G. STEINHEIL, ÉDITEUR
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DEUX AHS
vissent dans ces contrées, maladies communes, ou de causes spéciales, propres aux terrains ou à la nature des travaux exécutés et des fatigues endurées ; d'indiquer enfin par quels moyens, hygiéniques ou thérapeutiques, on peut prévenir ces affections ou les combattre.
Le cadre est vaste, comme on peut le voir, et l'œuvre attrayante pour le médecin pénétré de sa mission humanitaire et de la responsabilité qui lui incombe, à lui qui a charge de vie dans un milieu où les causes de mort sont si variées et si fréquentes. Sans doute, ce n'est pas dans les limites restreintes d'une dissertation inaugurale que nous pourrions traiter un sujet aussi étendu, aussi plein d'intérêt; mais, en rétrécissant le tableau, en n'y faisant figurer que les objets les plus saillants, les parties les plus intéressantes, on peut donner du pays une vue suffisante pour que le lecteur y trouve de l'attrait, et des maladies une description assez précise pour que le médecin en grave dans son esprit les principaux caractères, et puisse au besoin indiquer le remède que le narrateur aura été impuissant à découvrir ou à formuler.
D'ailleurs le terrain sur lequel nous nous engageons n'est pas nouveau, et, si un moment dans nos réflexions solitaires nous avons pu croire que peu d'explorateurs avaient laissé sur la voie l'empreinte de leurs pas et gardé pour eux seuls les fruits de leurs méditations, nous avons été vite détrompé quand, après un long séjour dans cette partie de l'Afrique occidentale qui s'appelle le Soudan français, nous avons voulu, de re-
tour en France, mettre en ordre pour les publier les matériaux que nous avions recueillis; bon nombre de nos collègues nous avaient précédé dans la publication de leurs recherches et de leurs appréciations, et nous avons été heureux de trouver nos idées, avant qu'elles fussent émises, confirmées pour la plupart par des observateurs plus sagaces que nous ; de sorte qu'au lieu d'accomplir une œuvre originale, nous ne ferons plus qu'apporter une pierre à l'édifice déjà élevé, profitant de Touvrage des autres, mais avec l'espoir que notre propre travail ne sera pas sans quelque intérêt.
Nous le diviserons en sept chapitres.
Les trois premiers seront consacrés à la description du pays : aperçu géographique et géologique, climatologie, aspect général, productions et races ; dans les quatrième et cinquième^ nous examinerons le mode d'existence des Européens en colonne et dans les postes, et nous étudierons leurs maladies. Un projet de sanitarium sera exposé dans le sixième. Enfin, dans le septième, nous émettrons quelques considérations personnelles sur le rapatriement des Européens en service dans le Soudan français, et sur l'opportunité qu'il y aurait à réduire la durée de la période coloniale dans cette région.
Nous avons consulté les ouvrages suivants :
a La France dans le Soudan occidental (Publication du ministère de la Marine).
« Traité clinique des maladies des Européens au Senégal (Bérenger-Fér^d) .
(( Traité des fièvres des pays chauds (Corre).
«c Géographie médicale du poste de Koimdou (JoUet,
thèse de Bordeaux).
a Contributions à la géographie médicale. Haut-Sénégal et Haut-Niger (Duclot, thèse de Bordeaux).
« Contributions à V hygiène pratique des troupes européennes en campagne dans les pays inter tropicaux. (Plouzané, thèse de Bordeaux).
Avant d'aljorder le développement de notre sujet, nous nous faisons un devoir d'adresser tous nos reniercîments à M. le D*" Bellamy, médecin de 1'® classe de la marine, dont l'exemple, les conseils éclairés et les bienveillantes leçons nous furent d'un grand secours à notre arrivée dans le Haut-Sénégal.
Qu'il nous soit permis de témoigner notre profonde gratitude à M. le professeur Laboulbène, pour Thonneur qu'il a bien voulu nous faire en acceptant la présidence de notre thèse inaugurale.