‹ Deux ans au Mexique [microforme]Chapitre 46 sur 46 · MU · texte numérisé non relu

MU

Rene anurenenmennmn

LA

rien qu’à la manière dont il marchait dans la rne- 1

Pour nous autres terriens cela aurait été router | : tout simplement ; mais les marins sont pas expres- Fr se sifs : et en l’apercevant ils auraient à peine retenu F ce cri du cœur : | NE —Tiens ! un matelot qui bouline 1 | nee Pendant que j'écris ces lignes, le brave bâbordais C vient aussi de descendre son dernier quart. M. l Maury était un des hommes les plus savants et les l plus modestes de son époque, et je ne saurais mieux S faire, que de rappeler ici les principaux traits de L cette vie si bien remplie. : | ”. E

Né en Virginié, dans le comté de Spottsylvania, le É 14 janvier 1806, Mathieu Fontaine Maury aurait été f l’uye des gloires dé 1à France, sans la révocation de © l'édit de Nantes. Sa fumille, qui était huguenote, C vint chercher un réfuge aux Etats-Unis. En 1825, il servait comme äspirant de marine à bord du ‘8 Brandywine qui, avait reçu la mission de ramener en .J France le général de Lafayette, et quelques mois k après, il faisait le tour du globe sur le sloop de -k

guerre le Vincennes, s'o upant dès lors à écrire son

fameux Traité sur la Navigation. : n Une, accident vint interrompre cette brillante c carrière et. le forcer à demander sa retraite en -d 4839. [lfut mis à la tôta du Depot of Charts and 8] Instruments, et la manière d ntil s'acquitta de’ èette à € charge lui valut l'appréciation suivante d’un de ses L PE à C

biographes :

la rue: “ Travailleur \in fatigable et, doué du génie ‘de HO ISF l'organisation, il révéta promptement à l'Amérique et PES. fau monde entier les immenses ressources qu'il était { TEEN permis de tirer du poste jusque-là insignifiant qù qui lui où] \- avaitété confié. Tout-en jetant les bases du Naval Î Observatory et du Hydrographic Office, “il publia {| ordais cette magnifique série de cartes Coloriées indiquant 14 t. M. les-vents’et les courants océaniques, cartes qui, révèet les lant des lois physiques jusque-là inconnues, on$ mieux sauvé du naufrage des milliers de pezsonnef, et éconoits de misé.au commerce maritime une somme estimée au | . plus bas mot à cinq millions de dollars par an. 4 1ia, le C'est M. Maury qui fut l’instigateur de cette. con- ‘4 it été férence internationale de Bruxelles en 1853, à laquelle onde on doit d'immenses progrès en météorologie. La note, création. du Signal Office à Washington, qui rend | 1825, aujourd’hui des services incontestés, est aussi un ré- __4} d du sultat des lois physiques qu'il d'été le premier à déter- | er en miner. En 1856, il publia la Géographie physique de * À mois | la mer, œuvre qui à été traduite dans presque toutes p de - les langues” 7 << < À e son Lorsque la guerre du Sud éclta, M. Maury qui ; ; n'avait jamais Caché ses sympathies, embrassa la lante cause de la cohfédération et fut nommé chef des . : > en .défenses de la côte. Il se livra alors à des études \a and spéciales sur les torpilles et perfectionna ce terrible cette NE Bi engin de destruction. Mais. le cœur déjà ulcéré par | la lutte fratricide que se faisait un mème peuple, le

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DEUX ANS AU MEXIQUE e

sous un Coup plus terrible encore. Un de ses fils fut tué : et triste, désespéré, le père quitta sa malheureuse patrie pour se réfugier au.Mexique, où Maximilien le nomma Commissaire de l’'émigration, poste quil occupa jusqu’à la chute de l'empire. |

Lorsque tout fut fini de ce côté, M. Maury s’en

vint mourir en Virginie, léguant à sa patrie le: An: souvenir de son dévouement, de son honnèteté el erii L.

ses vertus civiques; au monde entier sa double gloire de savant et de philanthrope. |

A l'époque où je fis sa connaissance, M. Maury était depuis assez longtemps éloigné de son pays.

En apprenant mon prochain voyage aux Etats.

Unis, il me demanda si je voudrais me charger de

J'y consentis avec plaisir; et le lendemain il me

-remettait sa correspondance, ainsi que celle de ses officiers, à un diner que M. Chaudoin, consul belge,

donnait pour chômer la fête nationale de son pays,

fête. qui fait battre bien des cœurs au Canada — la

morts n, une roïture spéciale mise notre disposition par le servie des: messageries mexicaines: mM'empottait du côté de

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‘quelques missives paièr sa famille restée sans nouvelles depuis son départ d'Angleterre.

