‹ Deux ans en Chine; extrait du journalChapitre 92 sur 115 · CONSIDÉRATIONS SL'R LA DÉCADENCE DK LA. CIIINK · texte numérisé non relu

CONSIDÉRATIONS SL'R LA DÉCADENCE DK LA. CIIINK

La Chine vil aujourd'luii comme elle a voeu depuis plus <le quarante siècles. Les nations de rOccident sont venues voir cette vieille ruine ; elles se la représentaient comme une momie couverte de riches oripeaux qu'elles pensaient se partager. Elles ont commencé à se les diviser, mais timidement ; car elles se sont aperçues que la prétendue morte n'était pas tout à fait refroidie. Leur contact l'a g'alvanisée; il y a eu des soubresauts, de là des hésitations, des reculades.

Gela me rappelle une histoire.

Dans une rue de Port-d'Espagne (Trinidad), je vis un Jour un pauvre chien qui allait trépasser ; il agonisait. Une centaine de vautours formaient un funèbre cordon autour de lui, attendant pour le déchiqueter que la vie se fût éteinte : les vautours ne s'attaquent pas aux êtres vivants. Cependant, ils étaient impatients. De temps en temps» l'un d'eux, plus brave ou plus affamé que ses congénères, s'approchait gauchement, avec mille précautions, pour se rendre compte si le quadrupède respirait encore et lui arracher les yeux. C'est toujours par là que commencent les vautours. Le malheureux chien, en sentant l'haleine infecte de l'oiseau de proie, avait juste la force d'ouvrir sa gueule baveuse et d"esquisser une menace, hélas ! bien impuissante. C'en était assez pour faire reculer

l'agresseur; et tous les autres vautours se regardaient en semblant dire : « Il n'est pas encore mort; il faut patienter. » Quelques-uns même, lassés d'attendre, s'en allèrent. Je lis comme eux et je ne puis que deviner ce qui arriva ensuite.

Les nations de l'Occident ne sont pas aussi timides certes que mes vautours, elles l'ont bien montré en commençant à déchiqueter leur victime, et les morceaux qu'elles ont déjà enlevés sont de respectables lambeaux : Port- Arthur, Kiao-Tchéou, Weï-haï-weï, Kaoloon et Hong- Kong, Macao, Lien-tcheou et Kouang-tchéou-ouan. Ajoutez les ports ouverts, les concessions, ces petites républiques d'Européens nées en plein sol chinois, les exploitations de mines et de chemins de fer, etc.

Cette œuvre de dissolution, l'Angleterre, il y a plus d'un demi-siècle, l'avait savamment préparée par la guerre de l'opium, en obligeant la vieille Chine, déjà usée par son existence tant de fois séculaire, à finir par le poison.

Certains petits animaux déposent leurs œufs dans le corps d'insectes qu'ils insensibilisent au moyen d'un poison inoculé par leur piqûre. Le corps de l'insecte piqué ne se putréfie pas; il conserve toutes les apparences de la vie et, (junnd la jeune larve éclôl, elle trouve une nourriture toute préparée. Elle ne s'attaque pas d'abord aux organes essentiels, mais seulement aux parties qu'elle peut ronger sans compromettre la vie. En dernier lieu, elle dévore la

tête ol le civur, ,|uaiHl déjà elle est assez développée pour chercher ailleurs sa pàlure.

L'Angleterre s'esl abattue sur la Chine, l'a aneslhésiée avec la fameuse drogue et, depuis un demi-siècle, ses larves ont éclos dans ce grand corps, se sont développées, se sont engraissées de sa substance ; si elles n'ont pas encore rongé les parties vitales, peut-être n'en sont-elles pas loin. Dans tous les cas, le mal est grand; car d'autres nations, voyant que l'Angleterre avait préparé le terrain, sont venues, elles aussi, déposer leurs œufs. L'Italie mêu.e s'est présentée pour avoir sa part à la curée. Elle .a été repoussée, il est vrai; mais personne ne peut dire si elle ne réussira pas demain, comme l'Allemagne a réussi hier.

