XI. IV
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bonne comedie de mceurs. Ce deuxieme acte scul nous aurait decide a traduire toute la comedie.
La traduction persane de Mir\a-Dja'fer est tres-fidele et tres-vivantc : c'est d'elle surtout que nous nous sommes servi pour notre travail '. Nous l avons suivie avec la plus grande fidelite, sans nous croire oblige, cependant, de sacrifier le sens a la lettre du texte. Nous nous sommes pertnis settlement de retrancher un certain nombre de jormules de politesse qui encombrent parfois le discours et qui seraient fastidieuses en francais. Toutes lesjois que nous avons du avoir rccours a unc traduction un pen libre, twus avons rejete en note le mot a mot; nous avons indique ega lenient les principaux passages oil la traduction persane secarte de ('original turc. Nous avons adopte pour
i. Nous avons employe pour none traduction l' les Trois comedies perilous publiees par MM. LJarbier de Meynard et S. Guyard, texte persan, avec vocabulaire, Paris, 1886, pour la comedie les Procureurs >■; 1° pour le Vizir de LenkerSn, le texte persan de ceite comedie donne par M M . Haggard ei G. le Strange. En outre, nous avons eu recours a I'edition complete des comedies traduites par Mirza-Dja'fer (Teheran, 1871 a 1874) que nous avons la bonne fortune de posseder. Enfin, grace a I'obligeance de M. Barbier de Meynard, nous avons pu consulter I'edition originate turque de Tirlis et la comparer a la traduction persane.
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lexposition des personnages, a la premiere page des comedies, un ordre plus methodique que celui de I'auteur turc et du tradncteur persan. Enfin, pour venire la lecture plus facile, nous avons coupe les actes en scenes, ce que Feth-Ali avait neglige de faire. La se bornent tous les changements que nous nous sommes permis. II nous Jaut encore demander grace pour quelques mots un peu vifs, qui choquent I'oreille des lecteurs europeens, bien que nous les ayons adoucis autant que possible dans notre traduction ; mais, Moliere ne se pique pas toujours de parler comme a I'cglise.
Les comedies de Mirfo Feth-Ali Akhond-Z.ade n'ont probablcment jamais etejouees, ni a Tiflis ni ailleurs, et elles ne paraissent pas avoir etc trop bien accueillies des Orientaux. C'est un resultat auquel il fallait s'attendre, car de longtemps encore, V Islam opposera une barriere a peu pres infranchissable aux libertes et aux innovations venues de iOccident. Peut-etre cependant, la nouvelle secte des Babis ', dont le nombre et
t. Cette secte a ete fondee, vers l'annee 1S43, a Chiraz, par Mirza Ali Mohammed qui avait alors dix-neuf ans C'est au retour d'un pelerinage a la Mecque que le Luther musulman commenca a attaquer l'lslam et a precher une nouvelle religion. Nous ne pouvons raconter, dans cette courte note, toules les pe'ripeties par lesquelles passa la
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V influence croissent de jour en jour, fournira-t'elle a Vart dramatique le terrain propice dont il a besoin pour se developper en Perse. II est dangereux de vouloir prophetiser ; mais, les Persans sont gais et spirituels ; ils ont I'esprit natur el lenient porte a la satire : il n'est pas impossible que la comedie s'implante che\ eux, sous I influence de I Europe. Quoi qu'il ensoit de I'avenir, les comedies de Mir\a Feth- Ali ont eu pen de succes en Orient : el les
nouvelle religion. II nous suffira de dire qu'elle se propagea rapidement dans tome la Perse, grace au zele des missionnaires de Mirza Ali Mohammed, parmi lesquels il faut ciierMollaHocein Bouchreviye, Hadji Mohammed Balfourouchi et une lemme Zerrin-Tadj, surnommee Gourrei-oul-a'in, « la consolation desyeux. » II faut lire dans le bel ouvrage de M. de Gobineau « Les religions et les philosophies dans I'Asie centrale », le recit emouvant de la lutte que la nouvelle religion soutint contre les aimees du Chah, la resistance acharnee des babis dans leur forteresse de Cheikh-Tebersi, leur martyre et l'execution de Mirza Ali Mohammed sur les muraillcs de Tauris. Mirza Ali Mohammed avait pris le title de bab , « porte » parce qu'il se disaii la pone par oil les fideles devaient passer pour arnver a la connaissance de Dieu : de la le nom donne a sa secte. Ce qu'il y a de plus remarquable dans le babisme, c'est sa morale qui est celle de ('Occident. Le bab donne au manage et a la famille la plus grande importance. II abolit la polygamic, inlerdit le divorce, suppnme le voile, releve la condition de la femme.Ceite douceur et cette affection pour la femme et I'enfant, sont le trait le plus caracteristique de la nouvelle religion.
