner autour de l’insecte et finissait par l’en velopper gntièrement. ï :
Les indiens de la Misteca; qui ne sont guère plus forts que don Antonio, croient encore aujourd’hui qu'après avoir mangé d’une graine mystérieuse, l'animal se la sentant germer dans le corps s’enterre et meurt en attendant patiemment que son instrn-
ment de supplice, daigne prendre sur lui de se vôtir
une exCroisganique que transition à avouer plus nent la couvait observé aite, incom-
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DEUX ANS AU MEXIQUE 107 de feuilles et de fleurs, et ombrager pour quelques jours cette tombe creusée pour lui seul.
Enfin deux professeurs, don Alfonso Herrera et don Gumesindo Mendoza, après avoir étudié soi.
gneusement au microscope la production anormale de cette cigale, assuraient y avoir découvert des
Corpuscules qu'ils croyaient être les spores d’un champignon. A
En face de toutes ces contradictions, de ces hypothèses, la lettre suivante ‘d’un officier adressée à l'académie des sciences de Mexico, venait embrouiller on ne peut plus la question, en la tranchant d’un seul coup par ces lignes :
,“ Pendant la campagne d'Oajaca, j'ai recueilli moi-même dix-sept de ces petits insectes, tous vivants à quelques pouces sous la: surface du sol, avec leurs arbustes en parfaite végétation. Le manque d'alcohol me força de les jeter les uns après les autres, et mon intéressante trouvaille ne servit qu'à me faire regretter une fois de plus, le peu de temps que j'avais à consacrer aux études scientifiques, car j'avais là,entre les mains, une lacune de l'his toire naturelle à combler : déterminer exactement la liaison qui existe entre le règne animal et le
règne végétal.”
Nombre d'officiers de la colonne du général d'Hurbal ont pris plaisir à pratiquer ces exhumations, et peuvent encore aujourd’hui certifier ce fait
ion à d'autres pius habiles E
{ dant
108 DEUX ANS AU MEXIQUE à
cription du bizarre insecte.
Comme s’est plu à le reconn
. que moi, pour ne plus m'occuper- que de la des.
appartient au genre des hémiptères, et ressemble à s'y méprendre à la cigale commune. J usqu’au jour
ment les habitudes de sa sœur de la fable, et.Chante, sinon tout l'été, du moins une grande partie d
mois d'août, époque où j'ai commencé à l’observef Il disparait alors tout-à-coup pour procéder à célte bizarre métamorphose sur le premier fil de laquelle la science n’a pu encore mettre la doigt, et s’en va sous terre opérer la liaison du règñe animal avec
. le règne végétal. Cu
Assez rare dans la chaîne de la Misteca où j'ai expéditionné pendant cinq mois, je l'ai retrouvé en assez grande quantité à Matamoros de Azucar, à Ailisco et aux pieds du Popocatepetl.
I choisit d'ordinaire, pour se livrer à son caprice végétal, les terrains où croissent l’aloës et le Cactus
Dans ces solitudes grises de poussière et bai
« gnées d’un soleil torréfiant, le voyageur rencon- trera de temps à autre l’animal-plante, caché sous les dehors d’un petit arbuste grand et gros comme un moyen bluet du Canada—dont il a à peu près les feuilles, mais beau coup moins nombreuses—et si c'est au temps de la floraison; penchant coquettement sous la brise brûlante son gai panache de fleurs rosées,
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S'il est un tant soit peu botaniste il n'a qu'à des. cendre de cheval, qu'à tirer son coutelas mexicain
le machete et à creuser avec. beaucoup de soiu la terre.
autour du précieux végétal,
Au bout d'une minute de travail, il en extraira, greffé à la racine de l'arbre, un insecte brun, essayarit
. pétit à petit de dégager ses paties du mucus blanc qui.
les enlace.
