‹ Deux ans au Mexique [microforme]Chapitre 43 sur 46 · LES : SE · texte numérisé non relu

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d'Elchingen aujourd’hui colonel au hace de France; des premier et second bataillons de la légion étrangère, commandants Saussier et de la Hayrie ; dun escadron du ler chasseur d'Afrique et de plusieurs pièces d'artillerie. Nos ordres étaient d'opérer jonction avec les troupes des généraux de Brincourt et Mejia, et de tomber ensemble sur l'ennemi afin de l’écraser d’un seul coup.

Pour arriver à Saltillo, il nous fallait traverser une partie des états GP Mexico et du Michoacan, tout

Celui du Guanajuato, de San Luis de Potosi et la

moitié du Nuevo Leon. Nous franchimes ces deux

su vingt-six lieues en vingt-deux jours, passant sans

y arrêter par les villes de Queretaro, de San Lui de la Paz et de San Luiz de Potosi, endurant des privations inconcévables, buvant presque partout de leau salée, et malgré cela arrivant à San Juan de la Vacqueria—à quelque distance du repaire ennemi—däns uh état sanitaire satisfaisant.

La plupart du temps le pays que nous traversions

“était morne et désolé ; les habitants pauvres et peu c hospitaliers, et les routes couvertes d’une poussière

fine qui nous suffoquait au moindre vent, à la moindrebrise. 7

Le contraste était frappant entre ces cactus rabou-

gris, Ces arbres desséçhés, ces plaines brûlées, et les

charmants paysages, les souvenirs riantset poétiques : que nous avait laissés notre campagne dans l’Oajaca.

Pourtant nos soldats n’en étaient ni moins gais, ni

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e d DEUX ANS AU MEXIQUE 191 mqjns dispos. Nys bivouacs retentissaient joyeusement des échos & leurs chansons. A défant d'eau potable, ils buvaien\sans rancune leurs rations d’eaude-vie coupées d’ea ‘saumâtre, et malgré leurs souliers qui commenç\ient à manquer à l'appel par Certains endroits, ils étaient toujours restés braves, alertes et français. .

Que de chansons baroques n’avons-nous pas éparpillées dans ces interminables plaines du N ord, faisant refrain malgré les bouffées asphyxiantes du vent del Sur, et trouvant moyen de rire, de fredonner et de gouailler partout ? :

D'ordinaire c'était Aïrloup, un vienx sapeur de la région étrangère qui prenait la tête de colonne et entonnait d’une voix de maître-chantre au lutrin.

Airloup ne connaissait pas son pareil au monde,

‘si ce n’est peut-être un vieux chasseur, le marquis de Courcy, s’il vous plait, vieille culotte de peau

… placée en faction depuis près de trois congés auprès.

du guidon du 4e chasseur d'Afrique, et qui tous les ans passait Caporal pour se faire casser aussitôt qu’il arrivait en vue d’une bouteille d’absinthe. | | Lors d’une incroyable période de sobriété, de Courcy avait atteint jusqu'aux galons de maréchal des logis; mais hélas ! pendant la Campagne que nous fai$ions, sa gloire s'était obscurcie, et maintenant il cumulait les charges dé soldat dé deuxième classe ef de marmiton d’une destribus de son escadron.

Ces occupations multiples auraient fait oublier au

marquis de Courcy les madrigaux et les chansons tr régence de, ses ancêtres messeigneurs les mignons + d et les muguets de jadis, mais en revanche il ae P: torait volontiers une chanson de soldat. a Sa favorite était celle-ci : malheureusement plu- et sieurs couplets— et des plus drôles — sont restés enfouis dans le gosier du marquis : Te.

