‹ Deux ans de Campagne contre le Paludisme en MacédoineChapitre 18 sur 26 · PATES · texte numérisé non relu

PATES

de plantes diverses, ont un aspect lamentable, terreux, amaigris, anémiés, asthéniques, cachectiques, dès l'enfance, en butte aux multiples infections gastro-intestinales qui en font une proie facile pour le paludisme, sont un test constant de l'importance de l'alimentation. Pour nos troupes, l'excès était contraire : alimentation carnée excessive, difficulté de varier sa préparation, d'où manque d'appétit. Très appuyé par le commandement, nous nous sommes ingénié à substituer les légumes que nous trouvions, cresson, champignons, produits divers de nos jardins desséchés, aux conserves trop fréquentes et au bœuf que nous cherchions d'autre part à accommoder de diverses façons.

Les Macédoniens, simplement vétus d’une chemise, d’un pantalon et d'un vêtement noir à manches qui descend au genou, tête, bras et jambes nues, s'étendent pour dormir dans leur cour loin ou près de l’eau, sans souci des piqüres ou des refroidissements. Nous mettions en garde, contre cette façon de faire, nos hommes, les obligeant au moins à monter leur moustiquaire, à s'éloigner des gîtes à moustiques et pourchassant les négligents.

Nous intervenions de tout notre pouvoir auprès du commandement pour faire réduire le plus possible, sinon supprimer, les exercices superflus, les travaux du soir ou de l'aube, ceux pendant la grande chaleur, les terrassements inutiles, le nombre de sentinelles, les excès de fatigue et le surmenage. Nous cherchions à faire obtenir quelques jours de repos aux hommes fatigués, à supprimer l'alcool des mercantis, à obtenir la propreté des hommes, leur épouillage. Nous avions même entrepris, avec quelle difficulté, l'épouillage d’un village macédonien et l’étuvage au four

des vêtements.

Dans ces mauvaises conditions, nous avons observé des

évacuations en masse, il nous est arrivé d’évacuer en une.

matinée en 1916 les 2/3 d'une compagnie travaillant dans les marais du Vardar. Les hommes jeunes résistaient mieux

que nos territoriaux, nostalgiques, soucieux des leurs, sensibles aux retards d’un courrier. Aussi une relève des hommes, surtout âgés ayant déjà passé un été en Orient, aurait été des mieux inspirée, car la dépression morale de l'exil, les fatigues, l’anémie, la chaleur déprimante, les trouvent l’année suivante sensibilisés et plus réceptifs.

PAUTINE:

Page 1