DEUX ANS AC MEXIQUE
distance. Déjà j'agais réussi à embusquer cinquante de mes tirailleurs, par groupes de dix, lorsqu'au dé. tour subit que traçait un des coudes du rayin; mon dernier peloton tomba parmi deux cents sierranos ennemis.
Il était trop tard pour se replier et au cri: Los Cabrones de Francès!” que poussa lé factionnaire juariste, je répondis par le. commandement : ie
“ A la bayonnette ! Les cartouches au dernier mo- -
Adossés contre les parois du ravin, nous essu yâmes
affreuse s’en suivit. | :
Cachés par les anfractuosités du rocher, et plus habitués à l'obscurité que nos antagonistes qui venaient de quitter les clartés mourantes fe leurs bivouacs, mes hommes ne tiraient qu’à bout portant, -, puis une fois leur cartouche brûlée, se servaient de leurs carabines comme d’une massue. L'ennemi de ; son côté, poussait des hurlements dexjoie et de “4 triomphe, en se douféft de notre petit nombre par nos rares coups de feu. Re |
* À chaque homme qui tombait, dix démons venaient prendre sà place, et- il me serait impossible de bien réndre sur cette page sans vie tout le sang-froid et l'intrépidité que ces quelques hommes déployèrent pendant les quinze longues minutes que ‘dura ce
de mettre bas les armés, lorsqu’en piquant des deux
: l'abdomen de mor éheval. Fou de-terreur et de
milieu d’un. éToupe ennemi, et là se reversant-sur ma .… jambe meurtrie me livia à la merci de ces brigands. ‘Je tenais mon revolver à la main, et en°me sentant “enlacer par la tête et les épaules je tirai quatre balles au hasard. Un vigoureux Coup de crosse appliqué: ‘sur mon képi me fit perdre. connaissante, et lorsque je repris mes sens j'étais couché sur une botte de paille, au fond d’une infecte masure. Là, un aidede-camp tout galonné, . m’apprit que j'étais installé ‘Au quartier général de Son Excellence M le genéral de division Negrete. > Il pouvait être alors sept heur& et demie du matin ; je m'avais pas mangé depuis la ‘veille, et “affaibli par la perte de mon sang je demandai un morceau de pain et un peu-d’eau fraiche pour panser ma blessure qui commençait à me tirailler et à me’ faire souffrir, ; + | Mon interlocuteur me dit qu’il dvait reçu ordre de ne me rien donner avant que j'eusse vu le général, : Force me fut donc de passer trois longues heures à attendre le bon plaisir de mon Yainqueur, et lors.
Sep-de mes hommes étaient déjà blessés, et voyant . que la résistance était inutile, j'allais donner l'ordre .
pour prendre le front de mon peloton, lun coup de “ feu partit dans le fond du. favin et une balle tra- . versant ma jambe roite transperça outre en outre *.
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qu’enfin il se fut décidé à venir me voir et qu'il se fut aperçu que je n'étais nullement disposé à lui , donner les informations requises sur nos opérations. +. | - projetées, il me quitta brusquement en me donnant . ae pour fiche de consolation la nouvelle”.que des négo-' | ciations avaient été entamées pour m'échanger avec "4 ‘mies dix hommes Contre le ST ét onze.
\ Offisiersjharistes, condamnés à mort pour brigandage : … 4 ‘ par le conseil de guerre dé notre colonne, et que si l'écliange n'avait # lieu le lendemain matin même, nous serions {ous fusillés “ comme des chiens que @ | | nous étions” (1) ve |, En face de cette riante perspective je passai triste. ment la journée, grelottant de fièvre, et n'ayant pour toute nourriture qu’un plat de fèves et deux gâteaux .
de maïs. ? 7 | : | e lendemain, dès la, poire du jour, un Caporal “avèéc une escouade vint me chercher sur un Dran. card ; le sous-lieutenant” Glacier était à un demi. L kilémètre de là avec les ‘prisonniers juaristes et; l'échange devait avoir lieu. À » Ce . En route nous primes mes-dix compagnons de combat ; tous avaient été blessés plus ou moins grièvement, et le caporal Bourgogne était mourant, un : coup de lance lui ayant traversé le poumon droit. Chemin faisant, l'officier qui nous conduisait me … : raccnt que notre capture leur avait coûté 13 morts …
(1) Textuel. \ Fe)
Es
et sept blessés, Cela prouvait que nous avions fait notre devoir, et qu’il n’y avait rien de notre faute si nous n'étions pas morts à notre poste.
+ + Arrivés au lieu de l'échange, une difficulté imprévue s'éleva entre les deux plénipotentiaires. Notrè commandant avait exigé des officiers jua-
| . ristes leur parole dé ne pas porter les armes contre | à Maximilien pendant un an et un jour. Le chargé de pouvoir de Negrete nous demandait la mème Chose, et les négociations étaient sur le point de se rompre, lorsque le colonel prévenu fit transmettre
aux prisonniers la permission d'accéder au désir du général ennemi,
Mes armes me furent alors rendues ; nous échangeâmes un coup de képi en signe d'adieu; et quelques
un des lits de notre ambulance, après avoir été pansé par une sœur de charité.
Ge soir-là, le colonel vint demander de mes nouvelles et m’annoncer qu'aussitôt que je serais Capable de supporter la route, il mettrait à ma disposition une escorte et un service de voitures Masson, pour ramener à Mexico les blessés et les quelques malades de la colonne. Je m'endormis aux s6ns
"Joyeux de la retraite, prisant avec délice mon change. ‘ment: de gärnison, et réfléchissant aux inconvénients que ma visite au camp juariste m'avaient occasionnés,
. Ce caprice de la vie militaire m'ayant coûté une moaire en or que je tenais de ma mère, mOn porte-man-
De