‹ Deux ans au Mexique [microforme]Chapitre 29 sur 46 · AIN · texte numérisé non relu

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All U fr es dr ; Bee CS 192 © peux ans au MEXIQUE. .

embaunés pendant que la musique dù ‘régiment

el jouait des morceaux de grands maîtres, et bien des . : 8 regrets, bien des soupirs, bien des élans de cœur. vers 1 le passé où vers l'avenir furent confiés à ces raméés p: miroitantes sous les rayons mélancoliques du fe plus :beau /clair de: lune qu’il soit possible d’ima- < le . giner. Poe 2e ; Mon compagnon ordinaire de causerie étaitunoff. ‘ be cier d'artillerie distingué, bas-breton de tête comme 81 de cœur, le lieutenant Dani Lorsque nous nous Fe rencontrâmes plus tard à Mexico, au retour de la ra campagne, nous revenions avec plaisir sur ces ré flâneries poétiques, oubliées sur le sable doré des de -__ jardins tout parfumés de San Felipe, et nous regret. tions souvent ces belles nuits qui devaient avoir lo un peu de cette sérénité planant sur la soirée où mi Scudo composa son exquise romance “le Fil de la 4 co | Vierge.” co Lorsque je rentrai au pays, je promis à Daniéiow | d'essayer à nous réunir plus tard. Seul ji tenu parole, et voici comment. : { let : Depuis quinze jours j'étais à.Paris, où j'avais déjà me embrassé Girard, Fourcoual, le ‘général d'Hurbal, vel Et tulli quant Aucun n'avait pu me donner des : ‘nouvelles de mon ami Daniélou, et de guerre lasse, lie je songeai dû café du Helder, ce yendez.vous habituel Le de tous les officiers de passage à Paris | | est

—Félis, un bock'et l'anriuaire ! criai-je au garçon,

régiment * bien des.’

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7 +. PEUX ANS AU MEXIQUE 153 en minstallant auprès d'une des petites tables alignées sur lé boulevard des Italiens.

: Quelest le militaire de passage à Paris, qui n’a pas connu Félix, ce garçon de café, plus savant, plus

ferré sur la composition des cadres de l'armée que

le: maréchal LeBœut lui-même, qui pourtant savait sès le debut de la campagne de 1870, le nombre de boutons qui manquaient dans les longues piles de guètres entasséès dans les magasins de l'intendance ?

Felix m'apporta donc, l'annuaire ; et après l'avoir

rapidement feuilleté, j'acquis la conviction que le

régiment de Daujélou était en garnison au château |

de. Vincennes. ‘ : ; ae ,

Dix minutes après, je sautais sur limpériale de l’onnibus, et j'étais en route pour aller serrer la main à mon vieux camarade, Mon cœur allait encore plus vite que les claquements dé fouet du

cocher, et en partant, j'aurais déjà voulu être arrivé.

Enfin, voilà Vincennes ! \

Je saute à terre; et mes yeux tombentsur les épau-’

lettes d’un officier d'artillerie .assis mélancolique.

ment& la porte d’un café, et en train de prendre le

vermouth du matin. | | — Poùrriez-vous m'indiquer l'endroit où loge le

lieutenant Daniélou, lui dis-je en saluant.

: =Daniélou ! reprit-il d’un air tout étonné ; mais il

est là-bas, à Saint-Mandé. Puis, hochant la tôte : “a

. — Depuis cinq mois, il est mort,'et de a)

. Colonel Doutrelaine,

ét'de Guadeloupe.

F vions tout à notre aise du haut du beffroi de ‘À

154 DEUX ANS AU MEXIQUE encoré.artilleur !

Je crus qué mes jambes allaient crouler sous moi : néanmoins j'eus la force d'aller jusqu’au petit cimetière de Saint-Mandé faire la visite promise...