—Donc, mon ancien qu'avez vu la Russie, ca ” Qu'aver, certain, roulé vot’ boss’, par là; cc . Dites-moi sargent, je vous en prie, . Queq c’est l’Alger et l’Afrique’ousqu'on va ?* —Je le veux ben, mais avant que tu partes ; te Tu va conscrit payer un verr’ de vin; ut Puis poliment tu demand’ras la carte ga Et c’est alors que j'te dirai ton chemin, de ” —L’Afriqu’, mon cher, cest un’ île déserte Ca] Qu’est habitée par des peupl’ ben méchants : #0 n’e N'faut pas pourtant que c’la te déconcerte, et Mais tu peux ben écrire à tes parents. à ! V Y a des serpents, des crocodiles énormes gai Qui sur lé soir, sans fair’ de façons, esc Vous entr’ au camp et vous dévorent un homme Tout comme un homme avale un cornichon. Sal e épi —Ah ! mon sargent, j'trembl’ de votre histoire Le M'voir avalé, moi j’vous préviens déjà es Que je veux ben me battre et voler à la gloire, der Mais m’voir manger, j’ne peux digérer ça. I | C'était ainsi que nous RAIDE les ennuis de la vel

* route.

Le général Negrete. oceupaif le col de là Angos-

hansons nignons

l'expec: .

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8 de la

$ant tirer hors de portée et fatiguer Me ses

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tura, un peu en avant de Saltillo, avec 4,000 hommes d'infanterie, 1,500 chevaux, 20 pièces de canons, et paraissait résolu à défendre cette position formidable, autour de laquelle il avait élevé des retranchements et des ouvrages d'une certaine importance,

Le fer juin, deux heures après notre arrivée, le colonel Jeanningros avec quatre Compagnies, trois es-

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A portée de canon, l’ennemi démasqua deux bat:

teries, laissa. voir son infanterie massée et fit sortir une partie de sa cavalerie. Une escarmoucChe s’en- Bagea avec nos tirailleurs, et au détour d’un quartier de rocher un officier de la légion étrangère, le Capitaine Fisher, fut tué d’une balle au front. Nous n’eûmes que la mort-de ce bravé officier à déplorer, et nous rentrâmes sains et saufs à la Vacqueria, après avoir levé le plan de la position-de l'ennemi, le lais-

escadrons, qui chevauchaient dans la plaine efFébuisant contre nous tout le vocabulaire mignon des épithètes espagnoles. Queiques projectiles perdus atteignirent quatre chevaux et trois hommes, ces

derniers peu grièvement, | ”

Le soir même une estafette nous apporta la nou: velle du mouvement en avant du général Mejia, parti de Matamoros avec une colonne de 3,000 hommes renforcée par le bataillon du Commandant de Briand

cadrons et deux pièces d'artillerie alla reconnaître le /

À 10 heures, un second Courrier vint nous annoncer que le général de Brincourt venait de quitter les villages de Parras'et de Patos avec trois bataillons d'infanterie, deux escadrons et huit pièces de différents calibres.

* Negrete allait donc se trouver pris entre trois colonnes, et nous étions à la veille d’une bataille dont l'issue ne pouvait être douteuse.

L’ennemi avait l'air de soupçonner le danger qui le menaçait. Une grande animation avait, régné une partie de l’après-midi dans ses avant-postes, et à sept

heures les feux de ses bivouacs s'étaient magiquement éteints. ! | ;

Cette tranquillité subite déplut au colonel. Il crai-

gnait quelque ruse : nos patrouilles furent doublées, et je reçus l’ordre de placer 60 hommes de piquet à

la tête d’une baranca qui débouchait dans le col de la Angostura.

Il était onze heures et quart du soir lorsque je décachetai cette note de service,

Vingt minutes après mon cheval était sellé, mes Capotes et de leurs Couvertures, et nous nous acheminions silencieusement vers le lit desséché du torrent, Il faisait un temps de loup, une vraie nuit de novembre au Canada, et de grosses rafales venant s’engouffrer dans les plis de nos cabans, nous empé- Chaient de percevoir le moindre son à quinze pas de

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soixante hommes munis de 25 Cartouches, de leurs +.

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sans brôncher leur feu de peloton, et alors unemêlée

drame encore tout palpitant sous mes yeux +

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