Le Japon, lézard lilliputien à côté du grand dragon chinois, voyant le géant paralysé, s'est enhardi, lui aussi, à donner son coup de gritfe et le monde a été étonné du mal qu'il lui a causé. Le petit lézard atFamé voulait dévoiler le dragon et ce sérail aujourd'liui un fait accompli si les jalouses nations de l'Occident n'étaient intervenues et n'avaient rejeté le petit lézard dans ses îles du soleil levant. 11 ne s'est pas découragé cependant ; il est revenu à la charge, il tourne autour de la grande bète et la mordille de plusieurs côtés à la fois.

Ah! pauvres Chinois, je vous plains sincèrement! Mais pourquoi avez-vous refusé le remède qui vous aurait rendus invulnérables aux attaques du dehors? Ce remède vous a été souvent présenté. Ce remède, c'est le don de Dieu,

c'est l'Évangile qui vous a été prêché dès le commencement, au vif siècle, au xiif . Depuis le xv* siècle, la voix des hérauts de l'Évangile s'est fait entendre partout et sans cesse, et à la cour de l'empereur, et sous le chaume du paysan, et dans le sampan du pêcheur, en dépit de toutes les persécutions, ^'ous n'avez pas voulu l'accepter. Dieu permet que vous soyez humiliés, c'est encore une preuve qu'il vous aime. Puissiez-vous le comprendre et vous tourner vers Lui !

L'histoire de la diplomatie chinoise, surtout depuis la prise de Pékin par les troupes anglo-françaises en 1860, serait, je crois, d'un intérêt saisissant. L'Europe s'est laissé perpétuellement herner.

Le Chinois est comme le chat : si haut qu'on le lance, il retombe toujours sur ses pattes. Quand un mauvais coup a été perpétré, il \ a à Pékin des hommes qui savent se faire petits, ramper devant les ambassadeurs étrangers. Ils présentent des excuses ; ils demandent pardon pour des malheurs qu'ils déplorent et promettent une répression sévère. Le diplomate européen se laisse attendrir. Une indemnité est accordée aux victimes. Quand il s'agit de punir les coupables, si les Chinois sont obligés réellement de sacrifier quelqu'un, le choix est vite fait. On arrête des gens de sac et de corde qui ont commis assez de crimes pour mériter cent fois la mort, mais qui, pourtant, sont innocents de ceux qu'on va leur faire expier; tels sont les boucs émissaires qu'on jette en pâture à la diplomatie européenne. Bien entendu, on fait sonner bien haut, à la capitale, l'exécution de ces misérables hères.

Quant au mandarin responsable, s'il est impossible de le maintenir à son poste, on le munit, pour lui faire prendre patience, de quelque grosse prébende, jusqu'à ce que, l'attention des étrangers ayant changé d'objet, on puisse le réintégrer dans la hiérarchie et lui conférer l'avancement mérité par les manifeslalions de sa haine nationale contre les « diables d'Occident ».

Ajoutons qu'il n'est pas rare que le mandarin dont les Européens ont exigé et obtenu la destitution soit invité à changer de nom et envoyé, sous sa nouvelle appellation, avec un grade supérieur, dans une province voisine.

Le Gouvernement Chinois sait qu'à moins d'un bouleversement général où le sang des Occidentaux serait répandu en même temps dans toutes les provinces, aucune puissance étrangère n'osera lui déclarer la guerre, à cause de la jalousie qui empêche tout accord durable entre les divers Etats européens, et il en profite pour molester les missionnaires dans l'intérieur, espérant par là les dégoûter et les forcer à quitter un sol aussi inhospitalier. En lançant la plèbe contre les Européens, en attisant la haine sauvage de la populace pour tout ce qui n'est pas chinois, elle favorise les Sociétés secrètes, elle leur donne les moyens de se multiplier, de s'armer, de s'aguerrir. Et le jour viendra où les mandarins devront compter avec elles et sûrement capituler devant les forces qu'ils auront ainsi conti'ibiié à melt -e sur pied. 11 ne faut pas être grand pro-

ph5te pour prédire ce dénouemc^iil à l'aveugle politique de la cour.