Mäis pourquoi toujours parier ainsi de ceux qui. ne sont plus ? C’est une manie deplorable, dont j'aurai peut-être grand’ peine à me corriger ; et# puisque

je dois-m’ essayer, mieux vaut de suite. Je reprends yes: ) vau é

donc le fil de mon-récit, et vous dirai que nos douces flâneries durèrent depuis le 22. jusqu’au 27 janvier, jour de l’arrivée si attendue du convoi du

Alors nous reçumes l’ordre de nous tenir sur le qui vive, car on devait cominencer à tracer la ligne de circonvallation et à ouvrir la tranchée. Cela n'empêcha pas le statu quo de durer. jusqu’au premier février. Il ne se passa rien d’extraordinaire jusqu’à ce jour, si ce n’est une fausse alerte que nous eûmes pendant la nuit du 29 janvier, et:le saisissant spectacle d’une partie de la ville incendiée par les

troupes de Porfirio Diaz, pour circonscrire ainsi sa 1

ligne de défense.

‘Par ordre du général ennemi la torche et le

bitume furent promenés pendant sept jours consé

cutifs dans les quartiers de Cozula, de los Principes,

de San Francisco, du Marquesado, de la Conception, Ce ciel tout embrasé, que nous

4 c’est une maladie bien Hilo due 5

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| l'église de San Felipe ; ces coupoles et ces clochers ‘ qui s’effondraient; ceîte mer de feu qui roulait mu-

gissante ; ces spirales du fumée, et dé temps à autre.

les terribles explosions qui PRET l'air, tout cela nous faisaient involontairement songer à Moscou

et à son Kremlin.

Trois mois plus tard, Maximilien reconstruisait à ses. propres frais quatrewingts de ces

maisons détruites, et envoyait dix mille piastres,

—dont six mille prises sur sa cassette particulière et quatre mille sur celle de l’impératrice—-aux malheureux qui erraient à demi-morts de faim et couverts de haillons, dans les rues de leur ville ruinée.

Le premier février, à quatre heures et un quart de

l'après-midi, une estafette nous apporta à toute bride

l'ordre de nous porter en avant, dans le but de pro-.

téger des soldats du génie qui devaient travailler à ouvrir une rampe destinée à relier l’hacienda d’Aguillera à un ravinitué au pied d’un des forts de

| l'ennemi, le Dominante.

C'était là que nous devions: asseoir notre camp pendant la durée du siége

Tandis que nous opériôns ce mouvement, le 3e -souave devait faire diversion et attirer sur lui l’attention des assiégés, en simulant une fausse attaque sur

xle Panthéon, vaste édifice situé au sud de la ville, Æù l'ennemi avait construit de fortes batteries.

"|, Une-demi-heure après avoir reçu communication

de cette dé

- bataille,

donner une i

Courage qu’à su toujours déployer la France, même à ses heures les plus

Gette intrépidité a to

comme plusieurs o

vouèrent plus tard.

. il se tint coi derrière - faveur de l'ob$curité n auprès du tunnel de embusqués l'arme’ aû

“mité D’après l'avis nême de Chopin, l'o flegmatique qu'ill soit do

devions avoir du

L 4 ficier le plus : donné de rencontrer, nous

ort.tabac pour le lendemain. 5

\ . e \ pêche, nous nous ébranlions en ligne de

‘hommes, s'exposant À ous l'ouragan de mi-

1 ligne de

Xposant. à n de mipiter du "chait inau vent, lime du e, même gnantes.

ennemi, ous l’afication, qu'à la masser .

estâmes 2ure du ioirnidre ichevée le pas 1 ravin ec ne pitaine la con.

extré- La e plus nous

Le reste de la nuit s'employa x créneler lPhagienda,

à creuser autour deux larges fossés, et à élever sous la ‘poterne un terrè-plein où nous plaçâmes en batterie les deux obusiers de montagne du lieutenant

Tisder. :

Jusqu'à dix heures du matin, tout fut d’une tran/ quillité désespérante; mais au moment où nous déjeûnions, le bal commença. | |

Toute la journée, ce ne fut'que le’ cri Ingubre ‘ gare à la bombe!” poussé par le factionnaire, au milieu des déchirements des morceaux d’obus qui éclataient, du sifflement des boulets. en plomb qui allaient couper les arbres du jardin et du ronflement des pots-à-feu qu’on envoyait sur notre forteresse improvisée, pour essayer de la réduire en cendres. |

Malgré tout ce brouhaha impossible à décrire, et tous ces débris de fer qui semaient autour d'eux plus de bruit que de consternation, nous n’eûmes que deux artilleurs légèrement blessés, et en faif de pertes, que la fontaine de la cour, réduite en atômes par une

bombe qui vint éclater sur le ventre oxidé de son

vieux Cupidon. DR 0.