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ont ete mieux accueillies en Europe.
MM. Haggard et Guy le Strange ont donne aux lecteurs anglais la primeur du Vizir de Lenkeran ', d'apres la version persane. Nous ne pouvons malheureusement pas apprecier leur traduction anglaise ; mais, le texte persan qu'ils ont donne est tres-exact.
M. Barbier de Meynard a publie tout dernier ement, en collaboration avec notre regrette mattre et ami, M . Stanislas Guyard, le texte persan de trois des comedies de Mir\a Feth-Ali, traduites par Mir\a-Dja'fer 8 . Le texte que MM. Barbier de Meynard et S. Guyard ont donne, a ete revu entierement sur Voriginal turc et enrichi d'un excellent vocabulaire. Ces comedies sont un tres curieux specimen du persan parte dont il existe si peu de textes, et cette publication est de la plus grande utilite pour I'etude de la langue moderne 3 . Parmi
i. The va^ir of Lankuran, a persian play, by W. H. D. Haggard and G. L.E Strange Londies,
2. Trois comedies traduites du dialecte lure azeri en persan, par Mirza Dja'far, et publie'es d'apres l'edition de Teheran, avec un glossaire et des notes par C. Barbier de Mevnaud et S. Guyard. Paris, 1886.
3. Le rapport annuel a la Socie'le asiaiique de I.ondres contient une laconique mention de cette publication. L'auteur du rapport ajoute que cet ouvrage ne sera pas d'une grande utilite pour les
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ces trois comedies, figure celle que nous avons traduite sous le titre : « Les Procureurs » ; elle est accompagnee de « /'Ours gendarme » et de « /'Alchimiste ».
Mais, M. Barbier de Meynard tie s'est pas borne a nous /aire connaitre la traduction persane de Mir^a-Dja'fer : il a donne, dans le premier fascicule du Journal asiatique de cette annee, le texte turc d^eri de I Alchimiste, avec traduction francaise de cette coined ie '. En meme temps que cette dernierc publication paraissatt a Paris, M. Guy le Strange publiait a Londres, dans le Journal asiatique de Grande Bretagne et d'lrlande, la traduction anglaise de la meme comedic -. 77 J'aut voir Id, certainement, unc
eleves et que 1'e'duion lithographic de Te'he'ian est preferable, parce qu'elle a dans la forme et les caracteres de 1'e'cniuie le cachet oriental. Cclie assertion est assez singnliere.Quiconque a eu entre les mains l'edition du Te'heuin, a pu sc rendre compte des nombreusea incorrections et de toutes les diflicultes de lecture qu'elle renferme. Comment pourrait-on songer a en laire un instrument de travail ct d'apprentisaage pour les eleves de nos e'coles : Cest la methode qui consiste a jeter quelqu'un a la mer pour lui apprendre a nager.
i. \J Alchimiste. comedie en dialecte turc azeri, traduite par M. C. Bakuier de Meynard. (Journ. iisi.it , Janvier 1886.
2. The Alchemist. A Persian play. Translated by Guy le Strange. (The Journal of the Ro)al Asiatic Society of Great Hritain and Ireland, new senes. Vol. Will, part. I, for January 1S80J
IN PRODUCTION
rencontre for tuite. En effet, bien que le traducteur anglais eiit suivi les cours du du College de France a I'epoque meme oil M. Barbier de Meynard avait pris ./'Alchimiste pour texte de ses lecons, il ignorait assurement que le projesseur avait V intention d'en publier une traduction .
Des deux comedies dont nous donnons la traduction, une, « les Procureurs » , n'a encore ete traduite dans aucune langue ; I 'autre, « le Vizir de Lenkeran », n'a ete traduite qu'en anglais; elle a ete settlement signalee aux lecteurs francais par deux comptes-rendtts que nous devons citer Le premier est un article que M. Barbier de Meynard a pitblie dans la Revue critique du iq mars iH83, a propos de I'ouvrage de MM. Haggard et G. Le Strange. Le second est une etude asse% etendue de M. Alexandre Chod\ko, inseree dans le Bulletin de I'Athenee Oriental de la meme annee l . Malheureusement, la traduction que M. Chod\ko a donnee de certains passages, pourrait etre plus elegante et surtout plus exacte.
Comme on le voit par ces publications, les comedies de Mir^a Feth All Akhond-
i. L'Aventure du vi^ir du Khan de Lenkeran, par M. Chodzko ; (tirage a part Ju Bulletin de I'Athenee Oriental). Paris, 1 883.
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Zade ont eu quelque fortune aupres des Orientalistes. II nous reste a souhaiter que le grand public accueille avec autant de bienveillance la traduction que nous lui offrons.
3o septembre 1886.