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Den 2 Ed met 2
ières paires 2r dans leg saint Paul, ain leur air linet, et se Lattaquées.
même glisre chaude, le la verge nonce aux ue Sa Maqui se terle carpin els parlé.
est donné de l’autre ne parmi ipte de cé de mettre
es ensei- ''apaces, ilu monexicainé, u sûr ut qui sut | ‘pus, aû rü frétin .
nid ptit
mi pléurent risiement leurs feuilles perduës sous le
DEUX ANS AU MRXIQUE \ ) #5 Ne
Ê ° , hs” . 4 mi les zopilotes se gorger, et n'osaient Approcher de l'auguste charnier.
Si en campagne la vie deS champs .est ennuyeuse par suite de l'oisiveté, et du désœuvrement qu'elle entraine, en revanche la vie de garnison est agréable, car elle permet de bien employer les heures perdues,
surtout s'il existede bonnes bibliothèques dans la ce. ville où nous jette le-hasard. Celle que J'avais à mx 4 disposition n'était pas considérable, mais choisie, ) et, pour en faire l'éloge, appartenait au génie frañçais, mot. qui renferme à Jui seul les adjectifs sérieux et savant, |
Mes journées se passaient à feuilleter et à compuiser ces anciens manuscrits, ces précieux in-folios que la main intelligente de quèhues officiers avait arrachés aux griffes de ‘la bande noire, et quand je m'étais fatigué à déchiffrer l'écriture jaunie de ccs vieux moines, de ces bons franciscains qui, lorsqu'ils L n'étaient pas assez riches pour sacheter des livres, ss R les copiaient laborieusement, je n'avais pour mé : distraire qu’à regarder: par la fenètre entr'ouverte la ! Plaza Mayor. RÉ .
… Alors j'assistais à un eurieux spectacle. | | : On était en décembre, époque où les oiseaux de no$
tonte de là bise d'automne, et viennent à tire d'ails : “per au tropique un paude vordure:ot de solo
l'ous les arbres de la place étaient Couverts de ces bandeg lmmigrantes. Pas une bratehe qui ne ployät sous le poids de ces légers flocons de duvet; pas une feuille qui n'abrität un de ces frileux réfractaires. # IL fallait-les entendre se raconter leurs périls et * leurs aventures. C'était, surtout au coucher du soleil, .. Un bourdonnement et un Caquelage à n’y rien pouvoir .- Comprendre. ;
À les voir faire ce lapage assourdissant pour la
après cesser leurs querelles pour'se baiser amoureusement de leur ÿetit bec et chanter joyeusement un refrain inconnu, avant de cacher leur tête espiègle sous le bout de l'aile, je me demandai si l'oiseau
ne partageait pas avec l’homme l'onbli ét l’ingrati- Eu à tude ? Beaucoup allaient ne plus sè souvenir sous ce (24 ciel balsamique du rude climat de mon pays, et
retourneraient, au printemps, réchauffer le nid désert et abandonné qui les avait vus naître. (1)
(1) Rien} D. plus curieux que ces départs et ces érrivées. Mes lecteurs canäiens déivent se rappeler encore l'incroyable migration i, pendant la nuit 4
possession du bout d'une branche, puis. un instant |
combien peu, parmi toute cette bande de bohémiens,
verts de ces i ne ployât t; pas une actaires.
s périls et r du soleil, en pouvoir
at pour la an instant moureuseement un e espiègle si l'oiseau “l'ingratiir sous ce pays, et.
hémiens, aid désert
ivées. Mes 6 migration la nuit d
grade d'enfant de troupe
: cept “Mariér, ét s'était toujours. contentée de l’hümble :
. Malgré sa blonde figure qui la faisait ressembler à : ‘an anglaise, fût d'un sang tranquille et Au
Le temps s'enfnyait gaiement.
ment, nous AV ie 4
Au, commenceions pour oublier que les veillées AUCOUP trop bruvantes du club, te édflies tout.à fait de fréquenter ces
Bientôt | AM SA. 2 . .
