‹ Deux comédies turquesChapitre 122 sur 146 · ACTE DEUXIEME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIEME

comme eux : ils font, chaque jour, ensemble, la priere dominicale dans la mosque'e.

Aga-Merdan. — Tres bien. Savent-ils quelle espece de te'moignage ils devront don net?

L'inspecteur. — Non, c'est vous-meme qui devez le leur apprendre.

Aga-Merdan. — Bien. Voici ce qu'ils devront dire : « Une semaine avant la mort de Hadji-Ghafour, un soir, au coucher du soleil, nous allions, tous les quatre, rendre visite aux trepasses. En passant devant la maison de Hadji-Ghafour, nous le vimes, debout sur le seuil de sa porte, tenant dans ses bras un enfant au maillot. Nous le saluames, et nous lui demanclames des nouvelles de sa sante' : — « De qui est cet enfant, seigneur? » lui dimes-nous. — « De moi, repondit-il; il est ne depuis trois semaines. C'est mon fils unique : je n'ai pas d'autre enfant. »

L'inspecteur. (Se toumant vers les te-

matins.) — Avez-vous entendu, mes petits?

Hepou. — Oui, nous avons entendu.

Aga-Merdan. — Pouvez-vous repeter cela, comme je l'ai dit?

Hanife. — Sans doute : il n'y a pas la de neologisme qui soit difficile a repeter.

Aga-Merdan. — Ah! tres bien , mes enfants, que Dieu soit content de vous.

Chei'da. — Comment done, Aga-Merdan, Dieu serait-il content d'une pareillc affaire?

Aga-Merdan. — Eh! pourquoi pas, mon cher ami? Si oil t'avait mis au courant de tout, tu dirais certainement, toi-meme, que Dieu en sera satisfait. La malheiireuse veuve de Hadji- Ghafour a ete, pendant dix ans, maitresse de la maison et de la fortune de celui-ci ; serait-il juste qu'elle fut chassee aiijourd'hui de cette maison et depouillee de toute cette fortune? Serait-il juste qu'une chetive pecore s'emparat de tout cet argent et allat le manger

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