I. Bossuel, Premier sermon sur /es dcmonfi
DEl'X ANS EN C.IIINR 467
confirraalioii. Leur l'foiil, leurs épaules, leur bouclie, leurs oreilles, leur nez, leur poitrine, onl été marqués du signe de la croix. Ils ont oublié cela; ce signe, ils ne le voient pas; mais le démon le voit; malgré son désir d'approcher, il n'ose pas, il ne peut pas. Dans la nuit noire, un voyageur portant un flambeau est protégé contre les bêtes féroces; le baptisé est plus efticacement protégé contre le démon par le signe flamboyant de la croix qu'il ne saurait effacer de son à me.
» Il n'en est pas de même dans les pays infidèles. Là le diable est chez lui ; la croix n'est presque nulle part, l'usage des sacrements et des sacramentaux est rare; et le saint sacrifice n'est offert que de loin en loin. La grande majorité des hommes ne sont pas baptisés et, par le fait, sont soumis au pouvoir des démons : Omnes tamen non baptizatt potestali dasmonum suhjiciuatur^ . » J'ai appris cela de saint Thomas. «C'est un fait, dit encore notre grand docteur, que cet ennemi de notre salut a pouvoir sur l'homme infecté du péché originel et actuel-.
« Redoutable puissance des mauvais esprits, dit le P. Monsabré; on se demande s'il est possible que Dieu lui permette de se déchaîner sur la pauvre humanité! Eh oui, cela est possible puisque cela est ; et cela est parce qu il a plu à Dieu de donner plus de solennité à notre épreuve et plus de lustre au triomphe de la vertu ; cela est parce que