Si le touriste continue à l'observer, il les verra remuer bientôt avec vitesse, comme si l'insecte voulait supplier l’importun de le redescendre dans la tombb où il dormait si bien ; puis, peu-à-peu elles £e raidiront, redeviendront immobiles, et alors le voyageur intrigué peut sans crainte ouvrir les alfarjas de sa selle et glisser sa trouvaille, redevenue cadavre, maïs cette fois-ci sans aucune espéränce de résurrection,
L'animal plante n'est pas le seul phénomène que le
Mexique offre à l'étude du naturaliste et en feuil
letant mes notes je retrouve dans un journal de la Vera-Cruz, la Revista du 23 juin 1865, la description
suivante du ver-liane qui me parait être tout aussi curieux à observer :
— “ Le ver-liane a environ trois pouces de long et trois quarts de pouces de diamètre. Cet insecte subit une transformation: il a un | et une autre végétale, Sa formé est ronde; la
tôle seule ‘s6 fait remarquer par uhe espèce de barbe placée à la partie
touvre M tête
He reste dircorps et
d'un blanc transparent qui laisse voir à l'intérieur des filaments | semblables à des racines déliées. Cet animal se trouve vivant à la surface du sol et dans certains bois, jusqu'au mois de juin; à cette époque, il s’enterre, et en juillet ou en août il pousse comme une plante. Pendant tout le cours de l’année, il croît jusqu'à atteindre la grosseur de son corps ; ses lianes servent à attacher les haies. Au printemps, il fleurit, les feuilles tombent, et il se couvre entièrement de fleufs semblables.à celle du. rouvre; quand les tiges
atteignent quatre où cinq pouces, on peut le conserver disséqué sous la m
M. Lucien Biart, dans ses « Aventures d’un jeune naturaliste ” mentionne à son tour une chenille d’un vert émeraude, portant sur le dos une rangée de petits arbres systématiquement disposés. Le tronc et les branches, d'un rouge vif, se terminent en pointes ramiflées de la même couleur que le corps de l'animal.
Autant, et mieux peut-être que l'animal-plante, la pierre animée frappe l'imagination dn peuple qui la Romme picdra de los ojos, pierre des yeux.
Elle se rencontre ordinairement dans les sables, où ‘elle dtimmobile; mais placée sur une surface polie,
un plat de fer, de Cuivre, ou d'étain, elle tremble,
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l'intérieur liées. Cet sol et dans te époque, se comme ée, il croît ses lianes il fleurit, rement de ] les tiges ut le cone de son Sans se iore quel re plante
un jeune ille d’un angée de Le tronc inent en
le corps
ante, la le qui la
bles, :où ce polie,
remble, :
DEUX ANS AU MEXIQUE it
s’agite, semble devenir nerf, et il suffit alors d'une : goutte de jus de citron ou d'un acide quelconque pour la mettre en mouvement et la faire peram
buler.
© M. Masseras explique ainsi ce phénomène :
—“ Ces pierres sont des (]
percüles minces et de petites Coquilles deux centimètres au ï nt effervescence avec 1
L’animal-plante et la pierre anim seuls excentricités d’
mieux autour de lui, et si les secrets de cette belle nature prise à l’improfiste: le porte à la coquetterie, il n’a qu’à ramasser la bulbe de l’amolito, pour en
. tirer une lessive blanche et savonneuse, et mener à -
bonne fin un brin de toilette.
Au Mexique, tout est imprévu, tout est original. J'ai vu là-bas des Indiens suçer des tuhercules de dahlias, et mordre à belles dents dans des gâteaux de cigales séchés et pilées, pendant qu'à Mexico la fashion ne dédaignait pas certaines pâtisseries faites avec les œufs d’une mouche qui en dépose des
quantités innombrables sur leslagunes quientourent | la ville. Plus délicat, plus propre que «es fils d’hi-
dalgo, j'ai vu'aussi, le tejon,'espèce de raton, s'installer près d’un des filets d'eau de sa forêt natale et y laver
Minutieusement /sa ‘proie, avant de la * manger. ç À 2 .) ‘ Dans mes courses de Chasseur, j'ai souvente fois tué
des taupes grosses comme de jeunes chats; j'aiscol-.
lectionné des tettigones, insectes du genre des hémi.
miptères, dont les uns avaient la forme d’une yole,
les autres celle d’une poule, et à Tomocavaca, l'un de mes amis m'a montré un échassier — le jacanas qui avait une griffe fort respectable, attachée aux inoignons de ses ailes.
