PAT
chaleur, à se mettre à l'aise le plus possible, laissait assez de parties de son corps découvertes pour que le moustique le pique aisément, et la plupart, malgré tous les efforts, finirent en engins pour pêcher grenouilles et écrevisses. L'insuffisance de matériel et de treillis métallique rendait : de même, illusoire la protection des campements et cantonnements.
D’autres considérations de tout ordre vinrent entraver ce ” début de campagne contre le moustique : travaux et déplacements militaires, marches forcées, qui amenèrent les troupes françaises des lisières du camp retranché dans les régions des lacs Amatovo, Ardzan, Doiran, du Galliko et du Vardar, de Yenitz-Vardar, parmi les plus marécageuses et les plus impaludées ; nous-mêmes, en particulier, avons été cantonnés en août et septembre, mois les plus favogables à l'infection, dans un ravin où subsistaient quelques mares dormantes, vestiges d’un torrent passager, au cours encombré de roseaux, d'où une infectation des plus sévères qui fit fondre nos effectifs; séjour dans ces pays marécageux pendant une saison des pluies plus forte que d’habitude (plus de 800"" de moyenne de pluie en certains endroits), chaleur particulièrement élevée (minimum de juillet 26°2, maximum 42°); alimentation fastidieuse, rebutante par le constant et unique emploi de la viande, diminuant la résistance des hommes; ignorance complète des officiers, des hommes à l'égard du paludisme, de ses dangers, des moyens de s’en préserver, tout au moins dans les régiments métropolitains, peu familiarisés avec les expéditions coloniales, — d’où molesse et indifférence du Commandement, encourageant l'habituelle résistance du soldat pour toute mesure obligatoire dont il ne comprend pas la portée; insuflisante préparation aussi des médecins, les faisant se méprendre sur des cas de première invasion, d'où incertitude, en présence des multiples et peu concordantes circulaires, sur le mode et la forme d'administration de la quinine, parfois même incrédulité de leur part sur
aout
l'efficacité de l'emploi de la quinine préventive, son innocuité sur l'organisme, les amenant à jeter, par des discussions théoriques, le doute et le trouble dans l'esprit de leurs interlocuteurs. :
Aussi, les statistiques de l’année 1916 furent des plus concluantes, et montrent la sévérité de l'épidémie qui décima nos troupes et créa au Commandement de légitimes préoccupations.
Juin Juillet Août
Effectif présent, hommes 115.000 112.000 111.000 Pourcentage d’hospitalisation pour atteinte de première invasion : 13/1.000 51/1.000 78/1.000 L'’anné 1917, par l’action de la Mission Antipaludique créée au début de l’année, allait voir s’engager une lutte méthodique et disciplinée, dont les résultats démontrèrent l'efficacité.