Quand les Sociétés secrètes se sentiront assez fortes, elles lèveront le masque. Les puissances européennes regretteront peut-être de s'être laissé berner ; mais i! sera trop tard, et, pour sauvegarder les immenses intérêts engagés dans ce pays, il faudra mettre en campagne des forces énormes, faire face à des dépenses colossales. Ahl si la France avait profité des nombreuses occasions favoraliles qui lui ont été offertes I quel morceau elle aurait [lu s'approprier, tout en évitant les catastrophes qui l'épouvanteront plus tard !

Ceci était écrit avant les événements de l'été de 1900; mais déjà certains signes faisaient craindre ce qui est arrivé : le soulèvement des Sociétés secrètes des Grands- Couteaux, des Boxers et autres. Le Gouvernement Chinois, dont la haine contre les étrangers n'a jamais été plus intense, crut pouvoir s'appuyer sur ces révoltés pour épouvanter les Occidentaux, en accomplir un massacre général et les décourager peut-être pour jamais. L'avenir dira quelles seront les conséquences de cette politique abominable.

28 7nai. — Me voici à Hong-Kong, l'une des plus riches colonies de la riche Angleterre, le grand emporium où viennent aboutir des montagnes de marchandises, expédiées ensuite sur tous les points du globe. De vastes banques détiennent ici les fortunes de l'Extrême-Orient et spéculent avec elles. D'innombrables vaisseaux visitent le port de

Hong-Kong, y apportent des rlcliesses inouïes et les transportent ailleurs.

Il V a soixante ans, Hong-Kong n'était qu'une île rocheuse et presque déserte de quelques centaines d'hectares de superficie. Aujourd'hui elle est couverte de villes,, de villas, de monuments publics dignes dos plus riches pays d'Europe. Toutes les races du monde semblent s'y être donné rendez-vous.

Les Dominicains espagnols ont ici leur procure pour leurs cinq vicariats apostoliques de Chine et du Tonkin.

Les missionnaires de Saint-Charles Borromée de Milan sont chargés de la population catholique. Ils ont une cathédrale gothique imposante, d'où l'on domine admirablement la ville de Victoria et le port. Je l'ai vue remplie de Portugais et autres Européens mêlés aux Chinois.

30 mai. — Excursion à Canton, rendue facile par un bon steamer anglais qui met de cinq à six heures pour faire le trajet. Une partie du steamer est réservée exclusivement aux Européens, depuis une fameuse circonstance, il y a quelques années, où des pirates déguisés en voyageurs chinois tombèrent tout à coup sur le capitaine et les officiers qu'ils massacrèrent pour piller ensuite les voyageurs. Les Anglais, il est vrai, obligèrent le vice-roi de Canton à poursuivre les bandits et à les leur livrer. Ils furent exécutée sur la plage près de Hong-Kong. On a prétendu cependant que ce n'étaient pas les vrais coupables, mais de pauvres diables de prisonniers loués pour mourir à la place des pirates, moyennant quelques bons repas, une somme

d'argent pour leur famille et un joli cercueil pour eux.

Canton est une ville immense, les uns disent de 1 million et demi, d'autres de 0 millions d'habitants, sans compter 400.000 vivant sur les barques du fleuve. J'ai visité les ■principaux quartiers, accompagné d'un séminariste chinois. Rues étroites, tortueuses et sales ; maisons basses, cependant un bon nombre à deux étages. Un peu plus de goût et d'apparence de prospérité qu'à Fou-Tchcou ; car Canton a de riches marchands et en plus grand nombre ; quelques temples et pagodes.

