‹ Deux ans de Campagne contre le Paludisme en MacédoineChapitre 10 sur 26 · CITES · texte numérisé non relu

CITES

ustensiles de toutes sortes. Les ustensiles inutiles seront détruits, enterrés; ceux qui sont nécessaires seront pétrolés ou grillagés, vidés au moins une fois par semaine, les flaques des abords des cuisines et des écuries seront comblées; les trous à eaux grasses pétrolés ou comblés ; les eaux répandues par terre, en plein soleil, seront plus vite évaporées et le soleil tuera les larves. Les bassins, citernes, tonneaux contenant l’eau potable, javellisée ou permanganatée, seront recouverts; nous y avons souvent constaté la présence de larves. Les écuries seront éloignées, les feuillées désinfectées et à mesure comblées, les détritus brûlés dans des fours construits à cet effet. Les emprunts de terre à effectuer seront larges et peu profonds pour éviter la retenue des eaux de ruissellement.

Pétrolage.

Nous avons mentionné, à plusieurs reprises, dans le cours de ce chapitre, le pétrolage. Il nous est souvent arrivé de ne pouvoir détruire les nombreux gites à moustiques : fossés, ruisseaux sans écoulement, mares trop nombreuses et trop difficiles à assécher ou à combler; nous cherchions alors à en annihiler l'effet.

Les larves ne peuvent se développer quand une couche d'huile s'étale à la surface de l’eau; le pétrole agit en obstruant les trachées des larves, en modifiant la tension superficielle du liquide qui fait que les stigmates ne s'ouvrent plus normalement, et par sa toxicité propre.

Ces liquides huileux, uniformément et rapidement étendus, ne devront pas disparaître trop vite; au bout du 3° ou 4° jour après leur application, on s’assurera que le vent ou les insectes aquatiques ne les ont pas déplacés, les parties découvertes des fossés en seront aussi arrosées, dès mars, à l’époque des pluies, on en usera largement. Si l’eau est légèrement courante on en renouvellera plus fréquemment l'application, de même si la végétation importante en

empêche l’égale répartition ou si la température et le soleil en augmentent l'évaporation.

La durée moyenne d'existence des larves étant de 10 à 13 jours, en répandant l'huile à ces intervalles on est à peu près sûr d'en détruire la plus grande partie; mais si, en pratique, deux semaines d'intervalle entre chaque pétrolage suffisent, il est bon de surveiller l’étalement de la nappe irrisée et sa répartition tous les 3 ou 4 jours.

Bien des procédés ont été employés :

Formule de Craig : 4 parties d'huile de densité 18° 1 partie d'huile de densité 34° Pétrole lampant 9 parties Spidoléine André 1 partie.

Formule de Garin : Huile lourde 70 parties Pétrole lampant 20 parties Eau savonneuse 10 parties.

Le larvicide de DaARLING, à base d'acide phénique et d'acide tartrique, d’un prix modéré, a été préconisé comme le larvicide idéal, efficace contre anophèles et culex, peu à

la merci des vents, détruisant les herbes, abris et nourri-

ture des larves. A la dose de 1/5000, il tue les larves en 10 minutes, à la dose de 1/5, il rend domestiques les eaux courantes après un contact de quelques heures. S'il est réellement doué de toutes ces qualités, son emploi en grand serait à généraliser dans les expéditions coloniales.

L'huile de pin, l'huile de Phinotas, le permanganate de potasse, le sulfate de cuivre, tour à tour employés, se sont montrés moins efficaces.

Nous avons employé l'huile légère de houille dont les gouttelettes oléagineuses et lourdes se collectent rapidement, mais agissent moins longtemps; le pétrole ordinaire en aspersion, à raison de 202% par m° ; l'huile lourde de houille à raison de 50% par m?, que nous versions à l’aide d’un quart perforé; malheureusement il en faut de grandes

quantités ; il s’en perd, chassé par le vent, le liquide revient vers la berge; moyen provisoire, coûteux, imparfait, il nous a cependant, dans les unités qui se déplaçaient fréquemment et ne pouvaient distraire pour cette lutte une importante main-d'œuvre, rendu les plus grands services.

Dans un rayon donc de 1,000 mètres des camps et dans les camps mêmes, les gîtes à moustiques seront recherchés, détruits ou rendus inoffensifs avec une minulieuse persévéance. Une équipe de brancardiers et d'infirmiers, instruits à cet effet, sera en permanence chargée de ces travaux.

Toutes ces mesures antilarvaires, doivent être effectuées avec la plus grande minutie. La larve du moustique se multiplie dans les moindres dépressions de terrain, les gîtes sont à proportion de ses œufs. Le résultat n’en est jamais durable ni définitif, mais la pullulation des, anophèles diminue de façon fort appréciable autour des groupements humains. Aux Philippines, le nombre des entrées pour paludisme à FHôpital est en raison directe de la croissance des herbes, et leur importance est au moins’aussi grande dans un pays infecté que celle de l'eau.

Lutte contre le moustique adulte.

Est-il possible de détruire le moustique adulte? Pratiquement non en campagne.

Les fumées asphyxiantes, l'hibronnée des pays Vendéens, obtenues en mettant le feu à des amas d'herbes, d'écorces d'arbres pourraient être employées dans des régions très infectées, pour un campement d’une nuit, s'il n'ya pas de moustiquaires.

La poudre de pyrèthre fraiche, produit, en brûlant, une fumée ni nocive, ni désagréable, qui engourditle moustique et permet de le détruire sur le sol où il tombe. Sa généralisation est impraticable.

Nous en dirons autant de sa capture à l’aide de tubes, de cornets imbibés de chloroforme ou de pièges, basés sur ce

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