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s fils fut du sous-lieutenant Bonningue.

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s agent celle sensation intime qu'éprouy "sonne séparée, depais longtemps des lieux et des.

* * dresser devant elle la certjl

4 L'âme se replie sur elle.

Î pansive.

- Tétour au pays : la maison

; devant yos yeux : le tableau

3 #en tête de venir chercher £hez noùûs la gaité et li

| DEUX ANS AU wexiQue “91

la terre chaude, en compagnie, des capitaines Boyé, Gauthier et de Beauquésne, du lieutenant Braün, et

| si est un genre de volupté qui n'a pas été

sé et bien défini par les penseurs, c’est certaine.

e toute per- » Cœurs chers à son souvenir, et qui tout-à-coup voit se ude de la revoir.

Fatigues, ravages physiques et moraux, Con--

trariétés, tout cela disparait Pour ne laisser plate qu'à un Contentement indéfinissable, dont les symp- : t@fnes sont à peu près ceux de la mélaneolie. -

Le même et devient peu ex- On. savoure avec: énergie cette idée du paternelle avec ses bois, et ses habitants repasse de la vie de famille se les voix de votre mère, icée, vous jettent des |

ses allées sablées, ses fleurs

déroule sur vos genoux, et de vos sœurs, de votre fiar paroles d’amour et d'affection

Certainement si ce

jour là, un étranger s'était mis in.

souciance qu'on se plait à donner aux militaires, il

n'aurait trouvé au fond de notre diligence que des

figures se livrant Silenciensement à ce sentiment

ineffable de volupté Pour nous, les miles: étaient |

trop Len tes, les relais trop lônugs et la végetation-tro- —

: picale tristement fade et monotone devant ce rêve ravissant de la patrie que chaque tour de roue entrainait vers la réalité.

.. À :Cordova, nous rencontrâmes le convoi de troupes que l'Allier deyait rapatrier ; cela ne nous empècha pas de prendre le devant, et nous passâmes la journée du 30 juin à Paso del Macho, à l'endroit où plus tard eut lieu l’horrible massacre d’un peloton de neuf soldats désarmés par uue centaine de guerilleros. Pa

C'était la saison du vomito dans la terre éhatide, et comme nds hommes étaient pour la plupart des convalescents .qu'on envoyait en France humer l'air natal, un ordre exprès nous. enjoignait de ne quitter ce point que pour traverser à toute vapeur les vingt lieues de chemin de fer qui nous séparaient encore de la Vera-Cruz, et de nous embarquer immédiatement.

Cette dernière soirée passée sous la véranda da cäpitaine Berge, de l'infanterie de marine, me donna occasion d'admirer la fidèle description que Humbolt fait d’une nuit passée dans la terre chaude.

__ A cette heure, les grands animaux se cachent dans les profondeurs de la forêt, les oiseaux sous le feuillage des arbres ou dans les crevasses des rochers ; mais si durant ce calme apparent de la nature, on prèté l'oreille à des sons presque imperceptibles, on

saisit à la surface du sol et dans les couches infé-

rien ln ann men ‘des.

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DEUX ANS AU MEXIQUE é 13.

ieures de l'air un brnissement confus produit par. le murmure et le bourdonnement “es insectes. Tout annonce un monde de forces organiques en mouve- . ment, Dans chaquè broussaille, dans l'écorce fendue 4 “des arbres, dans la terre que fouillent les hyménop- L tères, la vie s’agite et se fait entendre : c’est comme une de ces mille voix que la nature adresse à l'âme 4 pieuse et sensible de l’homme” TU HA Le 1e juillet, à trois heures de l'après-midi, le/ 7 transhordement de nos troupes était terminé sur/ Allier ; les officiers cônsignés à bord. et le comman/ dant, Cuisinier de l'Isle sn’attendait plus qu’uné dépêche télégraphique pour lever l'ancre et voguer. La trompette du diner venait de sonner et nons étions attablés dans notre carré, lorsque tout/à. coup l'ancre se mit à Crier sous les efforts du câbestan. Les toiles se déferlèrent, et le vaisseau se pênchant légerement sur-une vague, salua une dernière fois cette terre mexicaine où tous nous avions souffert, où dormaient beaucoup de nos souvenirs, plus d’une de nos affections, et commençant lénte- 1 ment le voyage du retour nous emporta vers la À haute mer. | | 4 ‘Un Hosarinalt solennel retentit alors de la corne d’artimon au mât de misaine ; no$ soldats venaient d'entonner en chœur ce chant dont le thème est si beau et si mélancôlique : |

js Vers les rives de Franco!