. réunigné} qe nous assembler une dizaine au café | CPR 4 ahle Rose. Là, nous Causions à notre aise
PA
Win
Chauffait, mai toujours la tante Rose arrivait à temps pour remettie son monde d’accord. RES ti |
C'était une sin et sa jolie cription. | ;
Nul à la légion étrangère ne Connaissait son âge, pour l’éxcellente rais
on que. malgré son visage toujours frais elle compiait aux cadres depuis fort longtemps. ‘ Quant à son nom, personne ne s'en. occupait ; il suffisait qu'elle fût la tante de tout le monde, | à
gulière femme que la tante Rose, personne’ vaut bien la peine d’une des-.
Sa carrière “militaire s'était ouverte par le haut
» © qui voulait dire que ” son père avait dû être un ancien militaire, et jamais Pon ne putsävoir si c'étais par modestie.ou par dé- Lg mais elle avait constamment refusé de se : position de vivandière au régiment. Ilne faut conclure de toute cette réserve que ma tante Rose,
CUOIOrmi:
Héfüre, histoire, philosophie, art militaire. Quel -* Quefois. la “discussion sé
eme
AE
Lib RE PTE Es
dé
. 2 MY cY ee dé : ' 118 :. DEUX ANS AU MEXIQUE feu, elle tenait un peu de la ‘bravoure de Jeanne
Hachette, de l'intrépidité de Jeanne d'Arc, du sangfroid de notre brave canadienne, mademoiselle de
__Verchères. Sur les champs de bataille d'Algérie, elle |. avait versé à boire au soldat mourant de soif, sans | prendre garde aux balles du kabyle. En Crimée, elle gravissait au pas de course les pentes escarpées de l’Alma, son petit tonneau d’eau-de-
à Solferino, l’empereu
© Kégion d'honneur.
dé plus chic tronpier de toute l'armée ‘ françaigé:
Jorsquelle passait cr'ânement sur les trottoirs dé
Puëbla, dans‘ son gai Costume de vivandière, ses
Quatre décorations au vent, el portant militairement
fa pelite main à son Chapeau lorsque les faction- ‘naires lui présentaient les armes. à
Parmi Les officiers qui assistaient à nos réunions,
se trouvait un de ces caractères excentriqués qui
restént gravés dans la fnémoire, une fois qu’on les a . rencontrés. « . L
Coinmé ma tante Rose, il appartenait à la légion étrangère, où il s'était engagé avant la guerre : orient. Soit fatalité, soit insouciance, il n’avai
CT Présent tiré hors de celle loterie où #8 Æ
de Jeanne rc, du sangnoiselle de
Igérie, elle
e soif, sans rimée, elle carpées de l'épaule, et nilieu d’un s blessés et e. Alors il nchant sur
ttaché sur
ier de la > était-ellé ‘françaisé, oitoirs dé dière, ses tairement s faction-
réunions, iqués qui u’on les a
gagnent indistinctement bâtons de maréchaux de
France et chevrons de Caporaux, que la contre- : épaulette de lieutenant. D'une rigidité excessive dans le service, il Causait rarement, passait son temps à lire une édition allemande de Goëthe, faisait quelquefois des vers et surtout ne riait jamais.
Au régiment comme partout ailleurs, quand on. n'a rien à se dire, ce qui arrive assez souvent, on invente. |
Plusieurs histoires extraordinaires roulaient donc sur le compte du lieutenant alsacien, Quant à moi, bien que je n’aie jamais provoqué ses confidences, j'ai toujours été sous l'impression que ces dehors austères cachaient unié âme de “Poète, déclassée at jetée d’un seul coup hors de ses g0hds, par le réalisme de la vie. 5
Plus tard, mes doutes furent confirmés jusqu’à un
Certain point, |
Notre malheureux Camarade fut tué dans une es. Carmouche près de San Luis de Potosi, et le soldat qui lensevelit trouva dans son scapulaire, la poussière de quelques fleurs desséchées.
Comme le colonel Evrard, de Jules Sandeau, “ il avait probablement vu se briser en un jour, l'espoir de sa jeunesse, s'évanouir à jamais tout un avenir de félicité, et se sentant seul il s'était jeté dans l’armée
comme on entre à la Trappe. L'armée offre n°, ::
4 ft, plus d'un rapport avec le-cloitre. Elle bride
SE
r AE
lès passions, règle les âmes et ouvre un refige &
bien des douleurs, à bien des mécomptes.”
