‹ Deux ans de Campagne contre le Paludisme en MacédoineChapitre 13 sur 26 · EC · texte numérisé non relu

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Nous avions avec nous un interprète Roumain, de cette nationalité indécise, mi-grecque, turque, bulgare, serbe, de tout Macédonien, et nous partions à travers la plaine, brûlés par l’implacable soleil, vers ces villages misérables. Dans la plaine aride, seul tranchait agréablement par ses beaux chênes, au milieu desquêls s'élève une pittoresque église orthodoxe, le village de Kuckoveni, ce qui lui vaut d’ailleurs une infectation plus sévère. Nous dirigeant d’abord vers l’école, les instituteurs et institutrices se mettaient à notre disposition, comprenant vite la portée et le but de notre visite. Toute la population nous entourait bientôt, hommes et femmes, amaigris, terreux, cachectisés, enfants au ventre énorme, en disant long sur les ravages de la malaria, beaucoup grelottant de fièvre et venant demander du « sulfato », Synonyme de quinine, la quinine italienne étant la plus répandue. Les enfants se prétaient facilement à nos explorations, et mis en confiance par les gravures de la Mission Antipaludique ou par quelque cliché groupant maîtres et élèves, riaient et plaisantaient les plus peureux. À Hasan-Oba, village turc, à force de persuasion auprès du « mouktar » nous étions même arrivés à ce que quelques femmes voilées sous le tcharchaf obligatoire, qui au début s'enfuyaient à notre approche, vinssent nous apporter leurs enfants et quémañder quelques conseils.

Ces visites avaient en même temps pour résultat de nous faire amener toute la population invalide de lendroit. C'était une vraie cour des miracles, et nous essayions de substituer aux remèdes héroïques, pansements en hachis d’orties ou en feuilles d'arbres, d’autres plus conformes à la thérapeutique moderne. La Mission, en visitant ainsi les villages, en distribuant ses soins, en prodiguant le dévouement de ses médecins, a grandement contribué à la propagande française, à la bonne pénétration pacifique, ni la moins utile, ni la moins fructueuse.

Nous avons ainsi visité 8 villages, examiné plus de

A IPAES

250 sujets, constatant l'existence d’un nombre élevé de grosses rates. En voici les résultats :

ArmenoNor CPR CIE Al % LOL NL PSN EE CE Pan Mahal TERRA TEA NE 8 % Plesvica..... CE ROUE. ARCS 4,8 % Pesosnica fu PRIME ER NET 12 % Kuckoven ee ER RER CET EEE Be CU BaANICA TERRES DAS A DA EE 15 % Hasane ODA EE RE RE 12 % Amendement de ces réservoirs. \

Une fois sa densité et son importance reconnues, il fallait sinon stériliser, du moins essayer d’amender ce réservoir de virus.

La quininisation des indigènes fut donc instituée, tout au moins dans les villages les plus proches des points de stationnement des troupes; les armées grecques et serbes échappaient malheureusement à ces mesures et constituaient cependant une source importante d'infectation ; il fallait aussi empêcher les Grecs avisés, de ruser auprès des Macédoniens, sachant sa valeur marchande énorme, pour obtenir la quinine ainsi distribuée et en faire le commerce.

Dans notre secteur, des infirmiers quininisateurs furent placés à Hasan-Oba, Banica, Armenohor, Lozani, Pesosnica, - ces 3 derniers plus particulièrement sous notre surveillance. Noms, prénoms, âge des habitants étaient consignés sur un carnet de quininisation, et chaque soir, quand les travailleurs revenaient des champs, s’assemblaient en famille sur le seuil des maisons, chaque infirmier faisait prendre devant lui aux adultes, hommes et femmes, la dragée quotidienne de Of" 40 de chlorhydrate de quinine, un peu volumineuse par l'enrobage de sucre en dissimulant l’amertume, aux enfants de moins de 5 ans, une dragée de0#12, de moins de 10 ans, de 0€ 20. Il était impossible, quelque importance que cela ait eu, de faire une prophylaxie à l'égard des tout petits.

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