DES RE ENS ET ANRT 2 REC mm

2t4 | DEUX ANS AU MEXIQUE

Des; profondeurs de l’hélice aux vergues de la grande huüne le refrain touchant se faisait entendre, et dans le carré plus d’une larme silencieuse se cacha. derrière le cliquetis des verres qui s'entrechoquaient.

Un seul mot magique avait ramené l'enthousiasme et le bonheur sur toutes ces figures hâlées par l’âpre vent des Cordilières, bistrées par les fièvres et les fatigues du métier : c'était celui de la patrie, mot. sacré que Dieu a donné à l’homme comme une :

première bénédiction, comme une dernière croyance x" lorsque toutes les autres se sont étiolées et sont.ve- -; nues mourir au contact glacial de l'égoïisme: et* de la méchanceté.

Le transport sur lequel nous étions ramenait trenteneuf officiers et 1150 hommes de troupes.

Malgré cet encombrement le plus grand ordre.

régnait à bord, et le silence n’était guère troublé que par l'énorme quantité de perroquets, de perruches, d’écureuils noirs, de gazelles et de mille autres bêtes indigènes, que chaque militaire emportait .en souvenir qui à une vieille tante, qui à une sœur, qui à une mère. |

Le pont ressemblait à une arche de Noé où chacu avait un favori, un préféré, | | ;

Les uns se querellaient à propos de leurs aras, de, leurs cacatoës ; les autres sur le compte d’un tamanoir,

ou d'un de ces microscopiques caniches du Chi-

avai

$till

“à la

turb des :

La

dilig man ce qi æraci

huahua; mais presque tous tombaient d'accord pour

nes de la entendre, se.se cacha.

hoquaient.

housiasme par l’äpre res et les atrie, mot.

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croyance, @g et sont.ve- -; goisme et”

ait trente-

ind ordre.

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où chacun

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tamanoir!

du Chicord pour

à la main, flânait de la

&racieusement,

‘admirer la gracieuse souplesse, la robe isabelle et les jarrets d'acier de ma gazelle “ Presta, ” cadeau que “m'avait donné le capitaine de frégate, de l'Isle.

Pauvre Presta ! comme bien d’autres amitiés qe

. jai sémées derrière moi, je fus obligé de la léguer au

Parc Central de New-York, fante de moyens de

transport, la Compagnie du Central Vermont ne voulant pas s’en charger,

Ge fut là une triste séparation.

Presta était l'amie intime de Michko, grand fourmillier fauve, Propriétaire d’un nez taillé $ur le modèle du cochon de saint Antoine ; de plus il était “voleur et rusé comme ce diable, qui hantait jadis les sables brûlants de la Thébaïde.

Michko nous était tombé dessus d’une façon assez singulière, Au beau milieu de la terre chaude, notre diligence avait été arrêtée par un baron hongrois, M. de

Slillwasser qui, le lorgnon à l'œil, la canne

manière la plus imperturbable, faisant des études géologiques au milieu des Andes, de la solitude et des voleurs.

La nuit était lourde, la route longue, et notre diligence courait si rapide que le baron nous demanda la permission de prendre place à côté de nous, te que Braün, le trucheman de la bande, lui accorda

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Mais à peine notre nouvel hôte était-il installé : qu'un formidable juron retentit.

- C'était le grand et paisible Bonningue, véritable nature de cuirassier caché sous l’élégant spencer du chasseur d'Afrique, qui était sorti.de sa tran-

quillité ordinaire pour nous crier :

—Trente-trois millions de tierces, de pointes et de quartes au milieu de toutes les sabretaches du monde! je veux être coupé en deux s’il n’y a pas du neuf ici!

Une bête noire et grossie par l'obscurité venait de passer devant nous et s’installait tranquillement sur les jambes du sous-lieutenant Colpaërt, en poussant un grognement de satisfaction.

C'était Michko, l’'inséparable ami du baron qui ce soir-là, nous fit part de toutes les charmantes qualités de sa bôte, pendant que de plus en plus 4 l'aise, le fourmillier passait son museau froid sur mes mains et poussait Colpaërt du dos, pour s’arrondir et se pelotonner plus paresseusement.