Je suis allé d'abord au temple des 500 génies. Il doit 3^ en avoir même davantage. Les bâtiments n'ont aucun cachet d'architecture, c'est plutôt une suite de hangars, où sont remisées d'innombrables statues de grandeur naturelle représentant, je pense, tout le panthéon chinois. Les statues sont ou ont été dorées. Le nom du personnage est écrit audessus de chacune d'elles, et par devant est un petit brûloir, où les bonzes et les dévots viennent à certains jours allumer des bâtonnets d'encens. Toujours le même genre : aucun goût artistique dans ces innombrables statues, mais une tendance et une affectation manifeste au grotesque, au ridicule, à l'invraisemblable. On sort de là écœuré. Un bonze me montra la statue de Marco Polo. Il est représenté debout et coiffé d'un petit chapeau rond. Il porte une longue barbe. J'ai retrouvé, dans cette galerie d'immortels, Ta-mo avec sa sandale à la main.

De là je suis allé à la pagode des supplices. C'est un vaste bâtiment délabré, où, pour inspirer une crainte salutaire au public, on a représenté par des groupes de statues

les divers supplices infligés aux criminels dans les tribunaux de l'Empire du Milieu et aussi dans l'enfer chinois. On voit ainsi en quelques instants, représenté au naturel tout ce que la cruauté la plus ingénieusement barbare peut inventer pour tourmenter le corps humain. C'est d'un réalisme atroce.

Les Chinois n'ont pas l'air d'en être affectés. Il y avait beaucoup de monde dans ce vaste temple, les uiis faisant leurs dévotions profondément prosternés, ou les mains suppliantes levées vers les idoles, ou cherchant à connaître la volonté du ciel au moyen de fiches de bambous, etc.. D'autres consultaient des diseurs de bonne aventure. Des groupes de gens assis par terre jouaient aux dés, aux cartes ou à autre chose. Enfin, il y avait des étalages d'objets religieux, de fruits, de gâteaux et autres comestibles qui paraissaient fort achalandés.

Dans un autre temple également rempli de dieux chinois et de dévols, une particularité m'a fort intrigué. Toute une muraille était tapissée de petits bonshommes en papier, la tète tournée en bas. Le séminariste m'a expliqué que, lorsqu'un Chinois ne réussit pas dans ses affaires, il pense que c'est la faute de son génie protecteur. Il en fait alors une effigie en papier ou en carton, vient au temple, et, avec une sandale de coolie pendue au mur par une ficelle et destinée à cet office, il lui administre une bonne correction en lui faisant des reproches et en lui adressant les plus grosses injures, puis il le plante la têleenl)as.

Quelquefois cependant, tout on ayant malechance, les indigènes croient pieusement (lue cela ne vient pas de la

négligcnco ou de la mauvaise volonté de leur génie protecteur, mais seulement de ce que cet esprit ne les voit pas. Alors i(ue font-ils? le lony d'une autre muraille, sur de petits bancs, ils placent, debout sur une brique, leur génie prolecteur représenté en statuette ou en carton. Si la malechance conliniu^ on l'e.xliausse encore, en y ajoutant une seconde brique et môme une troisième; mais alors, si la déveine continue, c'est manifestement signe de mauvaise volonté de la part du génie protecteur et il n'y a plus qu'à le dégrader et à le fustiger. On cite de pauvres abusés qui, après avoir réduit leur idole en poudre, l'avoir foulée aux pieds en crachant dessus et en l'accablant d'imprécations, sont allés ensuite se jeter à la rivière ou se pendre.

Les Missions Etrangères de Paris sont chargées de l'évangélisation de Canton et de la province du Quangtoun, presque aussi vaste et aussi peuplée que la France. Ils ont un millier de chrétiens à Canton et peut-être 40.000 dans toute la province.

On est fort surpris, en arrivant à Canton, d'apercevoir de loin une magnifique cathédrale gothique en pierre blanche, surmontée de deux élégantes flèches, dominant de très haut l'immense agglomération de maisons noires et basses qu'est la ville de Canton. C'est un miracle qu'un pareil monument ait pu surgir sur ce sol chinois si ingrat.