La fin de l'année 1864 approchait, el l'estorte, .
attendue-sous les ordres du chef d’escadron d de Jesus de Ximènes, partie le 14 de Mexico, vait pas encore. |
Déjà nous étions au jour de Noël, et je me ra
ppellérai longtemps cette nuit qu'il nous fallut pas-
on José n’arri-
sonlèvement de leperos se préparait. Enfin le colonel
Jeanningros me détacha au convoi que le colonel .
Doutrelaine devait conduire au corps expéditionnaire d'Oajaca.
Je ne fus pas long à rejoindre mon poste.
Dans la nuit du 31 décembre, je galopais lestement sur la route ‘Amozoc, non sans m'être retourné sur la croupe ne de mon mustang mexicain, pour regarder une! fois encore Puebla qui s’'endormait Sous les ayons satins de son clairde lune, et crier au revoir à cette joyeuse ville, aux cloches argentines et aux mystérieuses sérénades, que la main de l'homme à déposée sur le plus haut plateau de la Cordillièré avec le même soin et la même tendresse, qu'un fils: respectueux dépose un frais bouquet de violettes’et de fleurs des Champs aux pieds de sa mère le jour d’un anniversaire heureux. | | FE
n reftige 4 » |
t l’escorte. .
n don José co, n’arri-
me rap lallut pas- S chargés édrale, le nu qu'un le colonel e colonel .
tionnaire
estement )urné sur in, pour ndormait crier au ntines et l’hômme rdillièré d'un fils:
ettes et le jour:
--grolles sépulcrales,
CAMPAGNE ET SIÉGE D'OAJACA Létat d'Oajaca où nous allions faire la guerre, esb
sans contredit le plus riche département de tout le
Mexique. Sur son terrain fertile poussent à qui mieux -
Mieux la canne à sucré, le blé, le Cacao, la vanillé,
Parbéga Caoutéhouc, lindigo, le cactus à cochenille, Fr
l'acajou, le palmier, le vernis-copal, toutes les plantes ‘äimées du soleil, tous les fruits savoureux du tropique, pendant qué nombre de ruines historiques et de échappées à grand’peine à l'avidité espagnole, se cachent sous son s0l productif. C'était ce lambeau du paradis terrestre-patrie de Juarez—que nous allions délivrer des bandes de guérïllas qui l’infestaient, et la Campagne promettait d'être chaude, car de part et d’autre on avait contracté l'habitude de ne pas trop se faire quartier, et si d'un côté] nous avions à lutter contre douze mille hommes et le plus capable des généraux J uaristes, don Porfirio Diaz, aujourd’hui président du Mexique, notre poignée de soldats était commandée par la bravoure personnifiée, le général de division le vicomte Courtois Roussel d'Hurbal.
L'expédition avait débuté par la brillante affaire du couvent. de San Antonio, où soixante hommes du 7 de ligne, sous les ordres de l'héroïque capi-
: . : 4 taine Noÿer, avaient tenu têle une journée entière Bu
à deux mille cinq cents hommes commandés par Porfirio Diaz, en personne. |
Ce glorieux fait d'armes s'était ainsi passé.
Ignorant la présence de l'ennemi le Capitaine Noyer venait de donner permission à ses hommes d’aller se baigner à la rivière, ne réservant qu’une garde de douze soldats autour des armes formées en faisceaux, lorsque Diaz déboucha en colonnes serrées, descendant la sierra au pas de course,
À l'aide. de caisses de biscuit un léger retranchement fut aussitôt improvisé sur lé parvis de l'église
du couvent, et là, le capitaine Noyer à la tête de ses douze hommes, commença une vigoureuse défense,
en attendant que le reste de sa Compagnie pût le rallier. .
Bientôt. les baigneurs arrivèrent au pas gymnas-
tique, qui en pantalon garance, qui en chemise, qui .
pieds nus, qui sans rien ‘du tout, et dès lors commença une des luttes les plus héroïques de cette
Campagne qui en vit tant. »
Il faut économiser les cartouches. Noyer com. :
mande : | —A la baïonnette! .
* Et une trombe terrible passe, en hurlant, à travers les rangs mexicains, qui forts sur le coup de feu, l'embuscade et le l4zz0, Ont:toujours eu une peur horrible de l’arme blanche.
andés par
sé.
