ACTE DEUXIKME
porte-la ici. (Aussitut, Aga-Kerim prend dans I'armoire quatre paquets enveloppes de papier qu'il pose a la portee d'Aga- Merddn.)
Aga-Mekdan. — Mes chers amis, outre la recompense que Dieu vous donnera infailliblement, ce petit orphelin a fait a chacun de vous une offrande de trente tomans contenus dans ces quatre feuilles de papier. II n'est pas comrae ce maudit Aga-Selman, qui vous impose une action malhonnete, et qui ne veut rien vous donner en retour, par cupidite'. (Tout a coup, un des soldats se tourne vers un de ses cainarades et lui dit :)
Un soldat. — Dis-moi, Qahreman, il me semble me rappeler que fai entendu la voix d'un petit enfant, pendant que nous etions chez Hadji-Ghafour.
Qahreman. — Oui, je me souviens : il y avait une femme assise dans un coin de la maison, et elle tenait dans ses bras un petit enfant au maillot.
Ghafi-au. — Ah! va done! je me rap-
pelle que Hhadji-Ghafour nous a dit :
« Voici ma femme, et ce petit enfant est mon fils : il y a un mois que sa mere Ta mis au monde. >
Nezer. — Ah ! ah ! voyez done comme nousavions oublie ce detail! C'est vrai :
il y a des jours ou on n'a pas la tete a soi! Mais, oui : est-ce que Hadji-Ghafour ne nous a pas recommande de veiller sur sa maison, sa femme et son petit enfant, jusqu'au retour des habitants, de peur que tous les coquins de la ville ne leur fissent du mal?
Tous les soldats fen chceurj. — Oui, il nous a recommande sa femme et son enfant.
Aga-Merdan. — Que Dieu soit satisfait de vous, mes enfants! Je savais bien que cela devait vous revenir a l'esprit. Prenez done roffrande de cet orphelin, et depensez-la a votre guise. S'il plait a Dieu, apres la fin du proces, il vous reviendra encore a chacun dix tomans. Une bonne et sincere action n'est jamais perdue. Mes