‹ Deux ans de Campagne contre le Paludisme en MacédoineChapitre 20 sur 26 · SES EE · texte numérisé non relu

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soulevaient des discussions du plus désastreux effet sur les non initiés.

Il nous semble donc utile, et nôus-même avons senti les lacunes nombreuses de notre éducation médicale paludéenne, de créer avant toute expédition coloniale, des cours spéciaux pour les médecins appelés à y participer, sur les maladies qu'ils auront à combattre.

En Macédoine, en particulier, un stage dans un hôpital paludéen modèle, où on aurait mis au courant des meilleures méthodes de traitement, pourvu d'un laboratoire abondamment outillé où chaque médecin se serait familiarisé avec les anophèles, à l’aide de moustiques et de larves montés, avec l’hématozoaire, à l’aide de nombreux microscopes et d'examens de frottis de sang; pourvu aussi d'annexes montrant des baraquements, des bivouacs, des camps, des tranchées modèles, au‘point de vue protection contre le moustique, aurait rendu les plus grand services à tout médecin. Si ce stage n’est pas possible, des films scientifiques pourraient, non pas suppléer aux examens de laboratoire et à ces établissements modèles, mais en donner un léger aperçu. Pourquoi aussi ne pas les munir de brochures techniques, bien documentées et mises à jour, leur permettant de posséder à fond le sujet. Enfin toutes les’ fois que cela se peut, il faudrait mettre à la disposition des médecins, un nécessaire entomologique, un microscope et les éléments nécessaires pour l'examen des frottis de sang.

Le médecin de corps de troupe est la cheville ouvrière de toute lutte hygiénique prophylactique. Qu'il soit alors tenu au courant de ce qui se fait à ce propos, qu'il ne soit pas le parent pauvre qui ne sait pas, à côté du membre de la Mission spéciale qui sait, qu'il soit à mêmeé, au cours des. conversations avec les autres officiers, entretiens si importants pour toute mesure à obtenir, de citer des résultats et des constatations, de répondre par des faits et des précisions aux questions qui souvent l'embarrassent. Ainsi il

s'intéressera davantage aux efforts entrepris, il fera vrai-

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ment sienne cette lutte acharnée, convaincu il s’efforcera de convaincre à son tour, il accomplira mieux ce véritable apostolat qu'exige la lutte journalière contre le moustique.

Education du commardement.

Le médecin doit savoir pourquoi et comment il faut intervenir, mais il n’est qu'un conseiller technique, aussi c'est plus encore sur le commandement qu'il faut agir.

En Macédoine, l'appui qu'accordait le haut commandement aux membres de la Mission antipaludique, les sanctions qui frappaient les chefs négligents ont montré cette nécessité. Dans les unités, la prise de la quinine, l'exécution stricte des mesures antilarvaires dépendaient de ce qu’en pensait le chef. Les résultats de nos contrôles de réaction de Tanret, les inspections de moustiquaires, le nombre des cas de paludisme observés et des évacuations dans les petites unités privées de médecin sont frappants à cet égard.

Cette même éducation est donc à faire avec méthode pour le commandement au départ des expéditions lointaines, dans les ports d'embarquement. Que les grands chefs soient avertis du péril de certaines régions et de certaines saisons entraînant la fonte des effectifs. Que les chefs d'unités connaissent l'importance du choix dés camps et des cantonnements, de leur propreté, de leur bon entretien, de l'hygiène de leurs troupes, le danger de la proximité indigène, qu'ils sachent contre le paludisme protéger leurs baraquements, imposer la quinine et le moustiquaire, maintenir nets les abords du camp, veiller au bon écoulement des,eaux, et qu'ils en comprennent l’impérieuse nécessité. Que le Génie, l'Intendance, les Services de l'arrière établissent leurs travaux en accord avec les lois anti-moustiques, qu'ils sachent que la quinine qui manque, la moustiquaire en nombre insuffisant, la nourriture mauvaise, Ce sont des hommes livrés sans défense à la maladie. Le Comimendement à tous ses échelons, doit être instruit à considérer :

cette lutte prophylactique comme un devoir militaire auquel c’est manquer que d'en omettre une partie.

Ce fut un de nos soucis constants que d'essayer de convaincre les officiers, de les intéresser par des causeries aux multiples phases de la vie de l'hématozoaire et des moustiques. Beaucoup participaient alors avec plus d’ardeur à nos efforts. Nous avons vivement regretté l'impossibilité d'un enseignement plus complet. Il nous semble qu'il eut été bon de mettre à la disposition du médecin des tableaux: vulgarisateurs illustrés, succincts, montrant le parasite et l'anophèle, les différentes périodes de la lutte contre eux, à défaut de préparation microscopique ou mieux de films, à linstar de la lutte américaine contre la tuberculose. Il Y là aussi tout une éducation à entreprendre, moins scientifique que pour le médecin.

Educatior des hommes.

Les affiches humorisques, enfonçant dans l'esprit du soldats ces deux mots « quinine et moustiquaire », vantant les félicités et les malheurs des bons et mauvais preneurs de précautions, couvrant les murs dés Cagnas, d’apocalyptiques anophèles fondant sur lui et qu'il nargue sous sa moustiquaire, jointes au dix commandements du poilu illustrés par d'amusantes cartes postales, ont rempli un but excellent. Il y a plus à faire et nous aurions voulu des tracts vulgarisateurs plus sérieux, plus scientifiques et plus convaicants. Il faut faire comprendre à l'homme comme à l'officier le pourquoi de ce qu’on lui fait faire, mettre à sa portée par les tableaux, les films dont nous parlions plus haut, et même la rustique lanterne magique peu enCcombrante, facile à monter partout, la vie du moustique, son rôle dans la transmission de la maladie, l'intérêt qu'il y a à lutter avec minutie contre lui, à supprimer ce qui peut abriter ou favoriser ses larves, le rôle de la moustiquaire et de la quinine, l'importance d’une bonne hygiène. Cet

enseignement populaire, que nous avons ébauché dans des causeries familières, pourrait être fait avant le départ pour le pays insalubre, ou à bord du navire pendant les longues heures monotones de la traversée. Il intéressera le soldat,

le déterminera plus à obéir que la crainte des sanctions,

plus ou moins efficaces en campagne que l'on peut lui infliger et auxquelles du resté nous n'avons eu recours qu’en désespoir de cause, et permettra de nommer des moniteurs choisis parmi les hommes les plus intelligents et les plus avisés qui auront manifesté à ces leçons un réel intérêt, qui pourront aider à la lutte, reconnaître les moustiques, rechercher leur gîte, contribuer à leur destruction,

et persuader par leur bon exemple leurs camarades

d'appliquer strictement les prescriptions édictées,

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