Capitaine
s hommes nt qu’une >rmées en es serrées,
‘etranchele l’église êle de ses > défense, ie pût le
gymnas-
mise, qui :
dès lors de cette
yer com-
à travers » de feu, ue peur
Fe ’ DEUX ANS AU MEXIQUE
Dix fois ces soixante hommes du % de lighe reviennent à la charge,.et dix fois l'ennemi atfolé,
recule, hésite et s’'éparpille, pour revenir de nouveau en nombreux esssaims.
Mais soudain une fanfare retentit dans le lointain :
c'esl le capitaine Choppin du 2e bataillon d'infanterie -
légère d'Afrique qui arrivé à la rescousse, avec une demi compagnie de zéphirs. Alors commence une terrible boucherie, et l'ennemi Culbuté, s'enfuit laissant trois cent quatre-vingt quatre morts sur le terrain, un/grand nombre de blessés, quarante-prison-
“niers, deux cents fusils, des équipages et de nom- ? breuses munitions.
L'action avait duré deux heures et le capitaine Noyer, grièvement frappé au bras droit, n'avait eu.
que cinq morts et vingt-huit blessés : mais ce combat
avait valu aux highlanders improvisés du capitaine le surnom de “ chemisiers du % de ligne.”
“Vers la même heure, à Ayotla. petit village situé à &eux lieues de Sän Antonio, 1180 J uaristes avec trois pièces de montagne, attaquaient une autre compagnie du même régiment, commandée par le capitaine Nottet. Ce dernier leur planta ses baïonnettes dans les reins, leur tuant Cinnante hommes; en blessant
cent deux, leur enclouant un canon et emmenant Onze prisonniers.
Vingt-huit morts et quätre blessés.
Les pertes du capitaine Nottet, se montatent + —
—___ Ces échecs avaient rudement ébranlé la vantardise des terribles bandes.
. ‘faire le siége, levant des impôts, pillant les églises et - poursuivant de leürs exactions les paisibles habitants de la malheureuse cité, tout cela pour et au nom de - laliberté . | | . Le général d'Hurbal parti de Mexico à la tête de sa colonne expéditionnaire vers le milieu de no- ‘vembre, était arrivé depuis quelques semaines ‘au petit village d'Etla, à deux lieues de la ville, et après avoir été en reconnaître les environs et s'être per-: suadé qu'elle ne se rendrait qu'âprès une vigoureuse défense, cet officier supérieur avait demandé des munitions et des mortiers de siége au maréchal Bazaine. e ne | C'était ce convoi attendu avec tant d’impatience, que nous escortions, et le 1er janvier 1865, nous marchions sur Tepeaca, pour de là nous enfoncer . : à travers les gorges sauvages de la Misteca, haute chaine de montagnes qui fait du département d'Oajaca, un repaire inexpugnable où bandits, voleurs, * guérilleros, mènent joyeuse vie et se livrent à de profondes études sur les lois du communifine. D - Bien que.devant l'ennemi j'ai contracté l'habitude ."" detenir un journal qÿ je consigne soigneusement
Le
elles attendaient patiemment- qu'on voulût bien en :
vantardise
u général L. Là, sûretifications,
\t’ bien en.
églises et > habitants Lu nom de
la tête de u de noqairres ‘au e, et après
s'être per--
igoureuse andé des maréchal
ipatience, .
65, nous
enfoncer |
ca, haute
artement -
, voleurs, rent à de ne. ;.
habitude
usement
/ donnait
ge ice pourrait froisser l'amour paternel que je porte
à ces pauvres enfants encoré tout basanés par la poudre et par le soleil mexicains, je préfère les retenir dans l’intérieur de mon cabinet de travail, plutôt que les exposer aux regards sarcastiques et railleurs de ces esprits forts, de ces £ns crisiques de salons,
Nous causerons néanmoins, et puisqu'il est admis que nous Cansons, je vous avouerai que pour nons autres militaires, s’il est un moment de l’année où l'on se sent plus mélancolique que d'habitude, où l'image si gaie et si tranquille de la famille s'en revient voltiger sous la laine blanche de notre burñous et nôus apporter une émanation de nos joyeuses ‘d'enfance, c’est un jour de l’an passé en route: n, notre service nous a
les/événements les plus importants de la journée— sûivant en cela le conseil que le général de Pimodan
qui n’ont que l’absinthe au cœur et le sourire du ‘ felin sur les lèvres,
traite nous écoutons le rapport du sous-officier de semaine, que nous parcourons la liste des punitions, . on que nous arrêtons l'ordre du jour du lendemain, la grande voix du -bonheur envolé est là, qui mur- - Mure doucement ses naïves paroles d’amour-et de tendresse, | | |
Sous l'influence de cette sainte vision, plus d'un vieux sabreur, plus d’un grognard se prend à comparer la triste réalité à cette vie qu’insouciant enfant, il v’entreyoyait qu'À travers les yeux aimants et affectueux de sa mère. Son front hâlé devient tout à coup soucieux et rêveur, et si la poudre et le salpètre n'ont pas pénétré trop avant dans cette Âme rude mais bonne, il s'agenouille encore pour de- mander une bénédiction à ce souvenir d’une félicité morte pour longtemps.