Get incident procura à Chopin l'occasion de nous

| raconter un léger désagrément qu'il avait éprouvé à

l’'assaut.du Malakoff. | … Un itidiscret éclat d'obus s'était permis de lui pra-

tiquer un ventilateur, au mème endroit que le mal.

__heureux Cupidon, .et comme nousn'avions rien de —

. mieux à faire qu’à nous tenir sur l'éveil, nos soldats

vinrent faire cercle autour du jovial causeur, et : cl écouer ses récits avec autant d'attention que le per. cô mettaient les fréquents déplacements que nous obli- br 8eaien@de faire nos terribles visiteurs. na . Le capitaine hopin, Passé plus tard commandant ép du bataillon d'Afrique par suite de la promotion de pa M d'Ornano au grade de lieutenant-colonel au 5e tre . bataillon de la légion étrangère, représentait pour : moi le type le plus parfait de l'officier français. Li Insouciant de Caractère, paresseux même à l'occa. ie sion, au feu il était superbe d'audace et d’intrépidité. A On aurait dit qu'il y avait deux incarnations cachées sous Cette enveloppe osseuse, mais souple et pleine de , force et de vigueur. C'était la Coqueluche de sa si , Compagnie; pour l'amour de lui, ses soldatsauraient el ” fait des prodiges de dt et d'abnégation, car pas | un n'ignorait qu’au besbin le Capitaine se serait fait no! hacher Pour ses enfants, comme il les appelait ; ”1 Pendant une nuit toute entière, au plus fort du , : c bumbardement, il ne voulut Pas exposer inutilement :?:: le zéphir qui devait être de faction sur la terrasse. Il. 4 js

‘sd Lee

prit lui-même sa place, se contentant de se faire apporter de temps à autre une pipe bien bourrée, et

une timbale d'argent remplie d’eau coupée de Jamaï.. que. D |

Cinq jours, le bombardement continua sans désem- ue parer suf notre hacienda, en dentelant le toitcomme :

la rosace de la cathédrale de Strasbourg. Comnié 7

l'ennemi manquait de-unitions, il avait fondu les.

auseur, et

que le per.

nous obli-

nmandant motion de nel au 5e itait pour sais.

à l'occa.

trépidité.

s cachées pleine de e de sa auraient , Car pas rait fait DE

se tire * ï rrée, et Jamat. “

désem- : “"

comime Comme pdu les

##stainé Comeau, tapa dans une masse de sacs dé

cloches de tous les villages environnants pour en cônfectionner des obus et des bombes d’un très beau. bronze, il est vrai, mais qui éclataient mal et donnaient un tir défectueux. Nos soldats furent donc épargnés et n’eurent à souffrir que .des chiques, petits insectes du genre des aptères qui, pénétrent entre les doigts des pieds et. dés mains et .. causent des douleurs insupportables its venait à s’en défaire qu’en les exfayait :

pointe d’un canif, amusement d’aftit plis désa. Î gréable qu’il n'existait qu’un. de :

dans toute la compagnie.

Pendant ce temps-là, le maréchal avait ouvert la tranchée, et les travaux de siège avançaient avec une rapidité inconcevable.

- Le 4 février, nous commencions à ouvrir le feu de nos mortiers sur la ville; notre tir, ce jour-là, fit sauter une poudrière et ncendia un magasin de fourrage. Le 5, nous passämes la journée à bombarder les forts, et plusieurs de nos projectiles firent embrasure. 2

Une bombe, entre antre! de la batterie du capi ,

terre, les dispersant en atômes. et. causant une telle panique parmi les artilleurs ennemis, qu’un capi- : taine mexicain fou de terreur enjamba lestement le

parapet du Dominante, 0 faisant fi des railleries et

des coups de feu de ses ES courut se rendre: à

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