C'est en elïet un miracle d'énergie, de patience, de persévérance dont le mérite revient surtout à un vicaire apostolique de Canton, M*-'' Guillemin, qui, pendant des années, quêta en France et en Europe pour bâtir sa cathédrale.

DEIX A.NS EN CHINE. 3i

Elle est située au centre de la ville, clans un vaste terrain occupé jadis par le Ya-men et le palais du vice-roi, détruits par les boulets de la marine française. La France se fit alors céder ce terrain et l'offrit à la Mission catholique comme compensation des églises détruites dans les persécutions. Ce terrain est cher aux missionnaires, car c'est là que plusieurs de leurs devanciers vinrent confesser la foi au milieu des supplices et verser leur sang pour le Christ Jésus.

A côté de la cathédrale, ils ont érigé un modeste palais épiscopal qu'occupe le vénérable M*' Chausse et qu'il partage arec deux ou trois missionnaires. A quelques pas de là est le séminaire où une trentaine d'étudiants chinois se préparent au sacerdoce. Un peu plus loin est un orphelinat et une école pour les enfants.

La concession française se trouve dans une petite île du fleuve, plantée de grands arbres, ornée de beaux jardins, au milieu desquels sont bâties les maisons du consul de France et de quelques négociants européens.

Macao, 31 mai.

De Canton, un steamer anglais m'a amené à Macao, la presqu'île où les Portugais sont établis depuis 1.560. C'est ici que, pendant trois siècles, s'est faite la plus grande partie du commerce avec la Chine. Ici ont débarqué presque tous les missionnaires qui ont évangélisé l'Extrême- Orient du xvi' au commencement du xix" siècle. Les Portugais bâtirent ici une ville qu'ils voulurent faire ressom-

bler à Lisbonne. Des quais remarquables, de belles avenues plantées d'arbres, des parcs, des jardins publics, de Jurandes places devant ses nombreuses églises el ses couvents en faisaient certainement un des lieux les plus enchanteurs de l'Extrême-Orient. Sa population fut riche et prospère. Elle est aujourd'luii dans la gène, sinon dans la pauvreté. Du reste, elle est bien diminuée. Les descendants des riches Portugais d'autrefois sont de petits employés dans les maisons de commerce de Hong-Kong, de Shang-haï et des autres ports de l'Extrême-Orient.

La splendeur de Macao n'est plus qu'un souvenir du passé. Hong-Kong l'a anémié. Son port s'est ensablé, ses maisons tombent en ruines, et ses couvents, d'où la francmaçonnerie chassa les religieux, ne sont plus que des ruines ou des déserts.

J'ai visité le nôtre, qui est devenu une station de police. Sa belle église est encore intacte avec ses tableaux et ses statues. On y dit la messe de temps en temps.

Non loin de là, dans une maison louée, j'ai trouvé 15 Dominicains espagnols exilés des îles Philippines par les insurgés francs-maçons Aguinaldo et G'^ Ils attendent des jours meilleurs pour rentrer dans leur mission, et peutêtre, à l'ombre du drapeau des Etats-Unis, trouveront-ils assez de liberté pour se dévouer encore aux âmes de ces Philippins qu'ils continuent d'aimer malgré leur ingratitude. C'est grâce à l'un d'eux, qui va prendre ma place à l'arsenal de Fou-Tchéou, que je pourrai m'embarquer pour la France, où m'appelle mon Provincial.

.J'ai visité la grotte où, dit-on, le malheureux Camoens,

devenu célèbre depuis, écrivit la plupart de ses vers. Elle est surmontée de son buste, qui le représente borgne comme il était. Bien des poètes sont venus ici en pèlerinage et ont laissé sur des stèles de pierres quelques vers, moitié pour louer Gamoens et moitié pour se glorifier eux-mêmes. Il y en a en latin, en portugais, en espagnol, en italien, en français. Ces derniers sont plus que médiocres ; mais ils sont signés d'un nom italien!

Hong-Kong, :i juin.

Je m'embarque demain pour la France sur le Salasie, qui m'amena de Colombo à Saigon, il y a un peu plus de deux ans.

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