Cette douce image de la vie de famille que le soldat aime à se retracer pendant ses longues heures de faction, qui réchautfe le cœur de l'officier lorsqu'il se sent ennuyé par la monotonie de son . service et de la vie qu'il mène, ne saurait s’effacer,
7 même lorsqu'on a la chance d’avoir pour camarade
dé routs-un charmant causeur comme l'était ce jour-
B Le capitaine Trollet du-ler Chasseurs d'Afrique, où
” de trouver ce mème soir, comme moi au-presbytère de Topaaca, chez le RP, José Maria Pélaëz da —
Liänes, bon gîte, bonne table et franche cordialité.
Ces douloureux retours sur soi-même que souvent dous fait fairo l'oisiveté de la pensée où nous force
Officier de
punitions, .
endemain, qui murnour-et de
plus d'un |
nd à comnt enfant, imants et vient tout dre et le cette âme pour de-
ne félicité -
> le soldat s heures l'officier e de son s'effacer, amarade .
—filläg
de vivre notre métier, ont pourtant le bon côté s'envoler aussi vite qu’ils s’en sont venus, dévant les nombreuses contrariétés qui nous arrivent au moment le plus inattendu. É
* A Tepeaca, une estafette du maréchal apportait au colonel Doutrelaine l’ordre de rebrousser chemin pour prendre la route de Tepeji.
— Elle était meilleure, disaitil, pour le passage des lourdes pièces de siége que nous escortions.
Quant à moi, d'après l’ordre du colonel, je devais
. franchir vingt-deux lieues à marche forcée, et me rendre à Tehuacan, pour y joindre une colonne légère
formée d'un bataillon du 3 zouave et de deux”
pièces de montagne, sous les ordres du comman dant Delloye. | É
C'était explicite, mais peu sûr.
La bande de Figueroa infestait le chemin, et il:me fallait le parcourir seul, en uniforme et sans escorte. . Un ancien sous-officier au 1e zouave, blessé en
Crimée, et chevalier de la légion d'honneur, qui s'en’. allait agir comme fournisseur au corps expédibonnaïre, voulut bien se joindre à moi, et le deux
donner nous quittions Tépeaca, pour aller coucher à
éizé lièues de 1à, à Tlacotepec, chez l'alcalde du
à quatre heures, nous faisioug e uacan, sans avoir été molestés le:
dd. à En 1
sr Le
son
Üe :
TL est vrai qu'en galopant à travers certains bourgs, “en passant par les rues de certains villages, plus d'un regard haineux et féroce nous suivait au passage, Mais personne n’osa nous toucher. Tôus étaient,
sous l'impression que deux hommes n'auraient jamais la hardiesse de s’aventurer seuls comme cela
en pays ennemi, et que nous devions précéder. de quelques heures un fort détachement de troupés. françaises, ù
Notre audauce nous sauva,
En arrivant à Teh uacan, le commandant supérieur, le sous-lientenant Miquel du 2e bataillon d'infanterie. légère d'Afrique, nous fit prévenir que le 3e zouave: que nous devions y rencontrer, était parti la v itle en toute hâte pour aller au secours d'un poste de dix’, soldats français, cerné, et sur le point d'être enlevé, à Goscotlan, à deux lieues de là, par quatre cent cinquante guérilleros et deux pièces de canon sous les ordres de Figueroa.