Une heure après notre arrivée à Passo del Macho, Michko avait déjà avalé une demi douzaine d'œufs, étranglé cinq poules, mordu un zouave, deux turcos et un égyptien. Bref, abandonné sur le champ de ses méfaits par le baron qui, de guerre lasse, le reconfiait au désert, un soldat de la légion étrangère Vavait recueilli et hissé sur son sac, en lui faisant comprendre que la baguette de son fusil aurait raison de son caractère gamin Et voilà.comme un beau

| DEUX ANS AU MEXIQUE 217 il installé matin javais retrouvé maître Michko gravement assis, le dos appuyé au pied du grand mât de l'Allier, et clignottant finement des yeux pendant qu'entre ses pattes de devant il tenait à la façon des écureuils. un œuf blanc et frais qu'il dégustait avec ‘ aulant de plaisir que s'il eût déterré jadis, dans un de ses voyages de la terre chaude, au milieu des ruines d’une fourmillière détruite par lui, un exemplaire perdu dela physiologie du goût de Brillat-Savarin.

>, véritable nt spencer de sa tran-

intes et de du monde!

lu neuf ici!

rité venait quillement rt, en pous-

La vie que nous menions sur l'Allier avait son côté agréable. Nos cabines étaient bien ventillées, les officiers du bord polis et complaisants, et nos Camarades de traversée d’une joie et d’un entrain ravissants; car ils allaient tous revoir cette France, que nous canadiens nous’ nous contentons de rèver.

Iron qui ce antes qualilus à l'aise,

d sur més Notre service se bornait à peu de chose. sarrondir La lecture et les flâneries se partageaient notre

temps, et quand la brise du soir nous avait apporté un peu de fraîcheur, un chœur composé de soldats de la légion étrangère et de quelques zouaves, se réunissait sur le gaillard d’arrière et chantait jusqu'à dix heures. D | Alors tout rentrait dans le silence.

Des groupes de causeurs se formaient au pied du mât d’artimon, et si la soirée était ble, la nuit se passait presque blanche, Chacun venait apporter là ses aventures, ses souvènirs ou ses bons mots. -

del Macho, ine d'œufs, deux turcos > champ de lasse, le ren étrangère | lui faisant urait raison me un beau

ns

Pendant ce temps les heures filaient, le navire

aussi, et la patrie se déssinait sur l'horizon.

Le ciel semblait jouir de notre bonheur. Chaque jour un vent favorable soufflait-par tribord, et nous

n’eûres en fait d'émotion que deux incidents digues à peine d'être mentionnés. : Nous rencontrâmes un

lougra à mine suspecte ‘que nous sonpçonnâmes être: un corsaire. juariste, et le 13 juillet au soir

“nous crûmes apercevoir des brisants à bâbord. En quittant la Vera-Cruz, toutes les précautions sanitaires’ recommandées par la prudence

pour empêcher l'apparition du vomito chez nos

passagers, avaient été prises. Malgré tous les soins énergiques et la propreté déployée dans nos fauxponts, l’affreuse fièvre jaune fit six victimes, parmi lesquelles se trouvait une pauvre femme accouchée de deux enfants. C'était quelque chose de poignant à contempler que ces énterrements clandestins faits

au milieu de la nuit, de crainte. de démoraliser les ‘ troubiers. Les cadavres étaient enveloppés dans une

grosse toile, lestés d’ur boulet de douze attaché aux pieds, et confiés à la discrétion de l'Océan.

Où sont-ils les marins sombrés dans les nuits noires ? O flots que vous saves de lugubres histoires,

Flots profonds redoutés des mères à genoux !

Vous vous les proontes en montant vos marées,

Et c'est ce qui vous fait ces voix désespérées

Que vous aves le soir quand voug,venes vers nous.

Pourtant le terrible fléau arrôta là ses ravages, et

à navire

Chaque

, et nous S dignes âmes un

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les soins os faux- , parmi couchée oignant ins faits

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le15 jüillét, à dix heures du matin, nous ancrions sains et saufs dans la rade de New-York, à quelques encablures de la corvette le Phlégéton, sur le pont de laquelle je distinguais la figure joviale de l’officier de quart, le lieutenant Pouvrean qui prenait les ordres de son supérieur le capitaine Maudet, *

Une demi heure après, tous les officiers du bord,

à part l'état-major, recevaient permission de des--

cendre à terre.

Mes malles furent portées au fond d'une des baleinières, et quand un par un les passagers eurent disparu par l'ouverture de l'escalier d'honneur, le

cœur gros, jeiserrai la loyale main de notre digne . commandant, et à mon tour je m'engageai dans

l'étroite échelle, me retournant une fois encore pour

saluer les officiers du transport qui agitaient leurs

mouchoirs en signe d'adieu. Je ne pouvais me sépa-

- rer sans émotion de ce drapeau tricolore que mes

quatre campagnes m'avaient appris à aimer, à dé.

fendreet à regarder comme un lambeau de mon

pays. Chaque coup de rame qui m'en éloignait me

frappait le cœur, et bien qu’en voyage on s’habitue pp » et bien qu'en voyag |

à la longue à ces adieux contin uels qû’il faut toujours

‘ ävoir sur le bout des lèvres, je ne sais quoi de mystérieux me disait que, si je devais le revoir, je .ne :

davais plus le servir, ni me bercer de la noble ambi. tion de pouvoir un jour mourir pour lui.

