‹ Deux ans de Campagne contre le Paludisme en MacédoineChapitre 12 sur 26 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Le réservoir de virus.

Plus le pays est riche, plusle paludisme recule. En Orient, ce n'est certainement pas le cas. L’indigène y est pauvre et le pays ruiné par les guerres successives, rendu aride par des déboisements inconsidérés. La paresse native de l'habitant le conduit à ne cultiver que le peu de maïs nécessaire pour ne pas mourir de faim. Apathique, mal vêtu, mal nourri, entassé, bien portant ou malade, dans des masures sans air ni lumière, dévoré par d'innombrables parasites, on conçoit que le Macédonien, ainsi sensibilisé pour le paludisme, forme un réservoir de virus considérable.

Dès le début de 1917, au moment où la campagne antipaludique commençait, organisée méthodiquement cette fois, alors que nous étions cantonnés an milieu de la population civile, nous fûmes chargé par les membres de la Mission Antipaludique de calculer l'index endémique des villages environnants.

Recherche de l’index erdémique.

Le rôle de la rate dans le paludisme, connu depuis Hippocrate, «la rate est plus dure chez ceux qui boivent de l'eau croupie » a été diversement interprété. Pour les uns, l’amibe friande de formes jeunes ou usées, donc peu résistantes, s'y cantonne et la rate est alors le centre de la ‘maladie; pour d’autres, la rate est le siège de la résistance

Lt JADE

de l'organisme ; centre primordial de l’hématopoièse elle joue le rôle de baromètre.

Quoi qu'il en soit, la recherche de l'index endémique où splénique, c'est-à-dire du nombre d'enfants infectés dans un lieu donné, pouvait donner d’utiles renseignements sur l’état d'infectation de ces localités. Il eut certes mieux valu s’en rendre un compte plus exact par des examens microscopiques de frottis de sang périphérique ou de sang de rate ponctionnée et y déterminer les proportions de praecox, vivax où malariæ, mais ce mode d'investigation est d’une application longue et difficile.

« Même lorsque l’hématozoaire ne circule pas dans le

sang périphérique, la rate reste chez l'enfant indigène

macédonien, non traité, insuffisamment ou défectueusement traité, la pierre de touche de l'infection palustre, le témoin

de la persistance du protozoaire pathogène dans une région -

quelconque de Porganisme. » (LAGAZE). — Avant 18 mois, soit qu'ils soient moins piqués, soit que leur rate ne réagisse pas encore, les enfants fournissent des données peu précises. À partir de 10 ans, l’'accoutumance aux réinfections successives amène une régression de l’hypertrophie de la rate qui traduit alors sa souffrance par l'asthénie psychique et physique, facile à constater chez l'indigène, par de l'essoufflement, des troubles gastro-intestinaux et mêmes de petits accès frustes n'empêchant point les occupations journalières.

Il faut donc se baser, pour la recherche des indices spléniques, sur les rates des enfants de 18 mois à 10 ans. Ces enfants sont d’ailleurs les plus faciles à grouper et à examiner.

Nous employions le procédé des frères SERGENT, la palpalion seule usitée, faisant tenir l'enfant debout, légèrement penché en avant; placé derrière lui, nous accrochions. la rate de la main gauche. Lesenfants examinés étaient classés en Catégories de 0 à 5, de 5 à 10, de 10 à 15 ans et en adultes, la rate dite petite, si elle ne déborde pas, moyenne, si elle déborde un peu, grosse, si elle déborde largement.

aa

Page 1