Force nous fut de séjourner dans cette ville pendant vingt-quatre heures. La bonne fortune avait voulu: que nous fussions - logés chez un brave normand, M. Olivier, million: paire de l'endroit, qui essaya autant que possible de nous faire oublier les fatigues et la mauvaise nourri. ture que nous avions digérées depuis plusieurs jours, ên nous comblant de prévenances et de petits soins. :
Gette journée de repos nous permit de visiter cetie
ins bourgs, , plus d'un au passage.
us étaient
araient ja- > mme cela
‘écéder. de le troupés.
supérieur, infanterie.
3e zouave:
la veille ste de. x À rè enlevé, atre cent non sous
e pendant
fussions millionssible de e nourri- 1rs jours, IS SOS, :
ville, qui, du temp{ des aztèques, était un des lieux sacrés de l'empire. Elle est assez petite, mais ses rues
® sont fort propres. Comme le vent soufflait à la révolution, Tehuacan /était, ce jour là, pivelée de
barficades et ne préséftait partout que des ouvrages le fortifications Dassagères.
.*. Continuellement exposée aux
4» ‘breuses bandes
Ar \
qui en infestent les alentours, et qüe Mn An, : < ° le
\ Pespoir de grasses Xançons prélevées. sur ses riches “*, habitants, y attirent sans cesse.
Par sa position elle est déprédations des nom- .
. Le soir, en nous couchant nous nous promettions :
*-de luxe d’un\long et rafraichissant. sommeil, mais, hélas Î nous comptions encore sans les ordres Supérieures ; car, à det& heures de la nuit nous fûmes * éveillés par les trompettes d'un escaMon de lanciers inexicains, sous les ordres - Dientôt un courrier de.la subdivision. vint nous Prévenir que nous devions monter à cheval et nous - Fémettre en route, les zouaves s'étant lancés à la Poursuite des guérüleros qui détalaient devant eux Je plus lestement possible.
", Les lanciers qui nous escortaient avaient une tenue
remarquablement belle pour des troupes indigènes, et léur Commandant était un officier qui n'aurait pas = 6t6 déplacé dans les rangs français : néanmoins, Pour un chef de partisans, il avait le défaut de ne. Pas connaître le pays où il guerroyait, go ren eûmes une preuve que trop tôt ; et ce ne
du colonel Carrillo, et : :
“eh
pe. AP
qu'après avoir marché jusqu'à une heure dela
«ess?
nuit, faisant près dé trente:et une lieues à cheval, en détours ét en zig-zags, que le colonel mexicain parvint à opérer sa jonction avec le commanda
Delloye, bivouaqué au piéd.des ruines noircies de
l'église de San Antonio. DRE Fait prisonnier en 1867, par un régiment juariste, le pauvre colonel Carillo, qui avait été créé préfet politique de Teotitlan, fut pendu haut et court à une branche d'acäjou, sans autre forme de procès. Les zOuaves, avec lesquels le hasard me permettait de faire la Campagne, étâient pour la plupart les “mêmes qui, au combal ‘de Palesiro, lors de la guerre . dTtalie, étaient venus sabrer les arlilleurs autrichiens sur leurs pièces. Plus tard, leur drapeau
devait être décoré de la croix de la légion d'honneur,
én commémoration-de la prise de deux drapeaux au tombat de San Lorenzo gagné par le général Bazaine. Comme on se sentait électrisé en voyant sé déployer «et flotter sous les caresses de Ja brise des . Montagnes, ce vieux Jambeau de soie lacéré bar les balles, troué d'éclats d'obus, sale, noirci de poudre et de sang, mais dont chaque déchirure indiquait fièrement une victoire ou un triomphe ‘éclatant 1 Plus d’une fois, l'ennemi l'avait vu de près, ce glorieux chiffon, à côté duquel notre cher drapeau de Carillon eût été intact, 11 connaissait par cœur. les fissures de sa hampe: il savait quels étaient :les terribles jeux de muscles de toutes ces figures bäsanées, placées par 1
ES
ce : egs ii EisLTs … nd. 1
à cheval, en 1 mexicain mm noircies di ent juariste, créé prélet court à une oCès.
: permettait plupart les > la guerre leurs aur drapeau d'honneur, ‘apeaux au e général Voyant se brise des ré par les poudre et juait fièreant! Plus > glorieux apeau de cœur .les aient ‘les s figures
positions formidables où une
de son aigle, et nous chassions les Mexicains devant -
nous, sans qu’ils osässent faire la plus petite résistance, les’ forçant d'abandonner | poignée d'hommes résolus aurait pu nous écraser jusqu’au dernier,
| Une fois, notre avant-garde put échanger avec l'en.
nemi des balles perdues qui n’eurent pour résultat
. Que de faire incendier par nos trou pes exaspérées, le
- des vastes problèmes culinaires où les
: de terre çuïtes en robe
village abandonné de Salome, et de donner à la colonne l'occasion de chaparder un approvisionne- ‘ment de cochons, de poulets et de bananes.