. Pendant les cinq jours qui suivirent, je passai

: mon temps à jouer le rôle peu paresseux de-cicerone-——

et je pilotai mes camarades à travers New-York, où

. . . e. » L n LA + la prodigieuse activité des anéricäins nous émerveillait à tout moment.

Malheureusement ces études, comme bien d’autres: bounes choses ici-bas, eurent un terme. Le 20:

juillet, l’ordre de retourner à bord était émané, et debou' sur la jetée de Castle Garden, j'embrassais mes braves amis, mes compagnons de plus d’un jour d’'épreuve. - Longtemps je restai triste à regarder l’Alier qui

disparaissait petit à petit sous l'horizon. Avec ses :

blanches voiles s'enfuyait plus d'un rêve de gloire et d'ambition. Ses batteries entrainaient avec elles quelques fragments d'amitié, ces parcelles du cœur que nous jetons au vent tant qu'il. en reste, et quand je sortis de ma profonde rèverie, cette question que Lamartine se posait un jour en face d’uu désespoir muet me passa par la tête : |

Eternité, néant, passé, sombres abtmes

Que faites-vous des jours que vous engloutisse$

Parlez : nous rendrez-vous ces extases sublimes Que vous nous ravisses ?

La réponse ne se fit pas longuement attehdre:

Dieu me réservait une.de ces sublimes extases, le 28 juillet 1365, au sein de ma famille. Ma mère me

pressait surson cœur, mon père me bénissait. et deux

amis d'enfance pleuraient de joie en me revoyant.

. d'arrivais au pays dan un jour ‘de crise et

ork, où S émer-

d’autres:

Le 20

2 È nané, et brassais "un jour

lier qui

\vec ses ‘

e gloire ec elles lu cœur este, et ruestion à déses-

la main franche et loyaie de quelques amis dévoués.

d'épreuve. Une génération entière, génération forte et pleine de sève venait de s'inglinf vers la tombe au moment où nous avions le plus besoin de ses conseils et de son expérience. Le baronet Sir. Louis LaFontaine, le colonel Sir Etienne Taché, le : juge Morin, le sénateur Lemieux, le comte Saveuse, de Beaujeu, le président de l'assemblée législative M. Turcotte, le vénérable archiprètre Faucher de

: : on - . Saint-Maurice, nos historiens Ferland et Garneau

défilaient lentement les uns après les autres devant la patrie désolée, pour venir chercher le repos de Burs fatigues et de leurs services, sous cette terre,

Où le père a son père, où 1n mère à sn mère,

Où tout ce qui vécut dort d'un somme.l profond : ” Abîme où la poussière est mélée aux poussières,

Où sous son père encore on retrouve des pères,

Comme l’onde sous l’onde en une mer sans fond.

En face de ces .pierres. sépulcrales — tombes de mes frères d'armes, de mes camarades tués là-bas ; tombes de ceux que ma jeunesse s'était habituée à

aimer et à vénérer, creusées ici — j'ai appris un axiôme qui renferme bien des leçons d’expérience.

Je me suis aperçu que le. bonheur sur terre gisait

au sein dé la famille.

Tous les jours, je savoure cette découverte faite sur les cheveux grisonnants de ina mere, assurée par le Cœur aifectueux de ia femme aimée et entrevue dans’

DEUX ANS AU MEXIQUE ie

. Un peu pont m'amynser, beaucoup pour les dis: trairo, j'ai réuni sougun mème toit ces sonvenirs: - épars de ma vie de oyages, de garnisons, de combats et de bivonacs. Aujourd’hui jé des kvre, nonsans quelque crainte à la curiosité du’bienveillant” : lecteur, lui rappelant que c'était pour lés âmes ingulgehtés qu’un po te écrivait rapidement ces”boaux

# jus 9

'adresserez une parole amie, 5 peut être et l’oublierez domain, s-vous dé mol qui vous en remercie, ur de Pétrarque et n'ai point son génie $ Je ne/puis ibi bas que donner e1 chemin Ma main à qui m'appo.le, à qui m'aiine ma vie, ; ne à

re, non veillant” s ingul-,

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