‹ Deux comédies turquesChapitre 37 sur 146 · ACTE DEUXIEME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIEME

voyons: pourquoi me feras-tu mon affaire?

Ai-]'e viole la loi ? Ai-je commis un crime? Suis-je allee chez quelque homme etranger? Ai-je vole? Me suis-je prostituee? Qu'ai-je fait?

Le vizir. — Impudente ! que feras-tu

done de pire une autre fois? puisque

je viens de te trouver derriere ce rideau, avec un pareil butor I6 !

Ziba-Khanoum. — Pauvre homme! Demandez done a votre femme Chole ce qu'un homme etranger faisait dans sa chambre.

Le vizir. — Ah! bohemienne! dis-moi, d'abord , ce que tu faisais avec ce profane 17 , derriere ce rideau.

Ziba-Khanoum. — Tres bien. Je vais parler d'abord ; mais, elle s'expliquera en suite: nous verrons ce qu'elle dira.— Votre femme Cho'le avait insulte ma servante.

Je suis venue ici, afin de lui demander pourquoi elle n'etendait pas son pied dans les limites de son tapis 18 . Je voulais lui dire : « Ma servante ne mange pas ton

pain pour que tu Iui disesdes sottises. » — Je viens, je vois qu'elle n'y est pas. Alors, je veux m'en retourner. Mais,tout-a-coup, j'apercois Cho'le-Khanoum causant avec un homme et venant, de par la, vers cette chambre. Je me precipitai.... mais, je ne pouvais fuir. Pallai done me cacher derriere ce rideau, pour voir de la ce qu'ils feraient et vous en informer — d'autant plus que j'avais le visage decouvert, et que je ne pouvais pas me montrer ainsi a un etranger. — Par hasard,vousetes venu ici.

Quand vous vous etes approche, lui aussi, il n'a pas vu d'autre moyen de vous eviter. II a voulu se cacher, et il est venu se placer derriere ce rideau en attendant que vous partiez.

Le vizir. — Si ce que tu dis est vrai, pourquoi n'es-tu pas sortie alors pour me prevenir.

Ziba-Khanoum. — Si j'avais pu.... est-ce que je ne serais pas sortie? Mais, il m'a dit : « Si tu dis un mot, je t'enfonce ce poignard dans le cceur, jusqu'a la garden.

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