Ici, le bon Lafontaine bifférait une de ses plus jolies. fables, et la tortue-aligator — le galapago — partirait en même temps que le lièvre, le vañitrait À la course, et s'endormirait en attendant son rival au
but, pendant qu'au-dessus de sa tête l'araignée avicu- Ê
cette belle oquetterie, ), pour en t mener à -
riginal.
ercules de ss gâteaux à Mexico âtisseries épose des
entourent |
fils d’hiinstaller t y laver ‘manger.
> fois tué
j'aiscol-.
les hémi-
me yole,,
1, l'un de Jjacanas hée aux
ses plus &pago — trait â
rival au
Je avicu-
.laire trottine Pesamment, emportant dans ses paites
les petits de l'oiseau-mouche, etque sa sœur l'araignée d'eau, fait et remplit d'air la cloche qu’elle doit plon-
ger entre les nénuphars et les plantes aquatiques dy la lagune voisine.
Combien de fois nos artilleurs ne se sont.ils : pas amusés à toucher du doigt le bombardier —Coléoptère carabique—qui, en digne fils de sainte Barbe, répondait à cette politesse Par Une salve dont le bruit se perdait dans un petit nuage de fumée. Heureusement que tous ne sont pas d'humeur aussi belliqueuse, et j'ai và souvent des coléoptères galants, collectionnés par les doigts mignons des dames de Tehuacan, qui les enfouissaient dans un nid de fines dentelles et de précieux tissus que la petite bête reconnaissante embaumait des plus purs parfums de la rose. D’autres
‘—les scarabées hercules—si ce n'était leur taillé et
leur force, pourraient se Poser sur le bout du nez d'un
membre de la chambre des Lords, à qui—moins leurs pattes griffées — ils rappelleraient le parfum de
la fine civette d’Espagne. D’autres, enfin—les nécrophores—moins mondains, plus mélancoliques, plus portés au mysticisme allemand, passent leur temps à chercher le cadavre d’un petit rongeur ou d'un oisillon quelconque, lui creusent une fosse, et dé- ‘ posent. leurs œufs auprès du défunt, pour que ka vie, sortant de ce cimetière improvisé, puisse se nourrir aux sources de la mort, A côté de ces lugubres fossoyeurs, les manteg réligieuses—genre d'orthop..
tères— joignent benbitement leur de pattes, et semblent se 1 éfluves extatiques du troisiè
. Ce quine les empêché pas de
pieux et monastique défendre vigoureuse
8 premières paires aisser bercer dans les me ciel de saint Paul, fuitter soudain leur air » Pour faire le moulinet, et 56 ment dès qu’elles sont attaquées.
Nos mœurs Constitutionnelles se sont.
sées au miliéu des forêts vierges de 1
mème glis-
.. Mine toujours par une saigné téro-—pic charpentier —fra pp mentaires sur le tronc d Pour domaine, et accourt de suite ha côté, les insectes —il ya des bad
à bruit insolite, ont eu l'imprudente ç lle nez dehors. |
Enfin, les vautours ont leu
pays. Comme chez les rapaces, Tejeda, Escobedo
Mt-d8s stupides battemerits d'ailes du ment frétin | Ces Zopilotes, qui regardäiént leur rôiil ÿ énd par.
< 4 « CA et E HR SuE / É à 7 } 8 !
Mejis, qui sui Miremoi. et ils sé sont