Pendant trois jours, ce fut une bombance à er erdre la tête. [l était curieux de voir comment nos aillards de zouaves faisaient le frichti, et se tiraient plongeait un
poule au riz, ou des pommes de chambre,
De Ma vie je n'ai fait de meilleurs dîners, et,
&gigot de mouton, une.
— m'accusèra qui voudra de sensualisme, je me rap-
pellerai‘longtemps les études gastronomiques auxquelles je me suis livré pendant les quelques jours que je fis popote avec les officiers de ce bataillon. @) Lorsque je ne mangeais pas à la tienda avec mon
camarade de route, j'avais pour compagnons d’ordi- .
rennes | É
(1) Le mess dans l'armée fränçaise n'existe qu'en garnison. Les:
tapitaines ont leurs tables à part, ot les lieutenants et sous-lieutenants
mangent séparément. En Campagne, les officiers d’une même compagnie
à tout moment des.
forment popote, c'est-à-dire qu'ils-vivent- au même ordinaire.
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Ê £ \ VO 132 Deux ans au MEXIQUE
Ve
7 naire le lieutenant Jacquot et le sous-lieutenant
Lafond, deux braves, excellents Causeurs, spiritüels et enjoués, prenant la vie comme elle venait, et t “. ne se faisant de la bile que les jours où l'ennemi d sembldit nous attendre de pied ferme pour ne s’en 1 . Sauver que plus vite. Jacquot était parent d'Eugène h de Mirecourt, et la verve caustique dé ce conter et à de ce biographe avait un tant soit peu déteint sur les d fines réparties et les anecdotes piquantes du lieu- | J. tenant. 2e a: q :
Quant au sous-lieutenant Lafond il ne regrettait qu'une chose; c'était d'avoir laissé aux autrichiens, sur le champ de bataille de Solferino, la plus belle moi- É tié de son nez. Encore s'en consolait-il lestement {ors- ; que son petit miroir de camp réflétait six glorieusesdécorations, ét il disait alors en se passant la main.
“Sous le menton : | 1 D —Trente-quatre millions d'entrailles de démons ! Do quel dommage que je n'aie pas la Médaille commé- | morative de l'expédition de Chine, j'aurais la collec- dr tion mumismatique tout entière. : mu
Plus tard — pourquoi ceux qui restent, écrivent. de ils toujours ce triste mot, plus tard ? — au combat fra de la Malmaison, le 24 octobre 1870, en se por- eu tant intrépidgment à la tête des: tirailleurs du. | Lo régiment des zouaves de marche, le lieutenant ) sou Jacquot, devenu, commandant, tombait frappé d'une 698 balle:prussienne, | | de.
* 7" Toute la ligne—dit le génér al Ducrot dans se,
peur —
lieutenant Spiritüels venait, et .
L l'ennemi
r ne s'en d'Eugène
conteur et int sur les
du lieu-
regrettait trichièns, belle moi-
nent lors-
lorieuses-
t la main,
démons | - comméla collec-
écrivent- 1 combat se poreurs dû:
eutenant
pé d'une
‘dans à
ET SCC.
mise à l'ordre du jour—pliait accablée par des forces supérieures, lorsque dans ce péril imminent le capitaine Ducos et le sergent-major de Grandvillese sont dévoués pour sauver leur chef et l'ont emporté dans Jeurs bras ; mais bientôt le capitaine Ducos blessé lui-même de.deux coups de feu a dû se retirer. Le sergent-major Petit de Grandville, seul sous une grêle de balles, a transporté sur ses épaules le commandant - Jacquot jusqu'au moment où il s'est affaissé à son
tour.”
Que de braves officiers, de bons camarades, de nobles cœurs sont tombés en défendant le sol de France, pendant l’'épouvantable guerre de 18701
Et les voilà mélés à tant d’autres poussières Sans qu'ils aient désormais plus de geste et de voix Que ces têtes de morts qui, dans les cimetières